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Circulaires 64

 

Br. François
02/02/1858 - Vol. II, n. 23
Circular 64


064

51.01.01.1858.1

1858/02/02

 V. J. M. J

Notre-Dame de l'Hermitage, le 2 février 1858.

Fête de la Purification de la Sainte Vierge.

     Mes très chers Frères,

 Nous commençons la quarante et unième année depuis que le Révérend Père Champagnat a jeté les fondements de la Congrégation dans une humble et pauvre maison de Lavalla.

 Semblable au grain de sénevé dont parle l'Evangile, cette Congrégation, si petite à son origine, a grandi, s'est étendue et développée au point qu'elle est devenue comme un grand arbre, où viennent s'abriter loin du inonde, une multitude de jeunes gens et avec eux des masses d'enfants.

 Or, c'est à la protection de Marie qu'est dû le succès de cette œuvre et son prodigieux accroissement. En lisant la Vie du pieux Fondateur, vous avez remarqué comme nous, M. T. C. F., qu'elle n'est que le récit détaillé des bontés et des bienfaits de Marie, et sur lui et sur son œuvre.

 C'est le nom béni de Marie qui a donné la vie à la Congrégation. Nous lui devons nos premiers Frères, et les exemples de piété, de ferveur et de dévouement qu'ils nous ont laissés. S'ils ont partagé si généreusement, avec le P. Champagnat, la pauvreté, les travaux et les épreuves de toutes sortes qui ont marqué les premières années de la Congrégation, c'est Marie qui leur en a donné le courage. «Nous n'avions disent-ils eux-mêmes, pour dortoir qu'une grange, pour lit qu'un peu de paille, pour toute nourriture que du pain noir tombant en lambeaux et quelques légumes; pour occupation, du matin au soir, qu'un travail manuel très pénible, et pourtant rien au inonde n'aurait pu nous détourner de notre vocation. Ah ! c'est que dans cette maison où ne brillait que la pauvreté, on professait une dévotion sans borne pour Marie, c'est qu'en nous recevant, le P. Champagnat nous avait parlé de Marie avec tant d'amour qu'il nous avait attachés à elle pour jamais. » Aujourd'hui encore, c'est le nom si doux de Marie qui est le premier soutien de nos Maisons de Noviciat, et qui y attire chaque année de nombreux Postulants.

 La protection de Marie sur l'Institut a été si constante et si visible, que le pieux Fondateur ne l'appelait autrement que sa ressource ordinaire. Dans les besoins les plus pressants, dans les nécessités les plus extrêmes, Allons, disait-il, allons à notre ressource ordinaire. Nous irons à Marie, notre ressource ordinaire. Et de fait, l'assistance maternelle et toute-puissante de Marie n'a jamais fait défaut ni au Fondateur ni à ses enfants. Dans tous les temps et dans toutes les circonstances, après des épreuves plus ou moins longues, plus ou moins pénibles, elle a constamment pourvu à tous leurs besoins, elle a aplani toutes les difficultés.

 En 1825, quand la maladie du P. Champagnat eut jeté le découragement dans tous les esprits, et que les créanciers effrayés menaçaient la maison dune saisie générale, Marie envoie à son secours l'Ecclésiastique même qui avait été le plus fortement prévenu contre le bon Père ; l'excellent M. Dervieux se fit sa caution et se chargea lui-même de payer toutes les dettes.

 Les provisions de la Communauté sont complètement épuisées, et l’Econome ne sait comment les renouveler. Marie y pourvoit, en inspirant à une personne charitable d'apporter, ce jour même, le prix de trente sacs de farine, ce qu'il fallait à la petite Communauté pour passer l'hiver.

 Le P. Champagnat est harcelé par un créancier avide, qui lui redemande avec menaces une somme qu'on est dans l'impossibilité de fournir; mais le bon Père va à sa ressource ordinaire, et à peine l'a-t-il priée quelques instants, qu'un pieux bienfaiteur l'appelle au parloir, et lui remet la somme qu'on lui demande.

 Ainsi, en toute occasion, par une attention continuelle de sa bonté, Marie nous a doublement assistés, et en éloignant de la Communauté le luxe et le superflu, et en ne la laissant jamais manquer du nécessaire. Aujourd'hui encore, quelle autre que Marie inspire à tous les Frères cet esprit de famille, ce dévouement admirable qui les porte, malgré la rigueur des temps, à faire de si généreux sacrifices pour le bien général de la Congrégation ! Oh ! oui, M. T. C. F., Marie est vraiment notre ressource, notre ressource de tous les temps, notre ressource de tous les jours, notre ressource dans tous les besoins intérieurs et extérieurs 1 Continuons à rappeler succinctement quelques faits.

 L'autorité du Fondateur est menacée par de scandaleuses intrigues qui peuvent altérer son œuvre et diviser les esprits. Mais l'amour de Marie a tellement uni le père et les enfants, que rien ne pourra les séparer, pas même l'humilité du bon Père qui, disait-il, aurait voulu les voir passer en de meilleures mains.

 L'esprit de cabale et de révolte s'empare de quelques Frères, et, essaie d'entraver des mesures pleines de sagesse que le bien de la Congrégation demande. Aussitôt se forme, aux pieds des autels, le camp des enfants de Marie, et, à la voix du pieux Fondateur, tous ceux qui sont et veulent être tout à elle, s'y précipitent, ne laissant dans le camp opposé que deux rebelles, qui le lendemain, emportent avec eux dans le monde l'esprit d'orgueil et d'insubordination.

 De déplorables défections viennent attrister la Communauté, et mettre son Fondateur dans d'extrêmes embarras.Marie les répare (et les a toujours réparés) si avantageusement, que le bon Père ne craignait pas de dire que la Congrégation lui doit autant pour les sujets qu'elle en a exclus à cause de leur mauvais esprit, que pour les bons Frères qu'elle lui ménage et lui conserve.

 Les événements qui s'accomplissent en 1830, jettent tout le monde dans les plus vives appréhensions. Le P. Champagnat les partage lui-même ; mais sa confiance est en Marie, et il n'en poursuit pas moins son œuvre, laissant à Celle qui est sa ressource ordinaire de protéger ses enfants. Tout son secours, toute sa défense, c'est d'ajouter à ses pratiques de dévotion envers Marie le chant du Salve Regina, le matin ; et depuis bientôt trente ans, la Congrégation y trouve sa sûreté contre tous les dangers qui ont pu la menacer, et dont elle a toujours été heureusement préservée.

 Après 1830, tout semblait désespéré pour soustraire les Frères au service militaire, qui, en quelques années, allait infailliblement dépeupler le Noviciat. Marie ouvre alors à ses Frères la porte de la Maison de Saint-Paul-trois-Châteaux, et leur fait partager le bénéfice de l'exemption dont elle jouit. L'extrémité où ils se sont vus, n'aura d'autre effet que de les mettre en rapport avec les bons Frères du Midi, et de préparer ainsi la double union dont les conséquences ont été si heureuses pour tous.

 Cependant, le pieux Fondateur, épuisé de fatigues et de travaux, enrichi de mérites et de vertus, est mûr pour le Ciel, avant d'avoir atteint la carrière ordinaire de la vie, Dieu l'appelle à lui ; mais Marie n'en protégera pas moins son œuvre. Les Frères qui le remplacent, formés par lui et animés de son esprit, continueront le bien qu'il a commencé ; ils auront même la consolation de le voir s'affermir de plus en plus et s'étendre toujours davantage.

 Dix ans à peine se sont écoulés depuis la mort du Fondateur, que son Institut, augmenté des Maisons de Valence et de Viviers, occupe quinze à vingt départements; et cette diffusion est telle qu'avec la nouvelle loi sur l'enseignement, les autorisations restreintes dont il jouit, ne peuvent plus lui suffire : il va être complètement arrêté dans sa marche. Marie vient de nouveau à son secours. Depuis dix-sept ans, on récite chaque jour l'Ave maris Stella, pour demander la reconnaissance légale de la Congrégation; et cette prière persévérante, accompagnée des efforts non moins persévérants du Fondateur et de ses successeurs, obtient aux Petits Frères de Marie l'autorisation la plus large et la plus étendue qu'il leur fût possible de désirer.

 Enfin, par la protection de Marie, les Règles et les Constitutions de la Congrégation sont recueillies, ordonnées et définitivement adoptées par le Chapitre Général ; et, dans cette circonstance si décisive pour l'Institut, Marie dispose tellement tous les esprits et tous les cœurs, que jamais peut-être il n'y eut dans l'étude, l'examen et l'acceptation d'un corps de règles aussi complètes et aussi détaillées, ni une communauté plus parfaite de pensées et de vues, ni une conformité plus entière de sentiments et de volontés.

 Donc, M. T. C. F., nous pouvons bien le dire, Marie a tout fait parmi nous et pour nous, nous devons tout à cette bonne Mère. Si, aujourd'hui, la vigueur de la discipline religieuse est aussi forte dans la Congrégation qu'elle l'a jamais été, si l'union la plus parfaite règne en­tre tous les Frères, si la confiance et la soumission aux premiers Supérieurs ne laissent rien à désirer, si, en un mot, un excellent esprit anime tous les membres de l'Institut, c'est à Marie que nous en sommes redevables. Plus que personne, M. T. C. F., nous sommes à même de reconnaître avec quelle bonté Marie veille sur nous, avec quels soins elle nous aide et nous soutient. Nous sommes heureux de l'affirmer ici, dans les sentiments de notre amour et de notre reconnaissance, toutes les pensées, tous les projets utiles au bien de l'Institut nous viennent à la. suite de nos Neuvaines à Marie, à l'occasion d'une de ses Fêtes, dans l'un des mois que la Règle lui a spécialement consacrés. C'est dans ces temps et dans ces exercices de dévotion à Marie que nous voyons des vocations chancelantes se raffermir, des sujets dangereux s'éloigner, des communications importantes nous arriver, les Maisons se consolider, les Postulants se multiplier­, toutes les difficultés intérieures et extérieures s'aplanir comme d'elles-mêmes et disparaître. C'est là, M. T. C. F., ce qui nous soutient et nous encourage à travers tous les obstacles et toutes les difficultés ; c'est ce qui nous permet, malgré notre faiblesse, de tout entreprendre et de tout oser pour le bien de la Société.

 Aussi, M. T. C. F., à Dieu ne plaise que nous rappelions­ ici les bienfaits de Marie, pour nous y complaire d’une manière humaine et en tirer vanité. C'est, au contraire, pour lui renvoyer la gloire, et par elle à Jésus son divin Fils, de tout ce qui s'est fait de bien parmi ; c'est pour exalter sa puissance et sa bonté qui soutiennent la Congrégation et la font prospérer, no­nobstant notre faiblesse et notre ignorance, nonobstant nos fautes et nos manquements de chaque jour ; c'est pour ranimer notre confiance, notre amour et notre re­connaissance envers notre bonne Mère ; c'est, enfin, M. T. C. F., parce qu'après tant de faveurs de tous genres que nous lui devons, nous avons à lui en demander une nouvelle plus grande encore que toutes les autres, et qui doit y mettre comme le dernier sceau : l'insigne, l'inestimable faveur de l'autorisation de la Congrégation par le Saint-Siège apostolique.

 Oui, M. T. C. F., malgré notre extrême indignité, nous confiant en la protection de la bienheureuse et Immaculée Vierge Marie, que Pie IX a tant honorée et exaltée dans tout l'univers, nous avons résolu d'aller nous jeter aux pieds de Sa Sainteté pour la conjurer de bénir, de confirmer et d'approuver l'Institut des Petits Frères de Marie, avec ses Règles et ses Constitutions fondamentales.

 Oh ! combien, dans cette circonstance, nous avons besoin que Marie nous vienne en aide, et bénisse nos démarches et nos supplications ! Qui sommes-nous pour attirer les regards paternels du Souverain Pontife, pour incliner son cœur vers nous et mériter qu'il nous bénisse, qu'il approuve et confirme notre œuvre ? Non, il n'y a que Marie qui puisse nous inspirer le courage d'une telle entreprise, et nous donner la consolation de la voir réussir. Il faut donc que nous unissions toutes nos prières et tous nos vœux auprès de cette bonne Mère, la Mère et la Reine de la Sainte Eglise, pour que nous ayons le bonheur, sous le Suprême Pontificat d'un Pape qui lui est si dévoué, de voir autoriser et canoniquement ériger notre Congrégation.

 A ces fins, dans toutes les Maisons de l'Institut, à partir de la réception de la présente Circulaire et jusqu'à nouvel ordre :

 1° On fera mémoire tous les jours, à Vêpres et à Laudes, de l'Immaculée Conception de Marie.

 2° On terminera l'Oraison du matin par le Sub tuum et l'Ave maris Stella, et la Prière du soir par le Salve Regina.

 3° Dans tous les Etablissements, on dira avec les enfants, à la fin de la classe du matin, un Souvenez-vous.

 4° Le jeudi, ou le premier jour libre, après la réception de cette Circulaire, les Frères Directeurs feront dire une Messe, à laquelle tous assisteront et tâcheront de faire la communion.

 5° Enfin, toutes les Communions, tous les exercices de piété et toutes les bonnes œuvres qui se pratiqueront dans l'Institut, seront particulièrement offerts pour l'exaltation de la Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, et pour le Souverain Pontife, afin qu'il plaise à Notre-Seigneur et à Marie de disposer en notre faveur, et d'obtenir que notre demande soit favorablement accueillie.

 Je vous adresse le Mémoire ci-joint pour que, après en avoir pris connaissance vous-mêmes, vous l’offriez à Monsieur le Curé de la paroisse, en le priant de s'unir à nous pour obtenir de Dieu que nos démarches à Rome soient couronnées de succès. Déjà nous avons la consolation de vous annoncer que Nosseigneurs les Archevêques et Evêques auxquels nous l'avons adressé, y ont répondu avec une bonté admirable, et nous ont envoyé, pour le Souverain Pontife, les Lettres les plus encourageantes et les plus favorables.

 Nous avons donc l'espoir par la miséricorde de Dieu et la protection de Marie, si nous redoublons tous de prière et de ferveur, si nous nous dévouons avec un nouveau zèle à l'accomplissement de notre Règle et à l'instruction chrétienne de nos enfants, que notre demande sera favorablement reçue et que la bénédiction particulière du Vicaire de Jésus-Christ descendra sur nous et sur toute notre Œuvre.

 Comme nous devons nous absenter deux ou trois mois, avec le Frère Premier Assistant, vous comprendrez facilement quel surcroît de travail l'Administration de toutes les Maisons va apporter aux Frères qui nous remplacent. Vous vous efforcerez donc, plus que jamais, de bien remplir votre emploi, de manière à prévenir tout embarras quelconque pour les Frères Assistants, et, s'il est possible toute espèce de changement.

 Les demandes pour les vœux et pour les permissions de voyage seront remises au mois de mai. Vous serez même dispensés, pour cette fois, des lettres de direction du mois de mars ; vous vous contenterez des lettres d'affaires ou autres que des besoins particuliers vous obligeraient à écrire.

 C'est donc, M. T. C. F., sur le concours journalier et persévérant de vos prières et de vos bonnes œuvres que nous comptons pour le succès de notre -voyage. Nous ne cesserons nous-mêmes de vous recommander à Marie, afin que tous et en tout, nous accomplissions sa très sainte volonté et celle de Jésus, son divin Fils.

 C'est dans ces sentiments que je suis, avec la plus tendre affection, Mes très chers Frères,

Votre très humble et très dévoué Frère et serviteur,

      F. François.

 

P. S. - Je vous rappelle ici que vous ne devez accepter aucun abonnement de journal, de quelque manière qu'il vous soit présenté. Refusez les numéros qui vous sont envoyés, comme prospectus, sous condition d'abonnement s'ils sont acceptés.

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