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Circulaires 55

 

Br. François
24/02/1854 - Vol. II, n. 14
Circular 55


Mort des FF Stanislas, Calixte, etc., et qqs mots sur la construction de Saint-Genis-Laval - 190 Convocation de la 3e session du Chapitre général , 192 Les membres du Chapitre général à  tous les membres de  l'Institut

055

51.01.01.1854.1

 1854/02/24

 V. J. M. J.

Notre-Dame de l'Hermitage, 24 février 1854.

     Mes très chers Frères,

 Il ne, s'est écoulé que quelques mois encore depuis notre dernière Retraite, et déjà la mort a fait de nombreuses victimes parmi nous. Dans ce court espace de temps, neuf de nos Confrères ont eu à rendre leurs comptes à Dieu et sont entrés clans la maison de leur éternité.

 Le premier est notre cher Frère Arpin, qui est mort le 7 septembre, âgé de 24 ans, après 7 ans de communauté et dans la seconde année de sa profession religieuse. Sa mort a été des plus douces et des plus édifiantes.

 Le jeune Frère Echard l'a suivi de bien près, il est mort le 31 octobre, à l'âge de 20 ans, après 6 ans de communauté, et dans la seconde année de son vœu d'obéissance. Il a reçu tous les secours de la religion, et il a rendu ,on âme à Dieu, sans agonie, avec une paix et une résignation parfaites, au moment même où le prêtre finissait de l'administrer.

 Deux jours après, le mercredi, 2 novembre, nous avons perdu le bon Frère Stanislas, l'un des premiers et des plus fidèles disciples de M. Champagnat, notre pieux Fondateur. Il est mort à 55 ans, après 32 ans de communauté et 27 ans de profession.

 Rien de plus touchant, ni de plus édifiant que la mort de cet excellent Frère, tant il est vrai que la mort est l'écho de la vie, et qu'on recueille alors ce qu'on a semé. Associé dès le principe à toutes les peines et à tous les travaux de notre bon Père, dans tous les temps, fidèle imitateur de ses vertus et animé de son esprit, il on a été la copie vivante jusqu'à la fin. Il est mort au même âge de la même maladie, avec les mêmes circonstances, et nous donnant à tous les mêmes exemples de patience, de résignation et de ferveur.

 Toutes les vertus religieuses ont éclaté dans le bon Frère Stanislas, et il les a même portées à un haut degré ;  mais le caractère particulier qu'elles ont revêtu en lui, c'est la générosité, c'est la constance. On ne peut se rappeler la vie de ce Frère, sans reconnaître que rien n'a jamais pu ni ralentir sa ferveur ni ébranler son courage.

 Constant et généreux dans sa vocation, il l'a toujours aimée et estimée plus que tous les biens du monde, s'y affectionnant plus encore par les sacrifices qu'elle lui imposait que par toute autre considération. Chaque jour, il bénissait Dieu de l'avoir appelé à la Société de Marie, et son attachement pour son saint état était si connu que, pendant ses trente-deux ans de communauté, malgré les nombreuses défections dont il a été témoin, jamais personne n'a osé lui dire même une parole qui tendît à l'en détourner, tant on était sûr d'avance qu'il la rejetterait avec une souveraine horreur.

 Constant et généreux dans son amour et son dévouement pour l'Institut, il s'est consacré, dans tous les temps avec l'abnégation la plus absolue de lui-même, il tout ce qui pouvait en procurer le bien et l'avancement. Profondément convaincu, comme M. Champagnat, que le bon Dieu voulait notre œuvre, comme lui, il n'a jamais douté de rien, dans quelques difficultés que la Congrégation se soit trouvée. Son mot était : Le bon Dieu et la Vierge nous ont toujours aidés, ayons confiance, ils ne nous abandonneront pas.

 En 1825, alors que M. Champagnat, atteint d'une maladie jugée mortelle, était à l'extrémité, alors que tous les Frères et les Pères mêmes qui se trouvaient dans la Maison, étaient complètement découragés, que des dettes énormes pesaient sur l'Institut et qu'on n'avait nul moyen et presque nul espoir d'y faire face, que tous, du moins à la Maison-Mère, songeaient plutôt à se disperser qu'à faire un dernier effort pour vaincre les difficultés du moment, le Frère Stanislas fut seul à soutenir le courage de tous, seul à passer les jours et les nuits au chevet du bon Père pour lui prodiguer ses soins, seul à suivre les personnes bienfaisantes de la ville de Saint-Chamond pour les déterminer à venir en aide à la Congrégation sur le point de périr, seul, enfin, à espérer contre toute espérance et à tout attendre du secours d'en-haut. Oui, l'Institut devra une éternelle reconnaissance à ce bon Frère pour le courage, pour la constance et la fermeté dont il fit preuve dans cette circonstance si critique et si difficile. Mais ces dispositions du bon Frère ont été les mêmes dans tous les temps. Au milieu des événements politiques les plus inquiétants, au milieu des embarras financiers les plus extrêmes, après les défections les plus marquantes, toujours il avait un expédient à offrir pour -vaincre les difficultés; toujours il avait une parole d'encouragement et d'espérance pour consoler d'une perte, pour rassurer contre une appréhension,

 Sa constance dans ses devoirs envers Dieu, dans ses exercices de piété, n'a pas été moins admirable. Jamais ni ses courses multipliées à Saint-Chamond et aux environs pour les approvisionnements de la Maison, ni les soins de la cuisine et de tout le temporel de la Communauté, ni aucune autre occupation n'ont pu lui faire manquer son Oraison, son Chapelet, ses Communions, la Messe, ni aucun de ses exercices de Règle. Mais cette fidélité à ses devoirs religieux a paru surtout dans sa longue maladie. Il n'en pouvait plus, il avait peine à faire un pas qu'il se rendait encore à l'oraison de la Communauté et à la Messe qui la suit, et aux instructions du Dimanche ; il y allait, le bon Frère, en se traînant comme il pouvait le long des murs, en s'appuyant sur les bras de ses Confrères. A la fin, quand il ne lui a plus été possible d'articuler lui-même ses prières, il a fallu qu'on les fit à côté de son lit, et qu'il les entendît au moins en s'y unissant de toute son âme. Quel exemple pour nous, M. T. C. F. ! Quel motif d'être toujours fidèles à nos saints exercices, afin de mériter cette constance à les faire, si consolante et si édifiante à la mort !

 Que vous dirons-nous de son persévérant amour pour Jésus-Christ, de sa tendre dévotion à la sainte Vierge, du zèle qu'il a mis dans tous les temps, à orner leurs autels, à relever la pompe de leurs fêtes, à embellir nos cérémonies, à rendre nos offices aussi solennels que possible ? Vous le savez, tout dans notre Chapelle est dû à ce zèle aussi industrieux que persévérant ; mais ce qui doit surtout ici nous édifier dans ce bon Frère, ce sont les sentiments intérieurs de piété et d'amour qui le dirigeaient dans tous ces actes extérieurs du zèle, Personne de nous ne pourra oublier avec quelle ardente piété, prosterné au milieu du sanctuaire, les yeux amoureusement fixés sur l'image de Marie, il s'adressait à cette bonne Mère, avec quelle ferveur il a toujours fait toutes ses Communions et multiplié ses visites au Saint-Sacrement. C'est sans doute pour récompenser son tendre amour envers lui que Notre Seigneur lui a fait la grâce insigne de ne manquer aucune de ses Communions de Règle, jusqu'à la fin et de pouvoir toutes les faire à jeun. Les cinq derniers jours de sa vie, excepté le lundi, ont été des jours de communion. C'est une faveur qu'il n'a partagée qu'avec le cher Frère Louis.

 Il ne m’est pas possible, M. T. C. F., de suivre en détail toutes les vertus de ce bon Frère, nous espérons d'y revenir plus tard en vous donnant la vie de notre pieux Fondateur auquel il était si dévoué ; mais je ne puis m'empêcher de vous dire encore un mot de son invariable attachement pour ses Supérieurs et de son tendre amour pour tous les Frères.

 Nous savons, nous, combien il aimait ses Supérieurs, combien il leur était attaché et dévoué, comme il compatissait à toutes leurs peines, quel était son désir de les aider et de les soulager. Jamais il n'a manqué à les soutenir en toute occasion, jamais il n'a connu d'autre parti, d'autres intérêts que ceux de la Règle et de l'Autorité. Ce qu'il était à l'égard de M. Champagnat sous ce rapport, il l'a toujours été envers nous. Jusqu'à son dernier soupir, ses attentions pour ceux qui lui tenaient la place de Dieu, ont été telles que, quelques instants encore avant d'expirer, il ne pouvait consentir à me laisser debout près de son lit, il me priait avec instance de m'asseoir pour ne pas trop me fatiguer.

 Son amour pour tous les Membres de l'Institut n'a pas été moindre. Il suffisait qu'un jeune homme eût mis le pied au Noviciat pour qu'il l'aimât avec une tendresse dont il n'était plus maître. C'était lui arracher l'âme que de parler d'éloigner un sujet de la Congrégation, et il avait le cœur déchiré toutes les fois qu'il en voyait partir quelqu'un. Aussi, quel est le Frère qu'il n'a pas encouragé dans sa vocation, qu'il n'a pas consolé dans ses peines? Quel est celui auquel il n'ait pas donné quelques soins, adressé quelques paroles d'édification? Et, il faut bien le reconnaître, il y avait dans le Frère Stanislas un tel dévouement à l'Institut, un tel attachement pour tous les Frères, et cette disposition, jointe à l'abnégation la plus complète de lui-même, donnait une telle force, une telle énergie à sa volonté, à ses paroles, à ses mouvements, qu'il n'y avait presque pas possibilité de lui résister. Que de Frères, que de Postulants doivent à l'ardeur et à l'entraînement de ses conseils et de ses exhortations d'avoir surmonté les premiers ennuis du Noviciat et persévéré dans leur vocation !

 Au reste, personne, rie pouvait se défendre de l'espèce d'éloquence naturelle que lui donnaient son amour pour l'Institut et son désir du bien. Quoique sans instruction, sachant à peine lire, il trouvait toujours dans les sentiments de son cœur, dans l'énergie de sa volonté ,et dans la justesse de son esprit, tout ce qu'il y avait de plus agréable à dire, de plus touchant à représenter, quand il avait à intéresser quelqu'un aux besoins de la Congrégation.

 Tel a été, toute sa vie, notre bon et bien regretté Frère Stanislas. Dieu seul connaît tout ce qu'il a fait et souffert pour le bien de l'Institut ; mais aussi il l'en a abondamment récompensé, en lui donnant, à la fin de ses jours, la part qu'il a faite à ses Elus, la part qu'il a faite à Marie, à ses Apôtres, à tous les Saints, qu'il a faite au bon Père Champagnat, je veux dire, une part abondante à son calice d'amertume et à sa croix. Pendant près de trois ans, le bon Frère a été en proie aux douleurs d'une maladie dont la violence et la longueur seules ont pu briser une santé jusque-là à toute épreuve. Il n'a succombé qu'après être arrivé au dernier degré de la maigreur et de l'épuisement. Au milieu de tous ses maux, sa constance ne s'est point démentie ; sa patience et sa résignation ont été parfaites jusqu'à la fin, et il en est venu à accepter même, avec soumission, ce qu'il y a eu de plus pénible pour lui dans toute sa maladie, l'inaction à laquelle elle le condamnait. Il s'est connu jusqu'au dernier moment, et il a rendu son âme à Dieu en prononçant les saints noms de Jésus, Marie, Joseph, après avoir baisé affectueusement sa croix de Prof ès et renouvelé ses vœux avec une ferveur tout extraordinaire.

 Le 26 du même mois, le cher Frère Callixte a aussi consommé son sacrifice. Il désirait ardemment de mourir un samedi, et le bon Dieu lui a fait cette grâce. Il est mort âgé de 29 ans, après 15 ans de communauté et 7 ans de Profession. Il éprouvait une joie sensible de mourir dans sa vocation et dans la Société de Marie, s'estimant bien plus heureux d'avoir appris à faire le signe de la croix à quelques petits enfants, que de toutes les heures qu'il avait passées aux sciences naturelles dont il s'occupait depuis quelques années. « Oh ! s'écriait-il, le matin même du jour de sa mort, que je suis content de mourir dans la Société de Marie... Oui, je suis heureux, très heureux de mourir ainsi environné de mes Confrères et de tous les secours de la religion. »

 Le cher Frère Babylas est décédé le 16 janvier suivant, étouffé subitement par un engorgement de sang dans une de ses attaques d'épilepsie. Quelques instants auparavant, il était dans la chambre d'un des Frères Assistants, allant tout à son ordinaire ; hélas ! il ne se doutait pas le moins du monde, ni son confrère non plus, qu'un moment après il serait dans l'éternité !. Heureusement que c'était un ange de piété, un modèle accompli de toutes les vertus religieuses. Il avait communié la veille avec sa ferveur accoutumée, et depuis six ans qu'il était atteint de ce terrible mal, il se tenait prêt pour cet accident auquel il se voyait exposé d'un instant à l'autre. C'est un saint de plus dans le Ciel, s'est écrié son confesseur accouru à la nouvelle de sa mort. Cependant, M. T. C. F., recevons-la, cette mort, comme une grande leçon comme un terrible avertissement que le bon Dieu nous donne; apprenons de notre cher Confrère à nous tenir toujours prêts, car comme lui nous pouvons être Pris subitement, ne le soyons pas inopinément.

 Il avait 33 ans, 15 ans de communauté et 14 ans de profession.

 A La Bégude, nous avons perdu le cher Frère Austremoine, qui est décédé dans sa famille, le 2 février, à l'âge de 28 ans, après 7 ans de Communauté et 2 ans de profession. C'était un très bon Frère, qui promettait beaucoup, mais une maladie de langueur, venue à la suite d'une course un peu forcée, nous l'a enlevé prématurément.

 A Beaucamps, le cher Frère Crispe est décédé le lendemain, 3 février, âgé de 23 ans, après 7 ans de communauté, et dans la 6ièmeannée de son vœu d'obéissance. La mort de ce bon Frère a été, comme sa vie, pleine d'édification; il l'a vue venir avec une joie toute particulière qui étonnait même les Frères qui le servaient.

 A Saint-Paul-trois-Châteaux, les deux jeunes Frères novices, Dieudonné et Calybite, sont décédés l'un en novembre et l'autre en janvier, munis tous les deux de tous les secours de la religion et dans de saintes dispositions.

 J'ai la confiance, M. T. C. F., que ces détails sur nos chers Défunts, en même temps qu'ils vous consoleront de leur perte et vous exciteront de nouveau à prier pour eux, serviront aussi très puissamment à vous porter à la vertu et à vous affermir dans l'amour de votre saint état. Qu'est-ce, en effet, qui peut consoler un Frère à la mort et le rassurer contre toutes ses frayeurs, si ce n'est le souvenir des bonnes œuvres qu'il aura faites, sa fidélité à la Règle, son zèle pour le salut des enfants, l'amour et la pratique de tous ses devoirs? Hâtons-nous donc de faire le bien pendant que nous en avons le temps, veillons et prions, tenons-nous prêts, afin de paraître avec confiance devant le tribunal de Notre-Seigneur Jésus-Christ aussi de plus en plus à notre sainte vocation, dans laquelle il est si doux de mourir. Quoi de plus propre à nous la faire aimer et estimer que de voir tous ceux qui meurent dans la Congrégation, finir leurs jours au milieu de toutes les consolations de la Foi, de tous les secours de la religion, et avec des marques comme évidentes de salut et de prédestination !  

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J'ai maintenant à vous dire un mot de notre construction de Saint -Genis-Laval. Nous serions dans l'intention d'en jeter les fondations cette année, et d'en élever même une partie, s'il y a possibilité. Vous savez combien l'insuffisance de la Maison-Mère pour les besoins toujours croissants de la Congrégation, rend urgente cette construction. Mais, pour l'entreprendre, il nous faut le concours le plus actif et le plus dévoué de tous les Membres de l'Institut. On ne porte pas à moins de quatre cent mille francs les dépenses auxquelles elle nous entraînera, et, pour y faire face, nous n'avons que vos petites économies. La propriété de la Grange-Payre, que nous avons mise en vente, suffira à peine pour solder notre acquisition de l'année dernière.

 Redoublez donc et redoublons tous d'attention, d'ordre et d'économie dans le soin et l'administration des choses qui nous sont confiées, objets mobiliers, objets classiques, vestiaire, finances, etc., de manière que les dépenses générales de chaque Maison et les dépenses particulières de chaque Frère, soient aussi réduites que possible. Notre intention n'est pas de vous demander aucune privation extraordinaire, ni de rien retrancher à ce que la Règle vous accorde à tous, surtout en ce qui concerne la nourriture ; mais on peut toujours user des choses avec plus de soins, on peut éviter ou renvoyer certaines dépenses qui ne sont pas indispensables ; on peut épargner les frais d'un voyage, d'une correspondance peu utiles, diminuer les frais de bureaux, faire, enfin, un bon nombre de petites économies, qui, répétées chaque jour, dans deux cent quarante maisons, par douze à treize cents personnes, donnent en définitive un résultat très important.

 L’œuvre que nous avons en vue, est une œuvre commune à tout l’Institut, puisqu'il s'agit de la Maison-Mère qui en doit être le centre, et que d'ailleurs nous n'avons tous qu'un seul et même intérêt. Nous voulons donc que tout l'institut y concoure et fasse un effort pour nous mettre à même de l'entreprendre.

 A cette fin, dans les trois Provinces du Centre, du Nord et du Midi :

 1° Tous les Frères qui pourront nous venir en aide en quelque chose sur leurs biens patrimoniaux ou par leurs familles, sont autorisés et engagés à le faire. Chacun nous fera connaître dans les lettres de mars ou de mai, pour quelle somme il lui sera possible de souscrire à l’œuvre, et cette somme restera fidèlement inscrite dans les registres de la Maison-Mère.

 2° Les Frères et les Postulants qui seraient en retard pour la pension du Noviciat, sont spécialement invités à s'entendre avec leurs parents pour qu'elle soit soldée le plus tôt possible.

 3° Je désire que, dans chaque Etablissement, à force de soins et d'économie (toujours le nécessaire selon la Règle à part), ou même en faisant un appel à la charité des personnes bienfaisantes et aisées de la localité, on arrive à réaliser au moins -une somme de cinquante francs par Frère, qui puisse être spécialement appliquée à notre construction. Cette somme nous serait adressée, le plus tôt possible, par chaque Frère Directeur, en billets de banque dans une lettre chargée, ou par un mandat dont il nous donnerait l'échéance et que nous tirerions sur l'Etablissement.

 Ce n'est que sur ce secours extraordinaire que nous pouvons compter pour couvrir les premiers frais.

 J'ai dû, M. T. C. F., vous donner ces avis et vous faire connaître toutes mes intentions, parce que le bon Dieu veut qu'en tout nous fassions de notre côté tout ce qui est en notre pouvoir pour faire réussir les œuvres dont il nous charge ; mais je dois vous ajouter après cela que toute notre confiance est dans le secours de la divine Providence qui nous a toujours si visiblement assistés. Nous croyons que cette œuvre vient de Dieu, que c'est lui qui l'a préparée et qui nous met dans la nécessité de l'entreprendre ; nous savons qu'elle était dans la pensée de notre pieux Fondateur qui, plusieurs années avant sa mort, avait déjà fait des démarches pour avoir une Maison plus sainement placée et plus rapprochée de Lyon ; c'est pour cela que, quoique cette œuvre soit bien au-dessus de nos forces et de toutes nos ressources, nous l'entreprenons avec confiance, persuadés que le bon Dieu la fera réussir malgré les difficultés presque insurmontables qu'elle semble présenter aujourd'hui. Recommandons-la à son bon plaisir dans toutes nos prières et dans tous nos exercices de piété. 

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Je rappelle de nouveau à tous les Frères qui ont à nous écrire, à moi ou aux Frères Assistants, qu'ils doivent eux-mêmes cacheter leurs lettres, quel qu'en soit le contenu. La Règle est positive sur ce point, et je tiens à ce qu'on n'y manque pas. N'oubliez pas non plus d'écrire ensemble au temps marqué, et de vous servir d'un papier mince et léger. Il arrive encore que, faute de ces précautions, nous avons à payer des ports inutiles ou des doubles ports. 

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J'ai spécialement recommandé aux Frères Visiteurs, dans l'examen qu'ils doivent faire des Frères, d'appuyer sur le catéchisme, les Prières de Règle et la Méthode. le vois de plus en plus, aux notes qui me sont transmises, combien cette recommandation est nécessaire. Que les Frères Directeurs tiennent fortement de leur côté, à les faire étudier et réciter à leurs Frères, comme il est marqué dans la Règle, et que personne à l'avenir ne se trouve en retard sur ces parties essentielles.

 Quant aux compositions en Ecriture, en Lecture, en Orthographe et en Arithmétique, il faut aussi qu'elles se fassent très régulièrement. Il est entendu que les compositions des Frères Directeurs, quoique prises en commun, ne seront pas proclamées et ne seront connues que de nous, et que celles des Frères Profès ne se feront aussi qu'entre eux et ne se publieront que devant eux et devant les Frères Directeurs.

 On nous fait observer qu'en général, on n'est pas assez exercé pour la pratique de l'Arithmétique ; en fait de science profane, c'est peut-être la partie qui laisse le plus à désirer pour le moment. N'oublions pas, M. T. C. F., que pour faire le bien, nous avons besoin, non seulement de donner une solide instruction religieuse à nos enfants, ce qui sans doute est le plus important, mais aussi de rivaliser avec les autres écoles sur toutes les parties essentielles de l'instruction primaire. Il faut donc que nous soyons tous et toujours des hommes d'étude, des hommes de travail, et c'est pour en maintenir le goût et la pratique parmi nous, que nous avons établi ces examens et ces concours qui, comme vous le voyez, ne peuvent que vous être extrêmement utiles, et ne sont pour les Frères Visiteurs qu'une charge ajoutée à toutes celles, déjà bien lourdes, qui sont imposées a leur zèle et  leur dévouement. 

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La troisième et dernière Session du Chapitre Général de l'Institut, convoquée par notre Circulaire du 17 avril 1852, s'ouvrira le 1iermal prochain. Les Frères Capitulants devront être arrivés à la Maison-Mère, le samedi, 29 avril afin d'avoir ce jour et le dimanche suivant pour se recueillir et se préparer aux travaux du Chapitre.

 Dans cette Session, on s'occupera principalement des Règles du Gouvernement de l'Institut. C'est la partie la plus importante du travail que la Congrégation a demandé au zèle, aux lumières et au dévouement des Frères Capitulants, puisqu'ils auront à arrêter, dans cette Assemblée, les Constitutions de l'Institut et tout l'ensemble de son Gouvernement.

 C'est vous dire, M. T. C. F., combien nous avons besoin de redoubler nos prières et nos supplications auprès du bon Dieu et de la Sainte Vierge, notre bonne Mère, pour obtenir les lumières du Saint-Esprit et l'assistance divine sur tous les membres du Chapitre, afin que tout se fasse selon l'esprit de Dieu, l'esprit de Marie, c’est-à-dire, selon l'esprit de notre pieux Fondateur qui en a été si abondamment rempli.

 A cette fin, on fera les mêmes prières qui ont été prescrites par notre Circulaire du 9 avril 1853. Elles commenceront le 1ier mai prochain, et elles se feront jusqu'au 4 juin, fête de la Pentecôte, inclusivement.

 1° Tous les matins, après le Salve Regina, on récitera le Veni Creator avec l'oraison Deus, qui' corda fidelium  et trois Ave Maria.

 2° Le soir, à l'Office, on ajoutera les Litanies de saint Joseph.

 3° On dira le Souvenez-vous à la suite de la prière du soir.

 4° Toutes les prières et tous les exercices de piété, le Chapelet, la sainte Messe, les Communions, etc., etc., seront offerts pendant toute la durée du Chapitre, et à la même ]Intention.

 5° En outre, chacun aura soin de se prescrire et de faire en son particulier quelques actes de vertus, d'offrir à Dieu toutes ses actions et lotit ce qu'il fera polir obtenir de sa divine bonté qu'il bénisse cette Assemblée, et qu'il fasse tourner à sa gloire tout ce qui s'y fera. 

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Les Frères qui désirent faire profession ou émettre le vœu d'obéissance à la Retraite prochaine, nous en adresseront la demande dans leurs lettres des mois de mars ou de mal, afin que nous puissions l'examiner avec eux pendant, l'année, et leur dire ce qu'ils auront, à faire.

 Je vous recommande de nouveau de favoriser autant qu'il dépendra de vous les vocations religieuses, et de les susciter même avec prudence parmi les enfants et les jeunes gens avec lesquels vous êtes en rapport. Le besoin de sujets se fait toujours sentir de plus en plus ; jamais nous n'avons été plus pressés de demandes d'Etablissements que nous le sommes aujourd'hui.

 Recevez la nouvelle assurance du respectueux attachement avec lequel je suis, en l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ,

Mes Très Chers Frères,

Votre très humble et très dévoué serviteur,

       F. François. 

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