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Circulaires 45

 

Br. François
0/07/1851 - Vol. II, n. 4
Circular 45


51.01.01.1851.1

 V. J. M. J.

Notre-Dame de l'Hermitage, le 3 juillet 1851.

    Nos Très Chers Frères,

 Nous avons enfin la consolation, en vous annonçant l'époque de la retraite annuelle, de pouvoir vous annoncer en même temps l'heureuse nouvelle de la reconnaissance légale de la Congrégation. C'est le 20 juin que le décret d'autorisation a été signé par M. le Président de la République, et, le 26, nous en avons reçu une ampliation officielle. Ainsi se trouve consommée l’œuvre si importante pour l'avenir de notre Institut, l’œuvre de sa reconnaissance légale à laquelle nous travaillons depuis tant d'années et qui nous retient à Paris depuis le commencement de février.

 Notre pieux Fondateur l'avait entreprise dès les premiers mois de 1830 ; mais les événements survenus à cette époque arrêtèrent l'effet de ses démarches, et l'ordonnance d'autorisation qui se préparait, au moment de la révolution, fut retirée.

 Plus tard, il renouvela ses instances et se rendit lui-même à Paris pour faire agréer sa demande. Les prescriptions de la loi de 1833 et les difficultés nouvelles qu'on éprouvait pour l'exemptiondes Frères, faisaient sentir chaque jour davantage le besoin qu'avait la Société d'être reconnue civilement. Aussi M. Champagnat fit-il des efforts inouïs pour lui procurer ce précieux avantage. On se souvient encore ici de tous les mouvements qu'il se donna dansce but, de ses courses multipliées dans Paris, de ses démarches de tous genres pour arriver au résultat que réclamaient les besoins de son oeuvre ; mais la Providence, qui aime à éprouver ses plus fidèles serviteurs pour leur accorder ensuite plus abondamment ce qu'ils désirent, ne voulut pas qu'il eût la consolation d'un succès complet et immédiat : la mort l'enleva à sa chère Congrégation, avant qu'il eût pu réaliser pour elle un de ses voeux les plus chers et les plus ardents. Toutefois les tentatives qu'il fit à cette époque, ne furent pas tout à fait infructueuses. C'est à lui que nous devons les deux avis favorables de l'ancien Conseil royal de l'Université et les premières délibérations du Conseil Général de la Loire qui nous ont si puissamment servi cette année. Nous ne doutons pas non plus que le bon Dieu ne se soit souvenu des ferventes prières, de l'ardente piété, de la confiance et de l'entière abnégation de ce bon Père, et qu'il n'ait béni et récompensé dans ses enfants les peines sans nombre qu'il s'était données pour l'œuvre que nous venons d'achever. Dans sa profonde humilité, M. Champagnat avait un pressentiment que le bon Dieu ne lui donnerait pas la joie du succès que nous obtenons aujourd'hui ; mais, dans son entière confiance en Dieu et en Marie, il nous assurait encore sur son lit de mort que l'autorisation ne ferait pas défaut à la Congrégation, et qu'elle lui serait infailliblement accordée, dès qu'elle lui deviendrait absolument nécessaire.

 Or, cette nécessité, ce besoin d'une reconnaissance légale, nous le sentions aujourd'hui plus que jamais. La loi du 15 mars 1850, en n'accordant le droit de présentation aux écoles publiques, la libre disposition des sujets et la dispense du service militaire qu'aux associations légalement reconnues, crée à toutes celles qui n'ont qu'une existence de fait des difficultés insurmontables et les place dans une situation contraire à l'essence même de toute association religieuse. Nous confiant donc en Dieu et nous souvenant de la parole de notre Fondateur, nous avons voulu tenter un dernier effort, et nous avons repris la suite de nos démarches auprès du Gouvernement pour obtenir d'être reconnus légalement.

 Le 15 février, Monseigneur l'évêque de Langres, dont nous ne pourrons jamais assez reconnaître les bontés pour nous, voulut bien se charger de présenter lui-même notre demande à M. Giraud, alors Ministre de l'Instruction publique et des Cultes, et il obtint que, parmi plusieurs autres du même genre, elle serait examinée seule et la première. M. le Ministre l'accueillit avec beaucoup d'intérêt, et il eut la bonté de la porter lui-même au Conseil supérieur de l'Instruction publique. Nous devons a sa bienveillance d'avoir eu pour rapporteur, M. le comte Portalis, Premier Président de la Cour de cassation, dont l'autorité et la parole puissante nous ont été d'un si grand secours jusqu'à la fin. C'est sur l'excellent et admirable rapport de M. le Premier Président, que le Conseil Supérieur revêtit notre demande de son suffrage unanime et l'adopta sans aucune discussion, le 8 mars dernier.

 Le 20, elle fut envoyée au Conseil d'Etat avec l'avis du Conseil Supérieur et un projet de décret tendant à la reconnaissance légale de l'Association et à l'approbation de ses statuts. Malheureusement, une clause fâcheuse pour nous s'était glissée, par erreur, dans ce premier projet, et il nous fallut quinze à vingt jours pour obtenir qu'il fût retiré et remplacé par un autre plus conforme à nos désirs et à nos besoins. M. Giraud fut encore pour nous, dans cette circonstance, d'une bonté extrême. Dès qu'il eut été informé de l'erreur qui avait été commise, il s'empressa de donner des ordres pour la faire rectifier; et nos pièces, parfaitement régularisées, comme nous l'avions demandé, purent retourner au Conseil d'Etat dans les premiers jours d'avril.

 Au Conseil d'Etat, nous avions à passer par le Comité de l'Intérieur, par la Section d'Administration et ensuite à l'Assemblée générale. Nous avons mis trois mois à suivre ces différentes épreuves et nous n'en sommes sortis que le 17 juin.

 Le 12 avril, le Comité de l'Intérieur décida que, l'instruction de notre affaire n'était pas complète, et que, comme il s'agissait de la reconnaissance d'une association religieuse, il y avait lieu de demander l'avis de l'Administration des Cultes. Il indiqua aussi quelques modifications à faire dans nos statuts, en conséquence de ce titre d'association religieuse qu'il nous attribuait. Nous fûmes heureux de voir que le caractère religieux de notre Association serait légalement reconnu ; mais un mois se passa à préparer ce supplément d'instruction que demandait le Comité et à faire à nos statuts les modifications qu'il avait indiquées. Ce ne fut que le 9 mai suivant que notre dossier lui revint et qu'il put se prononcer sur le projet de décret qui lui était soumis. Il l'adopta à l'unanimité, et les modifications qu'il y fit furent toutes dans notre intérêt.

 Le 15 et le 22 mai, la Section d'administration fut saisie de notre affaire et elle adopta, à une assez forte majorité, le travail du Comité de I'Intérieur, sauf quelques légères modifications dans les statuts. Nous devions arriver ce même jour, 22, à l'Assemblée générale ; mais diverses circonstances nous firent ajourner jusqu'au jeudi, 5 juin. Nous espérions enfin que notre affaire se terminerait ce jour-là, et tout semblait nous faire croire que ce serait selon nos désirs ; néanmoins, une opposition inattendue se déclara au sein du Conseil d'Etat. Après une discussion de plus de trois heures, malgré les efforts de M. le Ministre qui avait bien voulu se rendre au Conseil pour soutenir notre cause, aucune conclusion ne put être prise, et la suite de la discussion fut remise au jeudi suivant, 12 juin. Nos inquiétudes et nos craintes furent grandes alors, et nous sentions qu'elles n'étaient que trop vivement partagées partous ceux qui avaient suivi notre affaire et qui y prenaient le plus d'intérêt.

 Cependant, à force de démarches et grâce au zèle et au dévouement dont nous avons été constamment l'objet de la part des personnages les plus éminents et. surtout de la part de M. de Crouseilhes, Ministre de l'Instruction publique et des Cultes, depuis le 11 avril, de nombreux défenseurs se préparèrent pour nous parmi les Conseillers d'Etat. En fait, notre Association avait inspiré beaucoup d'intérêt. Son ancienneté, le nombre des ses sujets, celui de nos écoles et de nos enfants, les recommandations des évêques, les avis persévérants du Conseil Général de la Loire en notre faveur, depuis 1838, l'appui de nos Représentants et autres avaient fait impression et nous avaient gagné la bienveillance générale. Mais, comme, en principe, il s'agissait encore de consacrer pour le Gouvernement le droit de reconnaître par un simple décret les associations religieuses vouées à l'enseignement, conformément à l'article 31 de la loi du 15 mars 1850, la question avait pris de là une gravité et une importance extrêmes, et tous y attachaient le plus grand intérêt. Aussi, nous serait-il impossible de vous dire tout ce qui s'est fait pendant les huit jours qui ont précédé la séance du 12, pour assurer le triomphe de notre cause et du principe qui s'y rattache. Non, n'oublierons jamais, en particulier, le zèle et le dévouement admirables avec lesquels M. le Ministre s'en est occupé. Il en avait fait comme son affaire propre et personnelle, et il ne l'a pas perdue de vue un instant. Nous aurons, N. T. C. F., à laisser à votre reconnaissance et à votre pieux souvenir les noms d'un grand nombre de personnages éminents qui se sont employés pour nous, dans cette circonstance, avec le plus généreux dévouement ; mais le nom de M. de Crouseilhes devra certainement occuper la première place dans le tableau de nos défenseurs et de nos protecteurs. Que Dieu les récompense tous dès aujourd'hui de l'immense service qu'ils nous ont rendu, et avec nous à la religion !…

 Donc, la séance du 12 juin nous fut tout à fait favorable. Non seulement le principe de la reconnaissance légale des associations religieuses vouées à l'enseignement fut admis par l'Assemblée générale du Conseil d'Etat, mais l'article principal du Décret particulier qui nous constitue, fut adopté dans les meilleurs termes possibles. Le caractère religieux de l'Association y est constaté, son existence civile comme établissement d'utilité publique y est reconnue pour toute la France, sans entraves ni restriction aucune, et tous les droits civils attachés aux établissements de ce genre lui sont assurés, notamment les droits mentionnés dans les articles 31, 34 et 79 de la loi du 15 mars 1850, et le droit de recevoir, pour nous ou pour nos écoles, des dons et legs, d'acquérir, de posséder, etc.

 Vous dire, N. T. C. F., toute la joie que nous éprouvâmes à la nouvelle de ce succès, serait impossible. Il faut, pour s'en faire une idée, avoir passé par toutes les appréhensions que nous avait laissées la terrible séance du 5 juin, par toutes nos transes de quatre mois de sollicitations, par toutes les difficultés que nous avons eues à surmonter pour arriver à ce résultat. Cependant, N. T. C. F., nous savons avec quel zèle et quelle piété vous nous avez constamment aidés de vos prières et de vos vœux, avec quel empressement vous attendiez l'heureuse nouvelle d'un succès qui nous est commun et qui assure l'avenir d'une association à laquelle nous avons attaché notre existence et consacré notre vie. Réjouissons-nous-en donc tous dans le Seigneur, et remercions-le d'avoir enfin exaucé nos vœux et béni nos efforts. Remercions-en Marie, notre bonne Mère, saint Joseph, notre glorieux patron, et les saints Anges, nos protecteurs. Toits ont reçu et entendu nos prières, et tous se sont intéressés à notre cause. N'oublions pas notre pieux Fondateur et nos chers défunts : c'est par eux qu'ici nous avons présenté à Dieu et à Marie nos dernières supplications, et nous ne doutons pas de leur favorable intervention[1]dans le succès d'une affaire qui intéressait si vivement une Société à laquelle ils sont restés tout dévoués jusqu'à leur dernier soupir.

 Après la séance du 12, restaient encore nos statuts à approuver. Cette approbation a eu lieu le mardi suivant, 17, sans nouvelles modifications. Trois jours après, notre Décret était signé par M. le Président de la République. M. le Ministre, dont les bontés pour nous ont été sans égales jusqu'à la fin, s'est chargé lui-même de le porter à l'Elysée et de le présenter à la signature de M. le Président. Deux heures après, il le rapportait au Ministère, nous faisant avoir ainsi, en quelques instants, ce qu'on est ordinairement dix à quinze jours à attendre.

 C'est M. le Ministre encore qui nous a procuré, aujourd'hui même (3 juillet), la faveur d'être présentés à M. le Président, et de pouvoir lui exprimer combien nous étions heureux de lui devoir le même bienfait que les Frères des Ecoles Chrétiennes doivent à l'Empereur, son oncle. M. le Président nous a reçus avec une extrême bonté et nous a témoigné le plus grand intérêt. Tout son désir est de nous voir répandre les bonnes doctrines parmi les populations. Il se félicite d'avoir pu nous être utile, et il souhaite que l'autorisation qui vient. de nous être accordée, puisse contribuer au développement de notre Association et la mettre fi même de rendre plus de services au pays.

 Nous voilà donc, N. T. C. F., après dix-sept ans d'instances et d'efforts, définitivement autorisés. La Providence a voulu que cette grande affaire ne fût terminée que cette année, parce qu'en aucun autre temps nous n'aurions pu obtenir une autorisation pleine et entière comme celle qui nous est accordée. Que cette faveur insigne du bon Dieu, jointe au souvenir des moyens tout providentiels par lesquels il nous a conduits jusque-là, malgré les embarras de notre situation provisoire, remplisse nos cœurs de joie, de reconnaissance et d'amour ; qu'elle ranime notre zèle et notre confiance, qu'elle nous attache plus que jamais à notre chère Société, en nous montrant l'action de Dieu sur elle et le soin si particulier qu'il en prend dans sa bonté, par la protection de Marie, notre bonne Mère.

 Il ne nous reste maintenant, pour témoigner à Dieu et aux hommes notre reconnaissance, qu'à nous dévouer avec un zèle tout nouveau à la bonne éducation de nos enfants et à la pratique des vertus de notre état. C'est ce qu'on attend de nous, et c'est le seul moyen de mettre à profit la faveur qui nous est accordée. Les appuis humains ne sont rien, si Dieu ne conserve, ne bénit et ne fait prospérer : or, le bon Dieu n'accorde ses bénédictions qu'aux religieux qui persévèrent dans l'esprit de leur état et qui remplissent avec zèle la fin de leur institut. Que cette circonstance solennelle, que ce fait important pour la Société soit donc pour tous ses membres une époque de renouvellement, un motif de plus de ferveur et de régularité, de plus de zèle et de piété. Ce qu'on désire surtout de nous, N. T. C. F., c'est que nous nous conservions toujours dans l'esprit de modestie, de simplicité et d'humilité qui est le caractère propre de notre Association, que nous fassions le bien sans bruit et sans éclat, que nous soyons toujours les humbles, les Petits Frères de Marie. Malheur à nous, si nous abusions du don de Dieu, et si nous nous prévalions de la faveur qui nous est faite, pour nous élever, pour nous montrer moins soumis et moins respectueux, soit envers les Pasteurs de l'Eglise, soit envers les Autorités civiles; plus difficiles avec les populations; moins réservés dans nos rapports avec ceux qui se livrent comme nous à l’enseignement de la jeunesse. Marie est notre Mère ! nous sommes assurés désormais de porter son nom glorieux et de combattre toujours sous sa protection maternelle. Nous devons donc l'imiter et marcher sur ses traces. Or, la vertu qui a paru avec le plus d'éclat dans Marie, c'est l'humilité, c'est la modestie, l'amour de la vie cachée, de la vie humble et retirée, inconnue au monde et connue de Dieu seul. Soyons certains, N. T. C. F., que c'est par là aussi que nous devons nous distinguer, s'il est permis à un, petit Frère de Marie de se distinguer par quelque endroit. Plus nous serons humbles et petits, plus nous serons à même de faire le bien, et plus Dieu nous bénira et fera prospérer l’œuvre qui nous est confiée. Nous vous recommandons, autant qu'il est en nous, à vous et à tous ceux qui viendront après vous dans l'Institut, cet esprit d'humilité, de modestie et de simplicité, et nous demandons instamment à Dieu par Marie qu'il ne s'éloigne jamais d'aucune de nos Maisons, ni d'aucun des membres de notre Société.

 N. T. C. F., vous vous êtes unis à nous pour demander à Dieu la faveur qui nous est accordée, nous nous unirons aussi pour lui témoigner notre reconnaissance. Un saint Prêtre, membre du Conseil Supérieur de l'Instruction publique, nous disait : « Si vous voulez obtenir plus sûrement votre autorisation, promettez à Dieu que vous mettrez autant de temps à le remercier que  vous en avez mis à la demander. Je l'ai fait, ajoutait-il, pour une maison dont je suis chargé, et mon affaire a parfaitement réussi : nous terminons seulement cette année, nos prières d'actions de grâces. » C'est cette pieuse pensée, N. T. C. F., qui nous fit promettre à Dieu, le 19 mars dernier, jour de la fête de saint Joseph, les diverses prières et pratiques dont nous vous donnons le détail aujourd'hui. Nous nous y sommes engagés pour vous tous, mais seulement sous l'obligation ordinaire de la Règle. Les Messes seules ont été offertes par vœu, et elles sont acquittées. Nous espérons que vous serez fidèles à ces pratiques comme à tous les autres points de Règle, d'autant plus qu'elles n'ajoutent presque rien à vos exercices de chaque jour. Voici ce que nous avons promis en l'honneur de la sainte Vierge, de saint Joseph et des saints Anges Gardiens.  

Pratiques particulières à la Maison-Mère. 

1° Cent Messes en actions de grâces.

 2°, Une statue à la sainte Vierge et à saint Joseph, dans les dépendances de la Maison-Mère.

(Ces statues sont achetées, et nous ferons en sorte qu'elles puissent être inaugurées après la retraite.)

 3° Une neuvaine d'actions de grâces, pendant laquelle on récitera le Te Deum après la Messe, le Magnificat après l'examen, et le Laudate Dominum après la prière du soir. A la fin de la neuvaine, Salut solennel, exposition à la Messe de communauté (Son Eminence l'a accordé) et Communion générale.

(Ce salut et cette neuvaine auront lieu, du 2 au 10 septembre, pendant les vacances.)

 4° A perpétuité, la bénédiction du Saint Sacrement, avec exposition à la Messe de communauté, le 20 juin de chaque année, jour anniversaire de l'autorisation. (Son Eminence l'a accordé aussi). 

Pratiques générales. 

1° Cent Communions pour chaque membre de la Congrégation.

(Pour remplir ce point, il suffira à chacun d'offrir en actions de grâces, une fois seulement, les cent Communions qui suivront, après la lecture de la Circulaire. Cette intention n'empêche aucunement les autres qu'on peut avoir.) 

2° Pendant trois ans, à partir du 1ieraoût prochain, dans toutes les maisons de l'Institut, on ajoutera l’Angélus Dei (il est dans la Méthode) aux trois invocations qui se font après l'examen particulier, et on récitera le Salve Regina, le soir, après la lecture du sujet de méditation.

 3° On dira aussi, pendant trois ans, les litanies de saint Joseph, le mercredi de chaque semaine, après la méditation du matin.

 4° Pendant le même temps, dans toutes les écoles de l'Institut, on ajoutera le Souvenez-vous, à la visite ou après le chapelet, avec les trois invocations suivantes

 0 Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui, avons recours à vous.

 Saint Joseph, père nourricier de Jésus et époux de la Vierge Marie, priez., etc.

 Saints Anges Gardiens, priez, etc. 

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Dans chaque maison, on pourra faire dire une Messe pour remercier Dieu des grâces qu'il nous a faites cette année, et lui demander d'en bien profiter. Vous tâcherez d'y conduire vos enfants et d'y faire la sainte Communion. Vous pourrez aussi, en vous entendant avec les Autorités, donner congé, ce jour-là, mais pour cette année seulement. Que cette petite réjouissance soit religieuse, modeste et selon la Règle ; afin que tout en nous, l'intérieur et l'extérieur, soit agréable au Seigneur et puisse servir à sa louange. 

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L'ouverture de la Retraite annuelle est fixée, cette année, pour la Maison-Mère, au dimanche, 31 août. Les classes se termineront du 24 au 28, et la rentrée des Frères se fera les trois derniers jours de la semaine. Il est essentiel que tous soient arrivés le samedi au soir, afin qu'à ce moment la Maison soit organisée et l'ordre parfaitement rétabli.

 Dans la Province du Nord, la retraite s'ouvrira le 15 août, dans celle de Viviers, le 15 septembre ; et dans celle de Saint-Paul-trois-Châteaux, le 25 du même mois.

 Les vacances seront d'un mois comme celles des années précédentes et aux mêmes époques. Les Frères termineront leurs classes de manière à être tous rendus dans les Maisons provinciales le jour de l'entrée en vacances et même la veille. 

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Je recommande très particulièrement aux Frères Directeurs de continuer à prendre toutes les mesures de prudence nécessaires pour la sûreté des maisons, des mobiliers et des provisions, pendant l'absence des Frères. Qu'ils aient soin aussi de mettre tout en ordre et dans un grand état de propreté dans leurs Etablissements avant d'en partir. 

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Pour les livres de comptes, on suivra les prescriptions de la Règle et celles de notre Circulaire du 2 juillet 1850. Le Frère Visiteur les verra, à la Maison-Mère, et réglera les comptes des Frères Directeurs. 

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Les Frères qui désirent faire profession à la Retraite prochaine ou émettre le vœu d'obéissance, en adresseront la demande à la Maison-Mère, d'ici au 15 si déjà ils ne l'ont fait. Pendant la Retraite, on n'a pas assez de temps pour s'entendre avec eux sur une affaire si importante, et il est bon de commencer dès à présent à la traiter. 

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Le Frère Bibliothécaire a fait choix, comme les années précédentes, de livres de prix, les meilleurs qu'il a pu trouver, soit pour le fond même des ouvrages, soit pour l'élégance des reliures et la modicité des prix. Il espère que vous lui réserverez vos demandes, comme par le passé ; vous savez d'ailleurs que c'est l'intention de la Règle. Faites en sorte, de les lui adresser le plus tôt possible, afin qu'il puisse vous servir à temps. Vous lui indiquerez la somme que vous pouvez y consacrer, et le nombre de volumes, in-12, în-18 et autres que vous désirez. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que ces distributions de prix ne doivent pas être à la charge des Frères. 

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Le Recueil de Cantiques vient d'être réimprimé et considérablement augmenté. Vous pourrez vous le procurer, pendant les vacances, et le remettre à vos enfants, à la rentrée. Je vous recommande, à ce propos, de former vos élèves au chant des Cantiques ; et, selon l'usage et la Règle, de ne pas passer un jour sans en faire chanter. 

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Voici les noms des Frères qui sont décédés depuis notre dernière Circulaire. 

En 1850 :

+  F. Gabriel, décédé à N.-D. de l'Hermitage, le 24 juillet.

V. O. F. Tobie, décédé dans sa famille, le 14 août.

+  F. Thierry, décédé à N.-D. de l'Hermitage, le 22 août.

F. Gaudiose, décédé à N.-D. de l'Hermitage, le 4 septembre.

+ F. Frédéric, décédé à Beaucamps, le 17 décembre.

 En 1851 :

+  F. Céolphride, décédé à N.-D. de la Bégude, le 14 janvier.

V. O. F. Damien, décédé à Saint-Paul-trois-Châteaux, le 8 février.

+  F. Laurent, décédé à N.-D. de l'Hermitage, le 8 février.

+  F. Antoine, décédé dans l'Etablissement d'Ampuis, le 7 mars.

F. Jovien, décédé à Saint-Paul-trois-Châteaux, le 8 mars.

+  F. René, décédé à N.-D. de la Bégude, le 26 avril.

F. Eumène, décédé à N.-D. de l'Hermitage, le 6 mai.

F. Gaspard, décédé dans sa famille, le 2 juillet.

+ F. Arsène, Maître des Novices à la Bégude, décédé le 14 juillet.

 N'oubliez pas de prier pour ces chers défunts, et de demander tous les jours à Dieu qu'il les mette dans le lieu de la lumière et de la paix.

 Je vous recommande aussi très particulièrement le R. P. Giron, décédé à N.-D. de l'Hermitage, le 6 mai. Cet excellent Père n'a passé que quelques mois parmi nous, et déjà, par son zèle et son dévouement, il avait gagné l'estime et l'affection de tous les Frères et fait un grand bien dans la Maison. Sa mort presque subite nous a tous plongés dans la douleur et a fait un très grand vide parmi nous.

 C'était un jeune et saint Prêtre, plein de talent et tout dévoré du zèle des Missions et de la conversion des âmes. Nous avons la confiance que le bon Dieu a déjà couronné ses vertus, ses travaux et ses bons désirs ; néanmoins nous continuerons aussi à prier pour lui, en même temps que pour nos chers Confrères. Le lundi, le mardi, et lemercredi après la lecture de la Circulaire, on dira l'Officedes Morts à trois leçons pour le repos de leurs âmes, et on fera les communions de la semaine à la même intention.

 Vous voyez, N. T. C. F., que nos Anciens s'en vont, ceux que le P. Champagnat a formés et qui avaient plus particulièrement reçu son esprit, l'esprit primitif de la Société : en moins d'un mois nous avons perdu les deux plus anciens Frères de la Communauté. Demandons à Dieu que l'esprit de ces bons Frères vive et se perpétue parmi nous, leur piété simple et sincère, leur zèle pour l'enseignement du Catéchisme, leur amour pour la pauvreté et la simplicité, pour la Règle et les usages de l'Institut, leur dévouement à tous ses intérêts, leur respect, leur soumission et leur attachement pour ceux qui en ont la conduite. Il est certain que ces vertus ont éclaté, d'une manière toute particulière, dans les bons Frères Laurent et Antoine dont nous vous annonçons la mort. Que de fois le cher Frère Laurent est venu nous trouver, depuis que ses infirmités le retenaient à la Maison-Mère, pour nous demander d'aller faire le Catéchisme de village en village en demandant son pain ! Il ne se passait presque pas de semaine où il ne vînt nous dire : « Oh ! recommandez donc bien aux Frères d'ap­prendre le Catéchisme aux petits enfants, de leur faire réciter leurs prières, de les bien préparer à leur première Communion.» Cette pensée le poursuivait surtout aux approches des retraites, il ne pouvait s'empêcher de nous en parler tous les jours, tantôt à moi, tantôt aux Frères Assistants, et toujours avec des larmes abondantes qui le forçaient de s'arrêter après les premières paroles.

 Dans la Maison, il prenait intérêt à tout, il avait soin des plus petites choses ; malgré ses souffrances habituelles, il ne pouvait rester un moment sans rien faire, ni manquer les exercices communs. Rien ne lui coûtait tant que de ne pas se lever et faire sa méditation avec la Communauté, de ne pas aller prendre ses repas au réfectoire avec les autres. Il n'y avait que l'obéissance, ou ses maux de tête lorsqu'ils redoublaient de violence, qui pussent le retenir. Ennemi de son corps et plein de mépris pour lui-même, il se trouvait toujours trop bien nourri, trop bien habillé, trop bien traité ; il aimait à se donner les noms les plus humiliants, et il ne signait aucune lettre sans prendre quelques qualifications qui témoignaient du peu de cas qu'il faisait de lui-même. Son esprit de pauvreté était parfait, sa simplicité admirable, et avec cela il était d'une piété douce et aisée qui plaisait à tout le monde. Nous aimions à l'entendre, pendant les récréations du soir, réjouir tous les petits Frères réunis autour de lui, par quelques-uns de ces anciens cantiques, si simples et si beaux, qui rappellent le vieux temps et le vieux langage, et qu'il leur chantait d'une voix douce, mais tremblante et cassée. Le cher Frère Laurent nous rappelait le bon Frère Damien, le bon Frère Dorothée et tous ces Anciens qui ont assisté au berceau de la Société et qui, presque tous, ont un cachet particulier de simplicité, d'humilité, d'esprit de mortification et de pauvreté, de dévouement à l'Institut et de zèle pour l'enseignement de la Religion. Il est mort plein de calme et de résignation, priant Dieu continuellement et ne cessant de remuer les lèvres pour prier qu'en cessant de respirer.

 Ce sont là les vrais Frères de Marie, il faut absolument que nous les fassions revivre dans la Société, en imitant leurs vertus et en conservant leur esprit.

 Le bon Frère Antoine a été, lui aussi, un des plus fidèles disciples de notre pieux Fondateur. Il est resté sur la brèche jusqu'à ces derniers moments ; il est mort dans l'Etablissement d'Ampuis, qu'il dirigeait depuis plusieurs années. Sa dernière maladie n'a été que de huit jours ; mais vous savez depuis combien de temps il souffrait de la violente oppression dont il était atteint. Tout le monde a été édifié de son empressement à demander les derniers Sacrements, de sa ferveur en les recevant, de sa piété et de sa résignation pendant sa maladie. Jusque dans le délire de l'agonie, il ne répétait que ces paroles pieuses qui dénotent un cœur tout plein de l'amour de Dieu et qui n'a jamais connu que la vertu. Apprenons de ces saints et consolants exemples à vivre saintement nous-mêmes, à être toujours de bons religieux, afin que nous puissions aussi goûter les douceurs d'une mort sainte et précieuse devant Dieu.

 Je termine, N. T. C. F., en vous rappelant que la Règle veut que nous consacrions le mois d'août à la sainte Vierge, d'une manière toute spéciale. Efforçons-nous donc de le passer bien religieusement, et pour cela. appliquons-nous à être plus recueillis pendant ce mois, plus exacts à notre Règle, plus attentifs à bien faire tous nos exercices de piété. Tâchons de redoubler de zèle pour l'instruction religieuse de nos enfants, recourons plus souvent à notre bonne Mère et faisons toutes les semaines quelques Catéchismes bien préparés sur l'excellence et les avantages de sa dévotion. Il faut nous disposer, par un redoublement de ferveur, à bien célébrer la fête de l'Assomption, qui est la fête patronale de la Société. Nous y sommes tout particulièrement obligés, cette année, à cause des grandes grâces que la sainte Vierge nous a obtenues. Travaillez aussi à y préparer vos enfants, en les engageant à s'approcher des Sacrements ce jour-là, autant que possible. Pendant l'octave de la fête, on dira, tous les jours, le Veni Creator et le Souvenez-vous, pour obtenir la grâce de faire une bonne retraite et de passer saintement les vacances.

 La présente Circulaire sera lue en communauté, à l'heure ordinaire de la lecture spirituelle, le premier jour après sa réception.

 Nous quittons Paris demain, le Frère Assistant pour retourner à la Maison-Mère, et moi pour faire la visite de la Province du Nord et présider à la retraite de Beaucamps.

 Que la grâce et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec nous !

En attendant le plaisir de vous voir tous, je suis avec la plus tendre affection, en Jésus, Marie, Joseph,

Nos très chers Frères,

Votre humble et très dévoué serviteur,

            F. François.

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[1]  « Soyez tranquilles, nous disait le bon Frère Laurent sur son lit de  mort, soyez tranquilles ; quand je serai là-haut avec le Père Champagnat, vous verrez que nous arrangerons toutes les affaires tous les deux ». C'était quelques jours avant notre départ pour Paris, et qui sait si cette parole, dite en toute simplicité par le bon Frère, dont la piété et la vertu vous sont si connues, n'a pas été prononcée par une secrète inspiration de Dieu, pour nous faire remarquer la protection sensible que nous devions recevoir en cette circonstance, de notre pieux Fondateur et des bons Frères qu'il a déjà réunis autour de lui, aux pieds de Marie, notre commune Mère ?

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