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Marist Calendar - January

Circulaires 69

 

Br. François
31/12/1859 - Vol. II, n. 28
Circular 69


069

51.01.01.1859.3

 1859/12/31

 V. J. M. J.

Notre-Dame de Saint-Genis-Laval (Rhône), le 31 décembre 1859.

    Mes très chers Frères,

 Déjà plusieurs fois nous avons fait appel à votre zèle et à votre dévouement pour l’œuvre du Noviciat de Notre-Dame, et toujours vous avez répondu à nos demandes avec un empressement qui, en témoignant de votre bon esprit, nous a autant édifiés que consolés.

 Cependant, malgré nos communs efforts, notre œuvre n'est encore qu'à moitié réalisée. Il nous manque la partie essentielle, la Chapelle. Nous avons tous à répéter le vœu qu'exprimait notre pieux Fondateur, lorsqu'il jetait les fondements de la Congrégation dans la petite maison de Lavalla : « Quand aurons-nous le bon heur d'avoir une chapelle convenable où nous puissions faire nos cérémonies? » Tous, nous souffrons de voir le saint Sacrifice s'offrir, et Notre-Seigneur résider, au milieu de nous, dans un appartement commun et ordinaire, qui ne se prête ni au chant religieux, ni à aucune des cérémonies du culte.

 D'un autre côté, la pièce qui nous sert de chapelle provisoire est complètement insuffisante pour contenir la Communauté, surtout pendant les Retraites. Soit défaut d'étendue, soit défaut d'élévation, dès que les chaleurs arrivent, elle devient comme inhabitable. Vous savez combien d'entre vous se sont trouvés indisposés pendant les dernières Retraites, par suite de l'excessive chaleur qu'il y fait.

 Il y a donc urgence de commencer au plus tôt la chapelle de la Communauté; et c'est dans ce but que nous venons vous dire comme autrefois Moïse au peuple de Dieu pour la construction du Tabernacle : Mettez à part les prémices de vos biens, pour les offrir au Seigneur. (Exode, XX, 5.) Vous avez tant fait pour l’œuvre de Notre-Dame, lorsqu'il ne s'agissait que du Noviciat ; que ne ferez-vous pas aujourd'hui que nous avons à édifier la maison même de Dieu? Oui, j'en ai l'assurance, comme les enfants d'Israël, chacun de vous fera son offrande avec une volonté prompte et pleine d'affection. (Ibid., 21.) Notre appel s'adresse à tous les membres de l'Institut, anciens et nouveaux ; tous, vous aurez à cœur d'apporter, selon votre pouvoir, une pierre à l'édifice que nous devons élever à la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et à l'honneur de Notre-Dame, la divine Marie.

 Mais, M. T. C. F., ma pensée en vous recommandant cette œuvre, est de la faire servir d'abord à votre instruction et à votre édification, en vous développant quelques-unes des réflexions saintes et des considérations pieuses qui s'y rattachent. 

I. 

Il faut nous souvenir avant tout, que nous sommes les temples du Saint-Esprit, et que notre premier et, principal soin doit être de conserver sans tache, d'orner et d'embellir chaque jour ces temples vivants que nous avons à offrir au Seigneur. En conservant nos âmes et nos corps purs et saints devant Dieu, en cultivant avec zèle les âmes et les corps de nos enfants, qui, eux aussi, sont les temples du Saint-Esprit, nous mériterons mieux que par tout, autre moyen que, Dieu nous aide à édifier le temple matériel que nous voulons lui consacrer.

 Que le Chrétien soit, en effet, le temple de Dieu, le temple de l’Esprit-Saint, c'est le grand Apôtre lui-même qui nous l'enseigne dans ses deux Epîtres aux Fidèles de Corinthe. Ne savez-vous pas, dit-il dans la première, que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous? Et tirant aussitôt de cette vérité la conclusion pratique qui en découle pour la sainteté de la vie chrétienne, il l'explique et la confirme en ces termes : Or, si quelqu'un profane le temple de Dieu, Dieu le perdra. Car le temple de Dieu est saint ; et c'est vous qui êtes ce temple. (lCor., 111, 16, 17.) Dans le chapitre VI, il applique cette vérité au corps même du Chrétien : Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui réside en vous et que vous avez reçu de Dieu? Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres de Jésus-Christ? D'où il conclutégalement que nous devons glorifier Dieu et le porter, dans notre corps, et qu'abandonner Ce corps au péché serait arracher les membres mêmes de Jésus-Christ, pour en faire des membres d'iniquité, ce qu'à Dieu ne plaise !... ajoute l'Apôtre (1. Cor., VI, 15, 19, 20.)Quel accord, demande-t-il encore dans la seconde Epître, peut-il y avoir entre Jésus-Christ et Bélial? quelle société entre le Fidèle et l'infidèle? quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles? Car vous êtes le temple du Dieu vivant ; et c'est pourquoi, conclut-iltoujours, relirez-vous d'avec ces gens, séparez-vous d'eux, et ne touchez point à ce qui est impur. (11. Cor., VI, 15, 16, 17.) Vous voyez tout de suite, M. T. C. F., par ces enseignements du grand Apôtre, que tous les Chrétiens sont consacrés au Seigneur, qu'ils lui sont unis comme ses membres, qu'il doit être glorifié en eux comme dans ses temples et qu'ils ne peuvent, sans une profanation horrible, souiller la sainteté de leurs âmes et de leurs corps.

 Or, c'est d'abord dans le saint Baptême que nous avons reçu cette consécration divine qui nous fait membres de Jésus-Christ, et cette dédicace sacré, qui nous constitue les temples du Saint-Esprit.

 Comme, dans nos temples matériels, tout est bénit et sanctifié par des prières particulières, et marqué du signe de la Rédemption : l'autel, le tabernacle, les vases du sacrifice, les moindres ornements du Prêtre, et jusqu'aux murailles mêmes de l'édifice ; de telle sorte que tout ce qui sert au culte divin, est tiré du commun, séparé des objets profanes, et dédié, consacré au Seigneur : ainsi, dans le Baptême, l'enfant tout entier est marqué du sceau divin de la Croix, bénit et sanctifié par les prières de l'Eglise, purifié par l'ablution sainte qui, en lavant extérieurement son corps, signifie et opère intérieurement l'ablution spirituelle de son âme dans le sang de Jésus-Christ.

 Le signe de la Croix est imprimé sur le front et sur la poitrine de l'enfant ; le sel de la sagesse est appliqué à .sa bouche ; le souffle du Prêtre appelle sur lui l'Esprit de Dieu dont il est le symbole ; sa salive prépare ses oreilles à entendre la parole divine, et son odorat à la savourer ; sa main sacrée, en reposant sur sa tête, semble le protéger contre les attaques de l'esprit immonde et maudit, pendant que ses conjurations répétées le forcent à l'abandonner; enfin, il fait couler sur lui l'eau régénératrice qui lui donne comme une nouvelle création, l'élève à la dignité d'enfant de Dieu, de frère de Jésus-Christ, et l'associe à son sacerdoce et à sa royauté. Pour vous, dit saint Pierre, vous êtes la race choisie, l'ordre des Prêtres-Rois, la nation sainte, le peuple conquis, afin que, comme les Prêtres dans le temple, vous publiiez les grandeurs de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (I.Pet. 11, 9.)

 Une cérémonie particulière au Baptême des adultes nous explique encore mieux cette divine consécration de l'homme régénéré. L'Eglise veut que le Prêtre marque le catéchumène du signe de la Croix au front, aux oreilles, aux yeux, aux narines, à la bouche, à la poitrine, aux épaules, enfin qu'il le marque trois fois tout entier de ce signe sacré.

 « Je te signe le front, lui dit le Prêtre, afin que tu ne te glorifies jamais que dans la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

 « Je te signe les oreilles, afin que tu écoutes avec docilité les divins préceptes. »

 « Je te signe les yeux, afin que tu puisses voir la lumière et la clarté de Dieu. »

 « Je te signe les narines, afin que tu goûtes la bonne odeur des suavités du Christ. »

 « Je te signe la bouche, afin que tes discours soient assaisonnés du sel de la sagesse, et que tu ne profères  que des paroles de vie. »

 « Je te signe la poitrine, afin que tu croies en Dieu de tout cœur. »

 « Je te signe les épaules, afin que lit reçoives avec révérence et amour le joug du Seigneur. »

 « Je te signe tout entier, afin que tu aies la vie éternelle, que tu vives dans les siècles des siècles. Amen. »

 Et, à la suite de ces bénédictions multipliées, le bain de la régénération et de la rénovation dans le Saint-Esprit (Act. III, 5.) donné ait nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit, vient purifier l'homme tout entier et le faire passer de la puissance de Satan sous le domaine de Jésus-Christ. Quelle solennelle dédicace ! M. T. C. F., quelle consécration auguste de nos corps et de nos âmes à la suradorable Trinité

 La Confirmation, en nous tirant de l'enfance spirituelle pour tous faire grandir dans la foi et nous enrichir de tous les dons du Saint-Esprit, continue, après le Baptême, à perfectionner la sainteté du Chrétien, et le consacre de nouveau, le lie plus étroitement au Seigneur.

 Mais, c'est surtout la divine Eucharistie qui, par l'union ineffable qu'elle nous donne avec Jésus-Christ, élève nos âmes et nos corps à une dignité et à une sainteté comme infinies. Le Chrétien, nourri de ce sacrement adorable, ne vit plus de sa propre vie ; il vit de la vie même de Jésus-Christ. Celui, dit Jésus, qui mange ma chair et qui boit mon sang, demeure en moi et je demeure en lui. Comme mon Père m'a envoyé et que je vis par mon Père, de même celui qui me mange vivra aussi par moi. (Jean, VI, 57, 58.) La participation du corps et du sang de Jésus-Christ n'a pour but que de nous faire passer et de nous changer en ce que nous prenons, c'est la pensée de saint Léon. Selon saint Thomas, l'Eucharistie est pour chaque Fi­dèle qui la reçoit comme une extension, un élargissement de l'Incarnation, par lequel la divinité et l'huma­nité de Jésus-Christ s'unissant à celui qui le prend en nourriture, le sanctifie, l'anoblit, le déifie en quelque sorte, et en fait un autre Jésus-Christ. De même que la viande communique au corps les qualités qui lui sont propres ; ainsi la viande eucharistique rend tout divins l'âme et le corps de celui qui s'en nourrit. Elle est pour l'entendement une fontaine de lumière qui l'inonde des plus purs rayons de la divinité ; elle est pour la volonté un feu divin qui l'échauffe, l'embrase et la rend capable des plus héroïques vertus ; elle est pour le corps le vin précieux qui lait germer les vierges, qui imprime la chasteté et le froment des Elus qui conduit à l'immortalité. Comme  le péché avait porté la mort dans toutes les parties de notre être, et l'avait infecté de son venin ; de même, d'après saint Grégoire de Nysse, la chair de Jésus-Christ porte et distribue la vie, la vertu, la sainteté, la divinité même dans toutes les puissances de notre âme et dans tous les sens de notre corps, afin de nous transformer en lui et de nous imprimer ses qualités glorieuses et immortelles. Nous devenons un même corps et un même sang avec Jésus-Christ, et ainsi nous sommes élevés, selon la parole du Prince des Apôtres, jusqu'à la participation de la nature divine. (11. Pierre, I, 4.)

 Voilà comment, par les divins Sacrements, nos corps et nos âmes sont purifiés, anoblis, sanctifiés, consacrés et comme divinisés.

 Si, comme Religieux, nous y ajoutons la consécration particulière que donnent les trois vœux de religion, consécration telle que notre corps, notre âme, nos biens ne sont plus à nous, mais à Jésus-Christ ; que toutes nos actions revêtent un caractère spécial d'excellence et de sainteté qui double nos mérites, si nous sommes fidèles à nos engagements, et qui ajoute le sacrilège à nos fautes, si nous y manquons ; quelles conséquences n'aurons-nous pas à tirer, pour la sainteté et la pureté de notre vie, de cette élévation, de cette noblesse spirituelle à laquelle la bonté de Dieu nous a fait parvenir?

 O Chrétien, dit saint Léon, ô Religieux surtout qui fais profession d'être un parfait chrétien, reconnais ta dignité ; et, devenu participant de la nature divine, ne va pas retourner, par une conduite dégénérée, à ton ancienne bassesse. Souviens-toi de quel chef et de quel corps tu es membre. Souviens-toi que le Saint-Esprit descendant dans ton âme par la grâce des Sacrements, y fait résider avec lui le Père et le Fils auxquels il est éternellement et inséparablement uni. La Trinité entière habite en toi personnellement et substantiellement: prends garde de chasser, par des actions mauvaises, cet Hôte suradorable et trois fois saint.

 Mais, donnons en détail quelques-unes des conséquences pratiques qui découlent comme d'elles-mêmes de cette sublime élévation du Chrétien.

 Noscorps sont les membres de Jésus-Christ. Nous devons donc les honorer, les respecter comme des membres divins. C'est la volonté de Dieu, dit le grand Apôtre, que vous soyez saints, que vous vous absteniez de toute impureté, et que chacun de vous sache conserver son corps saint et pur : car Dieu ne vous a pas appelés pour l'impureté, mais pour la sanctification. (1. Thess. IV., 4 et 7.) A Dieu ne plaise, dit-il ailleurs, que vous arrachiez les membres mêmes de Jésus-Christ, pour en faire des, membres d'iniquité. Ah ! s'écrielà-dessus saint Augustin, épargnez Jésus-Christ en vous. Si vous n'avez pas honte de vous déshonorer vous-mêmes, au moins ne méprisez pas Jésus-Christ dans vos corps, en les avilissant à des actions honteuses et dégradantes.

 Nous sommes les membres de Jésus-Christ. Aimons donc notre Chef, attachons-nous à lui, soutenons sa gloire, défendons ses intérêts, comme les membres du corps aiment la tête, l'honorent et la défendent. Tous se mettent en avant pour parer les coups qui la menacent ; tous se sacrifient pour la conserver ; tous travaillent pour la nourrir, la soutenir et lui faire honneur. Faisons de même pour Jésus-Christ, notre divin Chef. Plaise à Dieu, s'écriait saint Bernard, qu'il se serve de moi comme d'un bouclier pour se couvrir; que je reçoive tous les traits enflammés des langues médisantes, si elles l'épargnent ; que je sois tenu pour un homme de néant, pour un infâme, pourvu qu'on sauve l'honneur de mon Dieu !

 Nous sommes membres de Jésus-Christ. Par les Sacrement,,, nous avons été entés sur Jésus-Christ, unis et incorporés à Jésus-Christ, et faits une même chair avec lui. Nous devons donc être animés de son Esprit, vivre de sa vie, comme la branche vit par l'arbre sur lequel elle a été greffée. C'est Jésus-Christ qui doit voir dans nos yeux, entendre dans nos oreilles, penser dans notre esprit, aimer dans notre cœur, vouloir et agir dans notre volonté. C'est sa grâce et son Esprit qui, comme une sève divine, doit tout diriger en nous, tout vivifier, tout sanctifier pensées, paroles et œuvres.

 Nous sommes les temples du Saint-Esprit, et par lui du Père et du Fils, de la Trinité entière. Il faut donc que Dieu soit aimé, honoré et servi en nous comme dans un temple. Notre cœur doit être un autel toujours dressé devant la majesté infinie de Dieu qui habite en nous, pour lui offrir le sacrifice continuel d'une foi vive et d'une piété sincère. Il faut que la modestie, la retenue et le recueillement qui doivent régner dans la maison de Dieu, nous accompagnent partout.

 Retirons-nous chaque jour dans notre cœur comme dans un sanctuaire, pour y méditer la loi de Dieu à l'Oraison du matin, pour y entendre les maximes de la vie spirituelle à la Lecture du soir, pour y louer, bénir, et remercier Dieu an saint Office.

 Les privations, les sacrifices que la Règle et nos devoirs d'état nous imposent à tout instant, offrons-les à Dieu, sur l'autel de notre cœur, comme des victimes d'agréable odeur : c'est le sacrifice perpétuel qu'il attend de nous.

 Que la pensée de Dieu, habitant substantiellement en nous comme dans son temple, nous tienne dans un respect profond devant sa divine majesté, dans un état continuel d'adorations, de louanges, d'actions de grâces, de réparations et de supplications.

 Que cette pensée nous remplisse de joie, de confiance et d'amour, à la vue d'un hôte si illustre, d'un protecteur si puissant, d'un père si aimable et si tendre.

 Ah ! gardons-nous de souiller la sainteté de ce temple par des pensées des désirs et des actions indignes de celui qui l'habite. Nous serions saisis d'horreur si nous voyions les vases sacrés où repose le Corps du Fils de Dieu, enlevés par des mains sacrilèges et livrés à des usages profanes. Mais le Chrétien n'est-il pas dédié et consacré à la majesté divine par une consécration incomparablement. plus relevée? Jésus-Christ ne fait que reposer dans les vases de l'autel ; et dans nos corps, il y repose, il s'y unit, il s'y incorpore. Quel respect donc et quelle retenue devons-nous apporter dans l'usage que, nous faisons de nous-mêmes, de nos sens et de toutes nos facultés

 Une autre instruction très importante nous est fournie sur le même sujet par le prince des Apôtres. Et vous-mêmes, dit-il à tous les Chrétiens, comme des pierres vivantes, soyez posés sur Jésus-Christ, pour former un édifice spirituel, et un ordre de saints prêtres, afin d'offrir à Dieu des sacrifices qui lut' soient agréables par Jésus-Christ, (1. Pierre, II, 5.)

 L'Eglise est une cité, une maison, un temple vivant de Dieu. Ce temple a pour premier fondement et pour pierre angulaire Jésus-Christ ; et voilà pourquoi elle est toujours ferme, toujours stable, et que les portes de l'enfer ne prévalent pas contre elle.

 Elle a pour second fondement, supporté par le premier les Apôtres et les Prophètes, parce que c'est sur leur doctrine qu'elle est bâtie. Les pierres de ce temple sont tous les Fidèles qui s'y ajoutent chaque jour, qui l'agrandissent et le perpétuent, jusqu'à ce qu'il se termine au jour de l'éternité. L'architecte de ce temple est le Saint-Esprit qui, par ses diverses opérations, polit les pierres, et les unit entre elles par le ciment de la foi, de l'espérance et de la charité. Dieu habite déjà dans ce temple, mais sous des voiles et des images.

 Un second temple, une seconde Cité dont la Cité de l'Eglise de la terre n'est que la préparation, c'est celle que saint Jean décrit à la fin de son Apocalypse. Et moi, Jean, je vis la sainte Cité, la nouvelle Jérusalem qui venait de Dieu, et descendait du ciel ornée comme une épouse qui s'est parée pour son époux : Cité magnifique, bâtie de l'or le plus pur, enrichie des perles du plus grand prix, embellie de toutes sortes de pierres précieuses, arrosée du fleuve d'eau vive qui sort du trône de Dieu et de l'Agneau ; cité éclatante, où il n'y a plus de nuit, et, qui n'a besoin ni du soleil, ni de la lune pour être éclairée, parce que la lumière même de Dieu l'éclaire et que l'Agneau en est le flambeau ; Cité sainte et choisie, où l'on apportera l'honneur et la gloire des nations, où il n'entrera rien de souillé ni aucun de ceux qui commettent l'abomination ou le mensonge ; Cité bienheureuse, enfin, où croît l'arbre de vie pour guérir les nations, où il n'y a plus ni pleurs, ni cris, ni douleurs. C'est l'Eglise triomphante, la Jérusalem céleste qui s'élève comme la Cité de Dieu.

 L'Eglise militante est le chantier divin où se préparent les pierres vivantes qui servent à la bâtir. C'est là qu'elles doivent être choisies, taillées, façonnées et toutes préparées : car, dans la construction de la Cité céleste, comme dans celle du temple de Salomon, il n'y a plus de préparation possible. On n'y entend aucun bruit, ni de marteau, ni de scie, ni de quelque instrument que ce soit (III. Rois, VI.) Et la Cité est une, tous les matériaux doivent être de même nature. Donc toute pierre qui n'est pas préparée, qui ne s'adapte pas d'elle-même à l'édifice, c'est-à-dire, qui ne participe pas à la nature de la pierre angulaire qui est Jésus-Christ, est rejetée à jamais.

 Or, M. T. C. F., la taille de ces pierres vivantes du Ciel, c'est la croix, c'est la souffrance, ce sont les peines, les tribulations, les tentations de toutes sortes qui éprouvent les Justes cri cette vie. Il a fallu que le Christ souffrît, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire ; et, c'est parce qu'il devait, être le fondement, la pierre angulaire, la porte royale de l'édifice divin, qu'il a dû être affligé par tant de souffrances et d'opprobres. A sa suite et à son exemple, tous les Elus doivent être exercés de même par beaucoup de peines et de tribulations, pour entrer, comme des pierres vivantes et bien préparées, dans la construction de la Jérusalem céleste. Nous refuser à cette taille, nous lasser de souffrir, c'est vouloir être rejetés comme des pierres de rebut ; c'est vouloir retomber dans la masse des réprouvés, qui vivent sur la terre au gré de leurs désirs, qui ne refusent rien à leurs sens et à leurs inclinations qui ignorent les saintes voies de la souffrance et des violences chrétiennes ; parce qu'ils ont choisi d'aller se perdre, comme des matériaux informes, dans les abîmes de l'enfer. Oh ! loin de nous leur imprudence et leur lâcheté. Soutenons avec courage, les épreuves et les combats du Seigneur ; supportons, aimons, recherchons même les peines, les travaux, les Souffrances ; qu'elles fassent notre joie, parce que, seules, elles assurent nos espérances.

 Il y a plus, M. T. C. F., et, comme Religieux, cette .réflexion nous touche de très près; c'est que plus une pierre doit occuper une place importante dans l'édifice, plus la taille qu'on lui fait subir doit être forte, et en quelque sorte douloureuse. Une préparation ordinaire suffit aux matériaux qui vont se perdre dans les fondations, ou se noyer dans le corps de l'édifice ; mais ce n'est que par des coups redoublés de marteau et de ciseau qu'on amène à la perfection voulue la pierre qui doit figurer dans une entrée, dans une façade d'honneur.

 Or, d'après saint Liguori, les Religieux sont appelés de Dieu à occuper les premières places dans le Ciel, à remplacer dans les hiérarchies angéliques, les Chérubins et les Séraphins tombés avec Lucifer. Ils doivent donc s'attendre à passer par de plus rudes épreuves, par de plus durs combats que les simples Fidèles. C'est à eux que sort réservés les grandes épreuves et les grands combats de la chasteté parfaite, de l'obéissance absolue et de la pauvreté universelle.

 Les vœux, comme trois clous divins, les fixent à la Croix avec Jésus-Christ ; afin qu'associés de plus près à ses douleurs et à ses ignominies, Ils le soient aussi plus parfaitement à la gloire et aux joies de son triomphe. Heureux les religieux qui sauront y rester avec lui jusqu'à la fin, sans écouter ni le démon, ni le monde, n la chair qui leur crient sans cesse d'en descendre ! Oui, heureux, mille fois heureux, ces Religieux courageux et persévérants ; car une triple couronne les attend : la couronne du Martyre, la couronne de l'Apostolat et la couronne de la Virginité !

 Mais, par une raison contraire, malheur aux Religieux lâches et inconstants qui se lassent dans la vole de la perfection à laquelle Dieu les avait appelés !

 Il arrive quelquefois que la pierre, même la mieux choisie, ne se prête pas au travail de, l'ouvrier, ou qu'elle se brise sous lescoups répétés qu'il lui donne. Et alors que se passe-t-il le plus ordinairement ?... Ici, M. T. C. F., la figure d'unmystère profond et terrible qui ne s'accomplit guère que dans lesâmes privilégiées. C'est que plus cette pierre de choix a coûté d'efforts à l'ouvrier, plus elle approchait de la perfection qu'il lui désirait, plus aussi il s'indigne de voir ses peines perdues et ses espérances trompées. De dépit, il abandonne la pierre rebelle à ses coups, ou il achève de briser et de mettre celle qui ne sait pas les subir jusqu'à la fin.

 Voilà, M. T. C. F., l'image effrayante, le sort ordinaire du Religieux lâche et infidèle qui ne répond pas aux desseins de Dieu sur lui.

 Rebelle aux grâces de choix qui lui sont prodiguées, il tombe dans la voie des grâces communes et ordinaires, qui, à la rigueur, suffisent au salut, mais que notre faiblesse ou notre malice rendent presque toujours inefficaces.

 Se refusant à porter le joug des Conseils évangéliques qui devaient l'élever ici-bas à la perfection, et dans le Ciel à une sublime gloire, il retourne au siècle où Dieu semble l'oublier d'autant plus qu'il l'avait favorisé davantage. Et, hélas ! qui pourrait dire toutes les angoisses, toutes les perplexités qui attendent, pendant la vie et à la mort, ce Religieux devenu séculier.

 Victime, le plus souvent, des caprices et de la tyrannie de maîtres durs et irréligieux, qui ne l'acceptent que par calcul, il se voit comme forcé d'enchaîner à leurs intérêts sa liberté, sa santé, sa vie, et presque toujours, jusqu'à sa conscience. Qu'il y a loin de là à la direction si paternelle et si dévouée de ses Supérieurs ! ...

 Objet des railleries de, compagnons pervers qui se jouent de son passé et d sa vertu, il n'échappe, pour l’ordinaire, à leurs sarcasmes qu'en se faisant aussi mauvais qu'eux. Ah ! qu'il y a loin de là encore à la charité, à la piété et aux bons exemples de ses Confrères et de ses amis de la Religion ! ...

 Enfin, livré à lui-même pour le corps et pour l'âme, portant au fond de son cœur le souvenir d'une vocation sainte qu'il avait reçue de Dieu et qu'il a trahie ; conservant encore l'esprit, le langage et les allures de ce premier état, malgré tous les efforts qu'il fait pour le dissimuler, il se voit jeté, sans expérience et sans préparation, dans un milieu où il ne trouve que dureté, égoïsme, cupidité, mépris et scandale ; et lui, pour qui les pratiques de piété furent si longtemps un bonheur, l'ouverture de cœur un besoin, les fréquentes communions, une consolation, un remède et un soutien indispensables, il prie à peine, il n'a plus d'amis, il ne communie presque plus !... Quelle position ! quelle déception

 Mais, le succès vint-il à dépasser toutes ses espérances, le monde en le faisant sien lui prodiguât-il toutes ses jouissances, serait-il heureux et content pour cela? Oh ! ne le croyez pas, quoiqu'il le dise, quoiqu'il l'écrive. L'inquiétude et le doute seront toujours au fond de son âme : car il sait qu'à une grande infidélité répond presque toujours un grand abandonnement. S'il échappe aux perplexités du temps, il ne peut écarter celles de l'avenir. Nécessairement, il tremble et doit trembler pour cette persévérance finale qui n'est pas même promise ni assurée à la persévérance journalière la plus longue et la plus soutenue. Et, en effet, combien de Religieux auraient lait l'ornement du Ciel par l'éclat de leur gloire, s'ils avaient gardé leur vocation et leurs vœux, qui feront l'étonnement de l'enfer par la grandeur de leurs supplices, pour avoir été infidèles et apostats ! Qui de nous n'a pas frémi en méditant l'enfer des âmes privilégiées devenues infidèles !...

 Oh ! M. T. C. F., que ces pensées nous attachent de plus en plus à notre sainte vocation ; qu'elles nous rendent fervents et courageux dans l'accomplissement de tous nos devoirs ; qu'elles nous soutiennent dans les saintes voies de la Croix où nous avons fait vœu de marcher jusqu'à la mort.

 Ce que nous venons de dire pour nous-mêmes, en nous considérant comme les membres de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit, nous devons l'appliquer à nos enfants, pour nous encourager dans le ministère que nous avons à remplir auprès d'eux. Souvenons-nous toujours qu'eux aussi sont les enfants de Dieu, les frères et les membres de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit.

 Ce n'est qu'à ce point de vue de la foi qu'il faut les envisager, et, dans ces pensées, nous ne devons épargner ni peines ni soins pour les conserver purs et innocents, pour faire que Dieu soit glorifié en eux, qu'ils le connaissent, l'aiment et le servent de tout leur cœur.

 Respectons-les, traitons-les avec dignité et charité, comme des membres de Jésus-Christ ; gardons-nous d'en scandaliser un seul: car nous ne pouvons le faire sans outrager la personne même du Fils de Dieu

 Que la pensée de servir en eux Jésus-Christ adoucisse toutes les peines que nous donnent leur éducation et leur instruction. Le divin Maître nous assure lui-même qu'il tient lait à sa personne adorable tout ce que nous faisons pour le moindre de ces enfants.

 Je ne puis que vous indiquer cette considération mais il vous sera facile de l'étendre vous-mêmes, et d'en tirer les plus puissants motifs et la règle la plus sûre de tout le bien que vous avez à faire à vos enfants, et par eux à Jésus-Christ même. 

II 

Il faudrait encore, pour toucher toutes les réflexions qui se rattachent à notre sujet, vous parler du respect que vous devez avoir pour le lieu saint ; de la modestie, de la retenue, de la dévotion et du recueillement avec lesquels vous devez y entrer, vous y tenir et assister aux Offices divins; du zèle que vous devez mettre à inspirer ce respect à vos enfants, à les tenir dans le silence et le recueillement devant Notre-Seigneur au Saint Sacrement, à leur apprendre la manière d'entendre la sainte Messe et de suivre tous les Offices ; du concours empressé que vous devez prêter, selon la Règle, aux Pasteurs des Paroisses pour le chant et pour les cérémonies du culte ; mais les limites de cette Lettre ne me le permettent pas. Je vous rappellerai seulement que nous ne pouvons mieux entrer dans l'esprit et les intentions de notre pieux Fondateur qu'en nous pénétrant de ces sentiments et de ces dispositions. Le profond respect et le tendre amour qu'il avait pour Jésus-Christ, le portaient à faire, avec toute la solennité possible, les Offices de l'Eglise, et le remplissaient de zèle et d'attention pour tout ce qui tient à la propreté, à la décence et à l'honneur du saint lieu. Quoiqu'il aimât particulièrement la pauvreté, et qu'il la fît régner avec soin dans la Communauté, il voulait que la Chapelle et tout ce qui sert au culte divin fît exception ; que les ornements et les vases sacrés fussent non seulement propres, mais riches, autant que les ressources de la Congrégation pouvaient le permettre.

 Nous entrerons donc dans les vues et les intentions de notre bon et vénéré Père, en nous prêtant de tout notre pouvoir soit par nous-mêmes, soit par ceux que nous pourrons y intéresser, à la construction de la Chapelle de Notre-Dame. Je vous recommande de nouveau cette œuvre, pour laquelle nous sommes aujourd'hui complètement sans ressources. Voici les dispositions que nous avons adoptées pour en préparer la réalisation.

 1° Conformément à notre Circulaire du 21 février 1854, tous les Frères qui pourront nous venir en aide sur leurs biens patrimoniaux ou par leurs familles, sont engagés à le faire. Nous continuerons à inscrire à la Maison-Mère les offrandes qui nous seront faites à cette fin. Je désire que dans vos premières lettres chacun nous fasse connaître ce qu'il pourra donner.

 2° Chaque Maison versera au moins 50 francs par Frère pour le même objet.

 3° Les Frères Directeurs, en usant de toute la prudence et de toute la réserve possibles, tâcheront d'intéresser à notre œuvre les personnes aisées et charitables qu'ils connaissent. Ils tiendront une note exacte de tout ce qui leur sera offert à cette fin, et, en l'envoyant avec les fonds de l'Etablissement, ils le marqueront à part.

 4° Nous désirons que les enfants de nos Ecoles entrent eux-mêmes pour quelque chose dans l'érection de l'édifice religieux où leurs maîtres viendront se former et se renouveler.

 Chaque Frère de classe dressera et nous apportera la liste des offrandes de ses enfants, quoique le Frère Directeur seul doive les recevoir, selon la Règle.

 Nous vous adresserons prochainement (vous nous direz le nombre dans vos lettres de janvier) le portrait du pieux Fondateur (petit format) avec une courte Notice sur l'Institut, et le tableau des avantages spirituels offerts aux Bienfaiteurs de la Congrégation. Vous pourrez le donner aux personnes, et (par les enfants) aux familles qui contribueront en quelque chose à notre œuvre.

 Vous savez aussi que le Frère bibliothécaire est dépositaire d'une carte de l'ancienne Jérusalem, donnant très exactement tous les lieux sanctifiés par les souffrances de Jésus-Christ, et auxquels se rattachent les principaux faits de l'Histoire sacrée. Cette carte est accompagnée d'un fort volume explicatif de ces lieux des faits qu'ils rappellent et des monuments qui s'y rapportent. La carte et l'ouvrage, dus à la piété, au talent et au zèle de deux ecclésiastiques amis et bienfaiteurs de la Société, doivent se vendre au profit de la Chapelle de Notre-Dame. Le prix est à la générosité des Bienfaiteurs ; cependant nous devons faire observer que nous avons fait un déboursé de quatre francs environ pour le volume et la carte. Tâchez d'en placer le plus possible. On les fera passer à ceux qui ne les auraient pas.

 Enfin, M. T. C. F., souvenons-nous de demander à Dieu que sa volonté s'accomplisse pleinement en nous, et que tout se fasse selon son bon plaisir. Prions-le d'incliner vers nous le cœur de tant d'âmes généreuses qui mettent leur bonheur à encourager les œuvres de zèle et à les soutenir. C'est sur Dieu seul que nous devons compter à la vie, à la mort, dans le temps et dans l'éternité. Soyons tout à lui, répondons de notre mieux à ses desseins sur nous, et sa Providence ne manquera pas de nous assister dans tous nos besoins. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, et tout le reste vous sera donné comme par surcroît (Matth., VI, 35.)

 J'ai la satisfaction de vous annoncer qu'en effet, par une disposition heureuse de la Providence, nous avons pu compléter, cette année, les dépendances de notre Noviciat de Saint-Paul-trois-Châteaux, et nous assurer cette position que nous avons craint assez longtemps de ne pouvoir conserver. Une famille protestante possédait, au milieu même de la propriété, une enclave qui dominait tout le Noviciat, et rendait impossible un agrandissement devenu cependant de première nécessité. Elle s'est décidée à nous vendre. Nous nous en réjouissons, et nous en bénissons Dieu : car il eût été difficile de placer mieux le Noviciat de cette province qui, tous les jours, prend de nouveaux accroissements. La salubrité et la douceur du climat, la bonté et l'abondance des eaux, la bienveillance et les sympathies des Autorités et de tout le pays pour les Frères, la facilité des communications avec tous les Etablissements par la proximité du Chemin de fer de Lyon à Marseille, et surtout les souvenirs précieux qui se rattachent à cette Maison, depuis plus de trente ans que les Frères l'occupent : tout nous faisait désirer de la conserver et de nous y fixer.

 Mais les Frères de la Province doivent comprendre que c'est sur eux que nous comptons d'abord, soit pour solder cette acquisition, soit pour commencer au Noviciat les agrandissements nécessaires. L'entreprise de Notre-Dame absorbe, en ce moment, et bien au-delà, toutes les autres ressources de la Congrégation. Nous espérons donc qu'ils rivaliseront de zèle et de dévouement pour la Maison de Saint-Paul, comme les Frères du Centre ont fait pour celle de Notre-Dame ; et nous devons dire que ce qui s'est fait ici, nous étonne, tout accoutumés que nous sommes au dévouement des Frères pour le bien de l’Institut. Les dispositions dont il est parlé ci-dessus, sont donc également pour les Frères de la Province du Midi, afin que nous puissions entreprendre bientôt la Maison de Saint-Paul.

 Voici les noms des Frères décédés depuis la Circulaire du 1ierjuillet 1859 :

 F. Solemne, Novice, décédé à la Bégude, le 28 juillet.

Jean-Augustin Gaude, Postulant, décédé à Saint-Paul-trois-Châteaux, le 31 juillet.

F. Calais, V. 0., décédé à la Bégude, le 5 août.

F. Brice, V.-O., décédé à Saint-Paul-trois-Châteaux, le 25 août.

F. Lucius, +, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage, le 4 septembre.

F. Spiridion, +, décédé à Beaucamps, le 8 septembre.

F. Marie-Ambroise, V. 0., décédé à Notre-Dame, le 19 septembre.

F. Jordan, Novice, décédé à Saint-Paul-trois-Châteaux, le 26 octobre.

F. Amidei, Novice, décédé à Miribel, le 24 novembre.

F. Sifroi, décédé à La Bégude, le 2 décembre.

F. Albée décédé à Beaucamps, le 18 décembre.

Jean-Pierre Coucoulagne, Postulant, décédé a Saint­-Paul-trois-Châteaux, le 26 décembre.

F. Pius, V. 0., décédé à Renaison, le 30 décembre. 

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A l'égard des Postulants, j'ai à vous faire les recommandations suivantes :

 1° Favoriser les vocations de tout votre pouvoir, le besoin de sujets se fait toujours sentir de plus en plus.

 2° Vous entendre avec MM les Curés pour le choix des sujets afin d'avoir des vocations plus certaines et des sujets plus sûrs.

 3° Dans la demande d'admission du Postulant, faire connaître soir nom, ,son prénom, son âge, sa taille, la force de sa constitution, le degré d'intelligence et l'instruction qu'il possède, et l'état de fortune de ses parent, afin de ne faire de remise sur la pension qu'à ceux qui sont dans l’impossibilité de la payer entière.

 4° Tenir fortement à toute la pension, et rie faire de remise qu'après vous être entendus avec le Frère Directeur des Novices. Faire faire le trousseau selon le Prospectus, et les habillements en noir, autant que possible.

 5° Si le Postulant est trop petit, bien qu'il ait quinze ans, le conserver et le garder en classe le plus longtemps possible, avant de l'amener au Noviciat. Ces enfants si faibles, ne pouvant être employés dans les Etablissements après leur année de probation, s'épuisent à suivre les exercices du Noviciat.

 6° Tenir à ce que tout Postulant apporte son acte de naissance sur papier timbré, celui de Baptême, et une lettre de présentation de M. le Curé ou de son Confesseur.

 

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Je ne puis trop vous recommander à tous l'exacte observance de l’Article 10 du chapitre VIII, 3° partie des Règles Communes, page 115, relatif à la correspondance avec les Autorités (Le relire ici.)

 Faute de vous conformer aux prescriptions de cet Article, vous ne pouvez que vous compromettre, et nous mettre nous-mêmes dans l'embarras.

 N'oubliez jamais de rester dans les termes de la plus respectueuse déférence, toutes les fois que vous avez à traiteravec les Autorités soit ecclésiastiques soit civiles, de vive voix, et encore, plus par écrit. Gardez-vous d'engager avec elles aucune discussion sur les difficultés que peuvent présenter certaines mesures qu'elles auraient adoptées. 

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Je vous recommande également de vous abstenir de tout esprit de lutte et de concurrence avec quelque école que ce soit, collège, pension, externat quelconque. Contentez-vous de faire le bien que la Providence vous permet de faire, en restant dans les limites de la Règle, et sans vous permettre de rien changer dans votre enseignement, dans vos moyens de discipline et d'émulation, sous prétexte de soutenir la concurrence et de la suivre dans ses moyens de succès. Vous ne pouvez agir dans cet esprit sans sortir de l'esprit de l'Institut, et sans compromettre au fond les intérêts mêmes de vos Maisons.

 Plusieurs, faute d'affranchir suffisamment leurs lettres, nous font payer double port à la Maison-Mère. Ayez donc soin de vous servir, comme l'a dit la Règle, d'un papier mince et léger, dont le poids (les trois ou quatre lettres d'une Maison réunies) ne dépasse pas sept grammes et demi. Si vous n'êtes pas sûrs de ce poids, faites peser la lettre ; et, si elle dépasse, ajoutez un second timbre-poste.

 Les Frères Directeurs qui auraient à nous envoyer des valeurs, billets de banque, etc., ne doivent pas manquer de donner à la poste les déclarations nécessaires, et de faire charger leurs lettres. D'après les nouveaux règlements, il y aurait une forte amende, si l'on était pris à expédier des valeurs sans déclaration. 

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Je termine en vous adressant, à l'occasion de la nouvelle année, ce conseil et ce souhait du Prince des Apôtres : Efforcez-vous de plus en plus, mes Frères, d'affermir votre vocation et votre élection par les bonnes œuvres ; afin que, agissant de la sorte, vous ne péchiez jamais, et que Dieu, par ce moyen, vous lasse entrer, avec une riche abondance de mérites, dans le royaume éternel de Jésus-Christ Notre-Seigneur et notre Sauveur (Il. Pierre, I, 10, II.)

 La présente Circulaire sera lue en Communauté, à l'heure ordinaire de la lecture spirituelle.

 Recevez la nouvelle assurance du tendre et respectueux attachementavec lequel je suis en Jésus et Marie,

Mes très Chers Frères,

Votre très humble et très dévoué frère et serviteur, 

    F. François.

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