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Circulaires 43

 

Br. François
16/07/1849 - Vol. II, n. 2
Circular 43


Circulaire du 16 juillet 1849 : Esprit de foi (2e partie)- Fondement de l'esprit de foi.

51.01.01.1849

 1849/07/16

 V. J. M J.

Notre-Dame de l'Hermitage, le 16 juillet 1849.

      Mes très chers Frères,

Je vous adresse aujourd'hui, à l'occasion de la retraite prochaine, dont j'ai à vous fixer l'époque, la seconde des instructions que je vous ai annoncées sur l'esprit de foi. Dans la première, vous avez vu quelle en est pour nous l'absolue nécessité ; dans celle-ci, je vous dirai en peu de mots quelle en doit être la base ou le fondement.

Pour arriver à l'esprit de foi ou à la pratique de la foi, il faut avant tout s'établir dans une croyance ferme et inébranlable, une croyance vive et forte, pure et simple de toutes les vérités que Dieu nous a révélées, tant pratiques que spéculatives. C'est là, on le comprend, le fondement, et tout à la fois le premier degré de l'esprit de foi, parce que, sans cette conviction profonde, on n'arriverait jamais à faire passer la foi dans ses œuvres et à régler sur elle ses pensées et ses jugements.

Il faut donc d'abord que nous croyions sans aucun doute, sans la moindre hésitation, avec un repos d'esprit parfait, avec une assurance et une confiance absolues, tous les mystères, tous les dogmes, toutes les vérités morales que l'Eglise nous propose, quelque incompréhensibles qu'ils paraissent à notre raison, quelque opposés qu'ils soient à nos penchants ; et cette foi, cette croyance doit être telle qu'elle surpasse toute autre foi, toute autre croyance, au point que, quand tous les docteurs de la terre et les anges eux-mêmes (Gal., 1, 8) essaieraient de nous persuader le contraire, toutes leurs raisons ne fissent pas plus d'impression sur nous, n'ébranlassent pas plus notre foi que s'ils n'avaient rien dit. Telle était la foi de cet illustre prince du Japon converti au christianisme et qui, dans la suite, accablé d'adversités et d'humiliations, au moment où tout paraissait conjuré pour troubler sa foi, prononçait solennellement ces belles paroles : « Je jure, Dieu puissant, que quand tous les Pères de la compagnie de Jésus, par le ministère desquels vous m'avez appelé au christianisme, renonceraient à ce qu'ils m'ont enseigné, quand je serais assuré que tous les chrétiens d'Europe auraient renié votre nom, je vous confesserais, reconnaîtrais et adorerais, m'en dut-il coûter la vie, comme je vous confesse, reconnais et adore, pour le seul vrai et tout puissant Dieu de l'univers.» (Annales, 1849, p. 225). C'est avec cette même fermeté et cette même invariabilité de foi que je dois admettre, croire et conserver toutes les vérités que Dieu nous a révélées et que l'Eglise nous enseigne.

Ainsi, lorsque j'entends le Fils de Dieu béatifier la pauvreté, les souffrance, la pureté de cœur, les persécutions ; lorsqu'il m'impose l'obligation de me renoncer moi-même, de combattre mes passions et de porter ma croix tous les jours ; lorsqu'il m'avertit de la nécessité de l'humilité pour entrer dans le royaume des cieux, du danger qu'il y a pour le salut à négliger les petites choses, du compte que j'aurai à rendre de toutes mes œuvres, même d'une parole oiseuse ; lorsqu'il menace les pécheurs d'un enfer éternel, et qu'il promet aux justes une bonheur sans fin ; lors, dis-je, que le Sauveur m'annonce, par lui-même ou par les auteurs inspirés, ces vérités et les autres contenues dans les divines Ecritures, je dois les recevoir et les croire avec plus de certitude, plus de soumission, plus d'espérance et de tranquillité d'esprit que tout ce qu'on peut connaître en cette vie par les seules lumières de la raison, plus que les premiers principes des sciences, plus que les propositions les plus simples et les plus évidentes, plus enfin que tout ce que je puis voir de mes yeux, entendre de mes oreilles, toucher de mes mains, plus que ma propre existence.

Voilà, M. T. C. F., quelle doit être la fermeté inébranlable de notre foi, voilà le fondement solide sur lequel nous devons bâtir l'édifice de notre salut et de notre perfection, le bouclier impénétrable que nous devons opposer à tous les traits enflammés de nos ennemis spirituels. C'est cette foi ferme et inébranlable que saint Paul appelle la substance des choses que nous devons espérer et la conviction, ou, comme disent quelques-uns, l'argument, le sommaire de celles que nous ne voyons pas (Hébr., XI, 1) ; parce qu'en effet, la foi véritable, par la force de la certitude qu'elle nous donne, approche de nous les choses éloignées, rend, en quelque façon, présent ce qui n'est que futur, et sensible ce qui ne peut se voir encore. Telle était la foi de Moïse, dont le même apôtre nous dit qu'il agissait avec Dieu, qui est invisible, comme s'il l'eût vu de ses yeux (Ibid., 27); et celle de tous les saints de l'Ancien Testament auxquels il rend également témoignage que n'ayant point encore reçu les biens que Dieu leur avait promis, ils les voyaient néanmoins par la foi et les saluaient de loin, comme si déjà ils eussent été en leur possession. (Ibid., 13.)

Or, la vertu de cette foi est si puissante, M. T. C. F., son efficacité est si grande que le même apôtre voulant faire l'éloge des saints personnages dont nous venons de parler, se contente d'exalter leur foi et attribue à elle seule la gloire et les mérites qu'ils ont acquis, les prodiges et les merveilles qu'ils ont opérés, leur patience héroïque dans les plus grands maux, leurs victoires sur eux-mêmes et sur le péché, enfin tout ce qu'ils ont fait de grand et d'admirable devant Dieu et devant les hommes, comme vous pouvez le voir au chapitre XI de l'épître aux Hébreux. Il ne faut donc pas s'étonner après cela d'entendre les Pères et avec eux le saint Concile de Trente appeler la foi le fondement de toutes les vertus chrétiennes, la base du salut éternel, la racine de toute justification, la mère des dons et des faveurs célestes, la source de tous nos biens. La foi, dit un pieux auteur, est non seulement la racine de toutes les vertus, mais elle en est encore la règle et la mesure. C'est elle qui les pousse du fond de l'âme, selon qu'elle y est forte et vigoureuse ; et, de même que dans un arbre le tronc et les branches ne croissent, ne grossissent et ne se fortifient qu'à proportion que les racines sont plus fortes et plus profondes ; de même l'espérance, la charité, le respect envers Dieu, la crainte du péché et les autres vertus n'augmentent dans une âme qu'à proportion que sa foi est plus grande et plus vive.

Puis donc, M. T. C. F., que telles sont la force et la vertu de la foi, quand elle est véritable, efforçons-nous de rendre la nôtre aussi parfaite que possible. Exerçons-nous surtout à avoir une foi bien ferme et bien vive des grandes vérités du salut, de ces vérités fondamentales, immuables comme Dieu même, qui doivent être la règle de toute notre conduite et qui nous sont données comme un flambeau divin toujours allumé pour nous éclairer dans toutes nos voies. (Ps. 118, 105.)

Dieu est mon premier principe et ma dernière fin : c'est pour lui seul que je suis fait, et lui seul peut faire mon bonheur. Dieu est présent partout il voit tout ce que je pense et tout ce que je fais, il entend tout ce que je dis, il me considère en tout lieu et toujours.

Dieu gouverne tout dans le monde, rien ne s'y fait et ne peut s'y faire que par son ordre et sa permission : mon bonheur et ma perfection consistent à voir et à faire en tout son adorable volonté.

Le Fils de Dieu s'est fait homme pour être mon sauveur et mon modèle ; il m'est absolument nécessaire, pour être sauvé, de porter ma croix après lui et de conformer en tout ma vie à la sienne.

Je n'ai qu'une affaire importante à traiter sur la terre, celle de mon salut. Si elle réussit, tout est gagné pour moi ; si elle est manquée, tout est perdu sans ressource et pour toujours.

J'ai devant moi deux éternités : l'une souverainement heureuse et l'autre souverainement malheureuse. J'arriverai inévitablement à l'une ou à l'autre, selon que j'aurai bien ou mal vécu.

Voilà, N. T. C. F., quelques-unes de ces grandes vérités dont la croyance ferme et inébranlable doit servir de fondement en nous à l'esprit de foi, à la vie de la foi. Une seule de ces vérités saintes, si nous la considérions avec attention, suffirait pour nous faire vivre de cette précieuse vie, pour nous attacher irrévocablement à notre vocation et nous fixer d'une manière invariable dans le service de Dieu. En effet, les choses qu'elles renferment sont de si grande conséquence, comme de gagner ou de perdre Dieu pour jamais, d'être bienheureux ou malheureux éternellement de corps et d'âme que, soit la grâce et l'efficacité que Dieu a attachées à ces vérités, soit l'amour naturel et nécessaire, que nous avons pour nous-mêmes et qui nous porte invinciblement à rechercher le bonheur et à fuir la souffrance, il nous serait comme impossible, si nous y réfléchissions sérieusement, de ne pas vivre de manière à mériter les délices ineffables du paradis et à éviter les maux horribles de l'enfer. Tout le reste, certainement, quand ce serait le gain ou la perte de tous les royaumes de la terre, ne nous paraîtrait que bagatelle en comparaison et, que jeux d'enfants.

Il faut donc, par la foi, nous rendre ces vérités tellement présentes et sensibles que nous les ayons, pour ainsi dire, toujours devant nous et comme sous la main, afin d'y recourir en toute occasion, dans nos ennuis et nos dégoûts, dans nos tentations et tous nos combats. Il faut les connaître aussi parfaitement que nous pourrons, et pour cela les considérer très attentivement, les étudier avec le plus grand soin, en elles-mêmes, dans leur importance et dans leurs suites, en entretenir notre pensée partout, en public, en particulier, aux champs, à la maison, comme Moïse disait des commandements de Dieu ; enfin, ne plaindre ni temps ni peine jusqu'à ce qu'elles nous soient pleinement connues, jusqu'à ce qu'elles soient solidement établies dans notre esprit, notre mémoire et notre cœur. Les maîtres de la vie spirituelle conseillent même de n'en prendre qu'une ou deux, celles qui touchent le plus, afin de pouvoir mieux les approfondir et les pénétrer, et, d'en faire l'objet constant de nos méditations.

C'est par le souvenir habituel de ces grandes vérités, M. T. C. F., que nous nous affermirons et que nous nous soutiendrons dans le bien, dans le mépris du monde et de ses vanités, dans la haine et la fuite du péché, dans l'amour et le service de Dieu. Alors la vertu, la vocation religieuse ne sera plus pour nous une affaire de goût et de sentiment, dont on ne s'accommode qu'autant de temps que durent l'impression extérieure et le mouvement de piété sensible qui y ont poussé ; mais nous serons vertueux, nous serons fidèles à notre vocation par raison et par conviction, et nous le serons aujourd'hui, demain et toujours, parce que les raisons qui nous y ont engagés sont toujours les mêmes, ces raisons reposant sur des vérités éternelles qui ne changent jamais. Oh ! M. T. C. F., qu'il est important pour nous, au milieu de ces changements perpétuels des choses humaines où nous vivons, au milieu de ces tempêtes intérieures que la nature et le démon tâchent sans cesse de soulever dans notre cœur, de nous attacher fortement à ce roc immuable de la foi, de ne regarder les choses de la terre que comme en passant, et de ne nous fixer qu'à ces grands principes, à ces grandes vérités du salut qui, seules, ne passent pas.

C'est par là aussi que nous serons puissamment excités à faire le bien parmi nos enfants ; car, si nous sentons pour nous-mêmes et pour eux le prix et les conséquences infinies des vérités de la foi, nous ne pourrons pas moins faire que de leur en parler souvent, de désirer ardemment leur salut et d'y travailler de toutes nos forces. Un Frère, homme de foi et de piété, qui comprend ce que c'est que perdre Dieu ou le gagner pour l'éternité ne se lassera jamais d'enseigner et de répéter à ses enfants les principes du salut. Leur apprendre à connaître Dieu et à l'aimer, les instruire des mystères de la religion, les préparer à la réception des sacrements et surtout à une bonne première communion, leur inspirer l'horreur du péché et s'efforcer de les en préserver par une exacte surveillance, les avertir et les corriger de leurs défauts avec patience, persévérance et charité, les former à la vertu et la leur faire pratiquer en toute occasion, leur apprendre à prier, et prier lui-même avec eux et pour eux : tous ces exercices du zèle sont pour lui un bonheur; c'est ce qui l'encourage et le soutient dans les peines et les fatigues de l'enseignement. Et, comme ce Frère, pieux et zélé, s'efforce sans cesse, pour faire plus de bien parmi ses enfants, de s'attirer leur confiance par la bonté de son enseignement même profane, leur estime et leur respect, par une conduite exemplaire et constamment égale ; leur affection, par des paroles et des procédés toujours bons et honnêtes, par un dévouement sans bornes et qui s'étend à tous indistinctement ; et comme en conséquence il a toute autorité sur ses enfants et en est sincèrement aimé et estimé, on ne saurait dire tous les fruits de salut qu'il sera à même de produire parmi eux. Vous le savez, M. T. C. F., les élèves sont naturellement portés à imiter un maître qu'ils aiment et qu'ils estiment, à prendre ses pensées, ses manières d'agir et à croire tout ce qu'il leur dit. Combien par conséquent leurs jeunes cœurs seront heureusement impressionnés quand ils le verront si plein d'horreur pour le péché, de mépris pour le monde, d'amour pour la vertu, d'estime pour les choses de la foi; quand ils l'entendront en parler avec une conviction si profonde et qu'ils remarqueront, en toute occasion, qu'il traite avec un souverain respect tout ce qui y a rapport ! Ah ! heureuses les paroisses, heureux les enfants auxquels le bon Dieu enverra de tels maîtres! heureuse elle-même, M. T. C. F., la Société des Frères de Marie si elle peut compter dans son sein un bon nombre de sujets animés de tels sentiments, remplis de cette foi ferme et inébranlable, de cette foi vive et agissante, pure et simple, qui est si propre à nous affermir tous dans le bien et à nous le faire opérer parmi les enfants confiés à nos soins !

Mais par quels moyens, M. T. C. F., pourrons-nous donner à notre foi cette fermeté et cette force qu'elle doit avoir, cette simplicité et cette pureté qui lui sont également essentielles? Pour cela, nous n'avons qu'à considérer attentivement le motif sur lequel elle repose, et qui n'est autre, comme vous le savez, que l'infinie science et infaillibilité de Dieu, jointe à son infinie véracité et bonté. Or, comme ce motif est infini en lui-même sous tous les rapports, on peut dire, avec Saint-Jure, qu'il mérite de notre part une fermeté et une simplicité de foi infinies. En effet, continue le même auteur, s'il est juste d'ajouter à une personne autant de foi qu'elle en mérite, et si elle en mérite d'autant plus qu'elle connaît mieux la vérité des choses et qu'on est plus sûr de sa véracité, quelle foi, quelle croyance ne méritera pas le Dieu de toute vérité, la première, l'essentielle vérité, celui qui ne peut connaître les choses que comme elles sont, et qui ne peut les dire que comme, il les connaît ? N'est-il pas évident qu'il mérite toute foi et toute croyance, et qu'il n'y a rien dans l'univers dont nous soyons plus certains, rien sur quoi notre entendement puisse et doive être plus pleinement, plus infailliblement satisfait que sur les mystères de la religion, puisqu'ils reposent sur la parole essentiellement et infiniment vraie de Dieu lui-même ?

Oh ! que ce motif de notre foi, bien pesé et bien examiné, nous en rendrait la pratique facile ! Quelle paix, quelle assurance, quel contentement il nous donnerait dans notre foi ! Avec un tel motif, toute discussion, tout examen devient inutile ; car, sous le poids de l'autorité infaillible de Dieu, la foi tient lieu de raison, de démonstration, d'expérience et de tout autre motif de certitude. Quand Dieu a parlé, la honte, dit saint Jean Chrysostome, n'est pas de ne point comprendre les mystères qu'il nous révèle, mais d'oser les sonder. Aussi le vrai fidèle, plein de confiance, en la sagesse et en la bonté infinies de Dieu, se fait-il un plaisir d'assujettir et de captiver son jugement et sa raison sous le joug de la foi; et, moins il comprend un mystère, plus il s'y soumet avec humilité et simplicité, afin d'honorer davantage la souveraine vérité de Dieu sur laquelle il s'appuie uniquement. Tout son raisonnement est dans ce peu de mots : Dieu l'a dit, c'est donc vrai ; Dieu l'a fait, c'est donc bon ; Dieu le veut, donc c'est juste ; Dieu le défend, donc c'est mal ; Dieu l'a promis, donc cela arrivera : Car le ciel et la terre passeront, mais sa parole ne passera jamais. (Luc., XXI. 33.)

C'est ainsi, M. T. C. F., que le vrai fidèle se console et se fortifie dans sa foi, et que, sortant du fond de ses ténèbres, il s'élève, par elle, jusqu'à la participation de la science et de la lumière de Dieu. (I. Petr. 11, 9.) Et quand, avec cela, venant à étudier la religion avec le respect, l'humilité et l'amour que la foi inspire, il voit qu'elle est établie sur des preuves si nombreuses, si fortes, si évidentes, il la trouve si sainte et si pure dans sa morale, si belle et si admirable dans ses dogmes et ses mystères, si magnifique dans ses promesses, si merveilleuse dans tout son ensemble, si bien appropriée à sa nature et à tous ses besoins, oh ! alors il est vraiment comblé de joie dans sa foi. Il voit jusqu'à l'évidence qu'il est dans la bonne route, qu'en suivant les lumières de la foi il ne peut pas s'égarer, et que cette lumière divine le conduit infailliblement à son éternelle béatitude. Or, cette vue le remplit de consolations si douces, lui donne une telle paix, une telle assurance que saint Paul ne trouvait rien de plus précieux à souhaiter aux Romains : Que le Dieu d'espérance, leur dit-il, vous comble de paix et de joie dans votre foi (Rom., XV, 13); et que saint Pierre appelle cette joie Ineffable : Si vous croyez d'une vraie foi, vos cœurs tressailliront d'une joie ineffable et pleine de gloire, et vous remporterez le salut de vos âmes comme la fin et le prix de votre foi. (I. Petr. 1, 8.)

Et au vrai, M. T. C. F., qu'est-ce qui pourrait abattre ou même attrister le vrai chrétien, le vrai Frère de Marie, homme de foi et d'espérance, pour lequel la parole et la promesse de Dieu sont tout ?

Les souffrances ? les persécutions ? les maladies ? Mais il est persuadé, il sait d'une foi certaine et pour lui plus évidente que la lumière du soleil en plein jour, que toutes les souffrances de la vie présente, quand il pourrait lui seul les endurer toutes, n'ont aucune proportion avec cette gloire qui nous est promise et qui doit un jour éclater en nous (Rom., VIII, 18.)

Serait-ce l'assujettissement à la Règle, les peines de son état, la classe, la répétition journalière des mêmes exercices? Mais il se rappelle et il est pleinement assuré que ce moment si court de peines si légères qu'on appelle la vie, opère en nous le poids éternel d'une sublime et incomparable gloire (II Cor., IV., 17.) ; et, considérant quel sera le fruit de ses travaux, combien la fin en sera prompte et combien la récompense en sera grande, non. seulement il les supporte avec courage, mais sa patience même y trouve nue force et une consolation merveilleuses (Imit. liv. III, chap. 49, 6.)

L'avenir, l'incertitude des événements essaieraient-ils de jeter l'inquiétude dans son âme ? Mais sa foi lui assure que rien n'arrive ici-bas que par l'ordre ou la permission de Dieu, que tout ce qui s'y passe est pour le bien des élus, que les cheveux mêmes de sa tête sont comptés, et que tous les hommes ensemble ne sont pas capables d'en faire tomber un seul sans la permission du Père tout-puissant et tout bon qu'il a dans le ciel.

D'ailleurs, il sait d'une foi certaine que, dans quelque position de santé ou de maladie, d'honneur ou de mépris, de plaisir ou de souffrance, d'aisance ou de pauvreté qu'il puisse se trouver, il pourra toujours, avec le secours de Dieu qui ne manque jamais à celui qui le demande, faire la seule chose qu'il désire : son salut; éviter la seule chose qu'il craigne : le péché ; et ainsi il ne se peut qu'il ne soit toujours en paix dans la ferme espérance qu'il conçoit de son éternelle béatitude.

Si vous méditez bien toutes ces pensées, M. T. C. F., je ne doute pas que vous ne conceviez un grand désir d'avoir cette foi ferme et inébranlable, cette foi vive et forte dont je viens de vous parler, et que vous ne cherchiez sincèrement à vous y établir par la considération attentive des motifs sur lesquels elle repose ; mais souvenez-vous aussi que la foi est un don de Dieu, que c'est lui qui la fait arriver par l'ouïe jusqu'à notre entendement, et qui élève, par ses lumières et par sa grâce, notre croyance aux mystères et aux vérités de la foi jusqu'à ce degré de certitude surnaturelle qui en fait la première des vertus théologales. Il faut donc nous adresser à Dieu de toute la force de notre âme, et lui demander instamment le don précieux de la vraie foi. Seigneur, devons-nous lui dire avec les apôtres, augmentez en nous la foi... Je crois, mais aidez-moi dans mon peu de foi. Donnez-moi cette foi vive et forte, cette foi ferme et inébranlable sur laquelle vous voulez que je fonde l'édifice de mon salut et de ma perfection.

Si nous l'obtenons, nous aurons posé en nous le premier degré, le fondement assuré de la vie de la foi, de l'esprit de foi; et nous passerons sans peine et comme nécessairement au second degré de cette vertu, qui est dans l'appréciation des choses, de prendre toujours pour règle de nos pensées et de nos jugements les lumières de la foi ; puis au troisième, qui est d'agir en conséquence de notre foi et par les motifs qu'elle nous propose. Ce sera l'objet de ma troisième lettre.

Recevez l'assurance des sentiments respectueux et pleins d'affection avec lesquels je suis, en union de prières et de travaux,

Mes très chers Frères,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

                 F. François.

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                 Mes très chers Frères,

Les vacances et les retraites auront lieu, cette année, comme les années précédentes.

A Notre-Dame de l'Hermitage et pour la province de Viviers, les vacances auront lieu du 1ierseptembre au 1ieroctobre ; pour celle de Saint-Paul-trois-Châteaux, du 15 septembre au 15 octobre ; et pour celle du Nord, (du 15 août, au 15 septembre.

La retraite dans le Nord s'ouvrira le 15 août ; à Notre-Dame de l’Hermitage, le 1ier  septembre ; à Notre-Dame de la Bégude, le 15 septembre, et à Saint-Paul-trois-Châteaux, le 25 du même mois.

Les Frères termineront leurs classes de manière à être tous rendus à la Maison-Mère et dans les Maisons Provinciales le jour de l'entrée en vacances et même la veille.

Je recommande très particulièrement aux Frères Directeurs de continuer à prendre toutes les mesures de prudence nécessaires pour la sûreté des maisons, des mobiliers et des provisions pendant l'absence des Frères. Qu'ils aient soin aussi de faire mettre tout en ordre et dans un grand état de propreté dans leurs Etablissements avant d'en partir.

Ils ne manqueront pas de régler, tous, leurs livres de comptes, afin qu'ils puissent les faire viser en arrivant. Je les engage fortement à ne rien négliger pour faire rentrer l'argent qui leur est dû . pensions, mois d'école, allocations communales, etc. Dans les pensionnats, ils doivent envoyer le plus tôt possible aux parents des élèves un état détaillé de tout ce qu'ils redoivent, les prévenir du jour de la sortie, et les avertir que ce jour-là tout doit être soldé.

Pour les autres avis et recommandations nécessaires, soit pour votre départ des Etablissements, soit pour votre voyage et votre arrivée à la Maison-Mère, soit pour le temps de la retraite et des vacances, je vous renvoie aux chapitres VIII et X de la Règle et à la circulaire du mois de juillet 1847.

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Tous les Frères qui désirent faire profession à la retraite prochaine ou émettre le vœu d'obéissance, m'en adresseront la demande par écrit d'ici à la fin de ce mois, si déjà ils ne l'ont fait. Pendant la retraite, je n'ai pas assez de temps pour m'entendre avec eux sur une affaire de cette importance, et je serai bien aise de commencer à la traiter par écrit dès à présent.

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Le Frère bibliothécaire a fait choix, cette année, des meilleurs ouvrages pour prix qu'il a pu trouver, soit pour le fond même des ouvrages, soit pour l'élégance des reliures et la modicité des prix. Il espère que vous lui réserverez vos demandes comme par le passé ; vous savez d'ailleurs que c'est l'intention de la Règle. Faites en sorte de les lui adresser le plus tôt possible afin qu'il puisse vous servir à temps, et indiquez-lui la somme que vous pouvez y consacrer, et le nombre de volumes in-12, in-18, et autres que vous désirez. Je n'a' pas besoin de vous rappeler que ces distributions de prix ne doivent pas être à la charge des Frères.

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Le Cours de Dictées qui doit accompagner le Corrigé des Exercices sera imprimé au plus tard à la Toussaint. On recommande à ceux qui ont déjà le Corrigé des Exercices de le conserver broché, afin de pouvoir le faire relier ou cartonner avec le Cours de Dictées.

 Voici les noms des Frères et postulants décédés depuis ma dernière circulaire :

 

+ Frère Domitien, décédé à Saint-Paul-trois-Châteaux, le 31 décembre 1848

Frère Crescone, décédé à Bargemont (Var), le 8 avril 18119.

V. O. Frère Papinien, décédé à Notre-Dame de la Bégude, le 24 avril 1849.

+ Frère Elpide, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage, le 3 mai 1849.

Frère Brinstan, décédé dans sa famille, le 16 juillet 1848, oublié dans la dernière circulaire.

Frère Rivière, décédé a Saint-Paul-trois-Châteaux, le 1iermai 1849.

Le postulant Bavoux, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage, le 2 janvier 1849.

Le postulant Bouchut, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage, le 20 juin 1849.

 

Je recommande très particulièrement tous ces chers défunts à vos prières. Vous offrirez trois communions et vous direz une fois l'office des Morts à neuf leçons pour le repos de leurs âmes. Je vous autorise aussi à faire dire une messe pour tous nos défunts, à laquelle vous tâcherez de conduire vos enfants et de faire la sainte communion, si c'est possible.

Le mois d'août étant spécialement consacré à honorer Marie, notre bonne Mère, nous devons tâcher de le passer le plus saintement possible, afin de mériter de plus en plus sa protection sur chacun de nous en particulier, et sur toute la Congrégation en général. Ferveur nouvelle dans nos exercices de piété, exactitude plus grande dans l'observation de la Règle, zèle plus actif dans l'instruction religieuse et la surveillance des enfants, recours plus fréquents à la sainte Vierge, soin nouveau d'étudier nous-mêmes et de faire connaître à nos enfants l'excellence et les avantages de sa dévotion : telles sont les pratiques par lesquelles nous nous efforcerons de sanctifier ce beau mois.

Pour nous disposer à bien célébrer la fête de sa glorieuse Assomption, nous lui offrirons pendant les neuf jours qui la précèdent, outre nos exercices de piété ordinaires et nos peines et nos travaux de chaque jour, une couronne de cinquante-quatre Ave Maria, dont trois se diront après la méditation du matin et trois après la prière du soir. Pendant l'octave de cette fête, on récitera tous les jours, après la prière du soir, le Veni Creator et le Souvenez-vous, pour obtenir la grâce de faire une bonne retraite.

La présente Circulaire sera lue en communauté, à l'heure ordinaire de la lecture spirituelle, le premier jour après sa réception. Chacun ensuite relira encore une fois en particulier, l'instruction sur l'esprit de foi, laquelle devra être aussi le sujet de trois ou quatre méditations du matin. C'est dans les circonstances actuelles, où se rencontrent si souvent tant de causes de dissipation et de relâchement, que nous avons le plus besoin de revenir sur les grandes vérités du salut et de nous en bien pénétrer. Je ne saurais trop vous engager à cet égard à suivre les conseils et les avis qui vous ,ont donnés dans la première partie de cette instruction.

Je vous renouvelle l'assurance de tout mon attachement en Jésus et Marie.

                    F. François.

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