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Marist Calendar - May

Circulaires 235

 

Br. Stratonique
18/05/1911 - Vol. XI, n. 19
Circular 235

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Importance de la retraite. - Epoque des retraites pour 1911. -- Fruit proposé pour ces retraites. - Fondations nouvelles. - livre d'or du dévouement. - Comptabilité.¬ - Décret concernant les religieux astreints au service militaire. - Faveurs attribuées à l'intercession du V. Champagnat. - Défunts. - Elections de Frères Provinciaux.

235

Circ. Sup.11.4

 V. J. M. J.

                                                                                                       Grugliasco, le 18 mai 1911.

 I

      Mes Très Chers Frères

Nous voilà bientôt arrivés à l'époque où auront lieu les retraites pour un grand nombre de nos provinces.

Dans tous les temps, la retraite annuelle pour un religieux a été considérée avec raison comme une affaire de première importance.

Aussi, dans l'Eglise, on n'a pas hésité à prendre des moyens pour que les prêtres et les religieux de tous ordres aient ce précieux avantage spirituel chaque année.

Dans notre Institut en particulier, depuis sa fondation jusqu'à nos jours, que n'a-t-on pas fait pour assurer annuellement à nos Frères une bonne retraite ? Quelle ne fut pas la sollicitude du Vénérable Père Champagnat pour procurer aux Membres de son Institut naissant ce précieux moyen de sanctification et d'avancement ? Quel zèle ne déployait-il pas, en payant lui-même de sa personne pour les conférences, les confessions, etc. ... ?

Combien grande et soutenue a été aussi la sollicitude de ceux qui lui ont succédé dans le gouvernement de l'Institut ! Nous lisons dans les Circulaires de convocation à ces retraites annuelles combien on avait à cœur que rien ne fût négligé de ce qui pouvait en assurer le meilleur succès.

Que de voyages longs et pénibles se succédant sans interruption pendant des mois se sont imposés les premiers supérieurs pour assister à ces retraites annuelles et contribuer par leur présence à en assurer les bons résultats !

Très grande est la reconnaissance que nous devons tous, de ce chef, aux RR. FF. François, Louis-Marie, Nestor et Théophane. Puissions-nous, en rappelant ainsi le souvenir de leur zèle et de leur dévouement, acquitter un peu notre dette filiale envers eux !

Je vous fais ces réflexions, M. T. C. F., et je rappelle ces souvenirs dans le but d'augmenter en vos esprits l'estime que vous devez avoir pour la retraite. Ce ne sera pas sans profit, car, plus on est fortement convaincu de l'importance d'une oeuvre, d'une entreprise, plus aussi on prend des mesures pour la mener à bonne fin, pour écarter tout ce qui serait de nature à en compromettre plus ou moins le résultat.

Quelle n'est pas l'activité déployée par les gens du siècle, quels soucis ne s'imposent-ils pas, et souvent quelles peines et quels sacrifices n'endurent-ils pas pour préparer la réussite d’œuvres ou d'entreprises purement humaines et qui n'ont pour objet que des intérêts temporels ?

N'y a-t-il pas cent fois plus de raison d'agir de même quand il s'agit d'une oeuvre qui intéresse à un si haut degré le salut et la perfection d'un religieux ?

Les dépenses considérables que l'on fait tous les ans, dans chaque institut religieux, pour procurer à tous les membres qui le composent huit jours de retraite, sont bien aussi, dans une certaine mesure, une marque de l'estime que l'on a pour cet excellent moyen de sanctification et de l'importance qu'on y attache.

Dans certains pays, les pasteurs des âmes ont une si haute idée de la grande efficacité des retraites fermées, qu'ils les généralisent de plus en plus pour les gens du monde, jeunes gens, hommes d'âge mûr, ouvriers, commerçants, industriels, avocats, etc. Il m'a été donné de lire, à ce sujet, des statistiques vraiment remarquables et qui sont bien de nature à exciter et à encourager le zèle de tous ceux qui ont à cœur l'extension et l'affermissement du règne de Notre-Seigneur dans le monde.

Il ne sera pas sans profit d'appeler de nouveau l'attention de tous nos Frères sur un mot du Directoire Général, qui est pour nous l'expression de la volonté de Dieu : Les Frères regarderont la retraite comme une GRANDE GRÂCE, et ils auront soin de prendre les meilleurs moyens pour ne pas perdre UN INSTANT D'UN TEMPS SI PRÉCIEUX.

Un autre motif qui doit augmenter en nos âmes l'estime pour nos prochaines retraites, c'est que nous nous approchons de plus en plus du grand centenaire de 1917. Vous n'en doutez pas, M. T. C. F., le moyen par excellence de bien nous préparer à la digne célébration de cette solennité de famille, c'est de perfectionner de plus en plus en chacun de nous la ressemblance du Vénérable Fondateur, du vénéré Frère François, ainsi que de tous nos saints aînés de Lavalla, de l'Hermitage et d'ailleurs. Or, une retraite bien faite peut nous aider puissamment à obtenir ce résultat si désirable.

Enfin, ce qui doit encore nous porter à avoir la retraite en haute estime, c'est l'intensité croissante d'année en année des courants d'irréligion ou d'indifférence qui se manifestent plus ou moins à travers le monde, où nous avons à exercer notre mission d'éducateurs religieux.

Les apôtres trouvèrent dans la mémorable retraite dut Cénacle les grâces d'En-Haut qui les firent triompher de tous leurs ennemis et de tous les obstacles suscités par l'enfer pour entraver leur mission.

Nos retraites peuvent et doivent produire des effets analogues. Il importe que nous en sortions tous pleins d'une sainte ardeur comme les apôtres au sortir du Cénacle le saint jour de la Pentecôte.

 II

 FIXATION DE L'ÉPOQUE DES RETRAITES.

 La retraite du Régime aura lieu, comme d'ordinaire, en notre maison de Grugliasco, et s'ouvrira le mardi 13 juin pour se terminer le mardi suivant.

Y prendront part le Frère Supérieur Général, les Frères Assistants Généraux, le Frère Econome Général, le 'Frère Secrétaire Général, le Frère Procureur Général près le Saint-Siège, les Frères Provinciaux des Provinces d'Europe et ceux de Turquie et de Syrie, plus un certain nombre d'autres Frères qui seront appelés.

 S'il plaît à Dieu, à l'avenir, nous appellerons à cette retraite un certain nombre de Provinciaux des Pro­vinces éloignées autant que cela sera possible sans com­promettre la bonne marche de ces Provinces. Le Conseil Général, à qui cette question a été soumise, y a donné son adhésion à l'unanimité.

Dans les diverses Provinces, les lieux et dates des retraites seront fixés par les Frères Provinciaux.

Conformément à l'article 102 du Directoire Général, on se préparera à la retraite par une neuvaine à la Très Sainte Vierge. Chaque Frère Provincial indiquera le jour où cette neuvaine devra commencer dans sa Province et en quoi elle devra consister.

Pendant le cours de cette neuvaine, on lira en lecture spirituelle de Communauté : 1° le chapitre XI de la première partie du Directoire Général ; 2° les cinq premières pages de la circulaire du 24 mai 1910 ; 3° les 13 premières pages de la présente circulaire ; 4° les chapitres II, IV, V, XIX, XX, XXIV de la vie du Vénérable Père Champagnat (2ième partie) ; 5° les chapitres XXIV, XXV, XXVI, XXVII, XXVIII, XXIX, XXX, XXXI, XXXII, XXXIII et XXXIV des Avis, Leçons, Sentences.

 III

 FRUIT PRINCIPAL PROPOSÉ POUR LES RETRAITES DE 1911.

 Que pourrions-nous choisir de mieux et de plus opportun pour fruit principal de nos prochaines retraites qu'un zèle toujours croissant pour travailler à l'imitation du Vénérable Père Fondateur ? Bien que je vous aie déjà proposé ce même fruit pour les retraites de l'année dernière, je pense que nous ferons bien de diriger notre activité spirituelle vers ce but pendant le cours de l'année 1911-1912. Ce n'est ni en une année ni en deux d'efforts, que nous pouvons atteindre au degré de perfection de celui qui nous a été donné par Dieu comme notre Père, notre Maître et notre Modèle.

Quel est celui d'entre nous, M. T. C. F., qui pourrait se rendre le témoignage qu'il possède au même degré que le Vénérable les vertus dont il nous a laissé de si beaux exemples ?

Nous continuerons donc à tenir nos regards fixés sur ce modèle qui doit nous être cher entre tous, et nous aurons à cœur de travailler avec un saint courage et une persévérance toujours soutenue à le reproduire peu à peu en nous. De cette manière, nos religieux dans toutes les parties du monde s'achemineront progressivement vers cet idéal auquel on devra toujours viser dans l'Institut, mais plus particulièrement encore -pendant les six années qui nous séparent du grand centenaire de 1917.

Il est grandement à souhaiter qu'à cette date, il y ait dans tout l'Institut une reproduction aussi parfaite que possible des vertus qui caractérisèrent nos aînés : Frère François, Frère Louis, Frère Laurent, Frère Jean-Baptiste, Frère Stanislas, Frère Louis-Marie, Frère Jérôme, Frère Bonaventure, etc.

Oh ! alors, n'en doutons pas, notre Institut sera très agréable à Dieu, fera beaucoup de bien dans l'Eglise et sera la bonne odeur de Jésus-Christ parmi les peuples de toutes les parties du monde !

Toutefois, la prudence nous fait un devoir de ne pas trop embrasser à la fois. Bien que nous devions aspirer à avoir toutes les vertus de notre Vénérable Fondateur et de nos premiers Frères, il sera avantageux de faire converger nos efforts pendant l'année qui va suivre, sur un nombre limité de vertus. Je vous indiquerai les deux suivantes qui sont en même temps deux des sept dons du Saint-Esprit: 1° LA FORCE CHRÉTIENNE; 2° LA SAINTE CRAINTE DE DIEU.

Le Vénérable Père Champagnat a été excellemment un homme viril. Et, remarquons-le bien, il n'était pas né ainsi ; tout au contraire. Nous lisons en effet, au premier chapitre de sa vie qu'il était très timide. Au chapitre second, nous voyons encore qu'il était craintif à tel point qu'il ne put que balbutier quelques mots inintelligibles, quand il fut interrogé par le prêtre recruteur dans la mémorable scène de son appel au sacerdoce, alors que son frère, qui avait été interrogé avant lui, avait répondu un non tout court mais expressif. Nous lisons, encore dans ce même chapitre que telle était sa timidité, aux premiers jours de son entrée au Séminaire de Verrières, qu'il y souffrit de la faim parce qu'il n'osait pas présenter son assiette Pour être servi comme les autres. Et il avait alors seize ans !

Comment expliquer l'énergie de caractère si remarquable, qui s'est manifestée en lui à un si haut degré dans la suite de sa vie ?

Comment en est-il arrivé à pouvoir dire cette parole extraordinaire, que nous lisons au chapitre XXIV de la seconde partie de sa vie, et qui dénote une trempe d'âme si héroïquement forte : TOUTE LA TERRE SERAIT CONTRE MOI QUE  JE NE RECULERAIS PAS, quand il s'agit d'accomplir ce que Dieu demande.

Evidemment ce fut le résultat d'un travail persévérant vivifié par la grâce de Dieu.

La pratique de la mortification fut sans doute un des principaux moyens qu'il employa. Nous savons, en effet que le Vénérable Père fut un modèle de mortification. On pourrait presque dire que l'histoire de sa vie est l'histoire de ses mortifications. Nous pourrions, à ce sujet, multiplier les détails; ils seraient très édifiants. Mais je dois me borner à ce simple aperçu. D'ailleurs nous en avons tous entendu plusieurs fois la relation dans la lecture de nos ouvrages ascétiques.

A chaque victoire que l'on remporte sur soi-même, sur les tendances plus ou moins abaissantes et affaiblissantes de notre nature déchue, on devient plus fort pour une victoire ultérieure ; nous le savons par notre propre expérience.

Sachant combien le Vénérable Père Champagnat fut mortifié dans tous les détails de sa vie, nous ne devons pas être étonnés que la vertu de force ait fait en lui de si grands progrès, jusqu'à atteindre le degré héroïque comme l’affirment les témoins dans le procès de béatification.

Il importe beaucoup que nous travaillions tous courageusement à devenir des hommes forts à l'exemple de notre Vénérable Père : c'est particulièrement nécessaire dans les temps difficiles où nous vivons. Pour cela, pendant cette année 1911-1912, nous nous appliquerons à être des hommes vraiment mortifiés. Pour nous aider dans ce saint travail, nous ferons une étude particulière de cette vertu : 1° dans le chapitre VII de la seconde partie du Directoire Général ; 2° dans le chapitre xi de la deuxième partie de la vie du Vénérable Fondateur.

Une autre source où le Vénérable Père Champagnat a puisé la vertu de Force c'est, n'en doutons pas, dans la divine Eucharistie, qui est le Pain des Forts.

Au petit Séminaire de Verrières et au grand Séminaire de Lyon, sa dévotion à la divine Eucharistie était grande ; elle s'accrut encore pendant son temps de vicariat à Lavalla, et elle devint plus grande encore pendant les seize dernières années de sa vie où il s'occupa de la grande oeuvre de la fondation et du gouvernement de notre cher Institut.

A son exemple, nous ferons croître en nous la vertu de Force par un accroissement de dévotion à Jésus-Hostie. Comme le Vénérable, nous visiterons fréquemment et fervemment le Saint Sacrement ; la sainte messe sera pour nous une dévotion très précieuse, la plus précieuse et la plus avantageuse de toutes, comme il est dit à l'article 19 du Directoire Général ; et enfin nous aurons grandement à cœur, dans tout l'Institut, de nous conformer aux directions de Sa Sainteté Pie X sur la communion fréquente et quotidienne.

Quel grand avantage ne sera-ce pas pour l'efficacité de notre oeuvre dans l'Eglise si, dans toutes nos Provinces, les Frères sont des hommes FORTS, pour Soutenir la lutte contre Satan et contre les autres ennemis si nombreux, si perfides et si puissants, qui cherchent à entraver ou même à détruire l’œuvre de la Rédemption dans le monde !

Et, remarquons-le bien, notre puissance pour faire l’œuvre de Dieu sera considérablement augmentée si, non seulement nous sommes des religieux FORTS pris individuellement, mais si, de plus, notre Institut est FORT pris dans son ensemble.

Qu'est-ce qui donnera, à un haut degré, cette force d'ensemble ? Sa Sainteté Léon XIII a donné par avance dans une de ses mémorables encycliques, la réponse à cette question. C'est L'UNION DANS LE RESPECT DE L'AUTORITÉ.

Oh ! M. T. C. F., je ne saurais trop insister sur la nécessité de ce respect de l'autorité, de cette union, de cet esprit de corps, de cette charité fraternelle tant recommandée par le Vénérable Fondateur pendant sa vie, et plus particulièrement encore au moment suprême où il allait quitter ce monde pour une vie meilleure.

Evitons partout, évitons toujours, évitons soigneusement tout ce qui pourrait affaiblir parmi nous l'union et le respect de l'autorité. Les médisances, les critiques, les désapprobations, les murmures soit en paroles, soit par des correspondances ou écrits quelconques sont des ennemis très pernicieux de I'UNION DANS LE RESPECT DE L'AUTORITE. Ne les tolérons jamais parmi nous. Il faut leur faire une guerre sans merci.

On a dit et non sans raison, que les mauvaises langues et les mauvaises plumes peuvent faire beaucoup de mal dans les Instituts religieux. Quelle responsabilité n'assumeraient pas sur eux les Frères qui s'oublieraient sur ce point ? Ils se rendraient certainement très coupables et devant Dieu et devant les hommes.

Sur cette question si importante de l'union et des avantages qu'elle produit, nous avons dans les Avis, Leçons, Sentences un chapitre admirable, c'est le XXXIII°. Oh ! qu'il est à souhaiter que nos Frères l'étudient, le méditent et goûtent la doctrine et les magnifiques exemples qu'il contient ! Il serait à citer ici tout entier. Bornons-nous toutefois à reproduire textuellement la belle et touchante prière par laquelle l'auteur le termine.

« O sainte Unité, que tu es nécessaire, que tu renfermes de bien ! Ô sainte Unité que nous a tant recommandée notre Vénérable Père ! Viens habiter parmi nous, règne toujours sur nous, nous voulons tous vivre sous ton aimable empire ! Ô sainte Unité ! dont nos premiers Frères nous ont laissé de si touchants exemples, nous sommes disposés à faire toute espèce de sacrifices pour te conserver ; sois toujours « avec nous, et fais que nous n'ayons tous qu'un cœur et qu'une âme et qu'on puisse toujours dire de nous : « voyez comme ils s'aiment, comme ils sont unis ! »

La deuxième vertu du Vénérable vers laquelle je vous propose de faire principalement converger vos efforts c'est LA SAINTE CRAINTE DE DIEu. Elle a brillé en lui d'un vif éclat. Et non seulement il l'a possédée à un haut degré, mais il sut la communiquer et la faire entrer profondément dans l'âme de nos premiers Frères. En général, ils se sont distingués par cette vertu fondamentale. J'en ai connu un bon nombre, et je puis affirmer que, sous ce rapport, ils étaient les dignes fils de leur bien-aimé Père.

Sommes-nous aujourd'hui ce qu'étaient nos aînés  ? Avons-nous au même degré qu'eux la sainte crainte de Dieu ? Hélas ! dans le milieu où trop souvent nous avons à vivre, combien ce sentiment ne s'est-il pas affaibli ? N'y a-t-il pas même certaines régions où cette sainte crainte est chose inconnue ? Combien n'y a-t-il pas d'écoles dans lesquelles il n'est jamais question de ce point, pourtant si capital, pour un chrétien ? Quelle ne serait pas la douleur de notre Vénérable Père s'il vivait aujourd'hui ! Combien il aurait raison de se lamenter et de redire la parole si caractéristique par laquelle il exprimait les sentiments qui remplissaient son âme : Voir offenser Dieu et les âmes se perdre sont pour moi deux choses insupportables et qui me font saigner le Cœur !

La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, nous dit l'Esprit-Saint au psaume CX.

 Au psaume CXXVII, que nous récitons chaque matin à None, il nous enseigne que Bienheureux sont tous ceux qui craignent le Seigneur et qui marchent dans ses voies ! et il ajoute dans le même psaume : Ainsi sera béni l'homme qui craint le Seigneur !

L'auteur de l'Imitation de N. S. J. C., au chapitre XXI du premier Livre, nous dit : Si vous voulez faire quelques progrès, conservez-vous dans la crainte de Dieu. Et un peu plus loin dans le même chapitre : Il n'y a de vraie liberté et de joie solide que dans la crainte de Dieu et la bonne conscience.

Au chapitre XXIV il ajoute : Celui qui est peu touché de la crainte de Dieu ne saurait longtemps persévérer dans le bien.

Sur cet important sujet, nous pourrions multiplier les citations tirées des Livres Saints, des écrits des Saints Pères, etc., établissant que cette sainte crainte de Dieu est fondamentale dans toute vie chrétienne, et, à plus forte raison, dans toute vie religieuse.

Que de fois le Frère Louis-Marie, de vénérée mémoire, ne nous a-t-il pas dit aux retraites, que de fois n'a-t-il pas écrit dans ses mémorables circulaires qu'une des plus sûres marques de prédestination c'est la sainte crainte de Dieu, l'horreur pour le péché ?

Il importe donc beaucoup que nous redoublions de zèle, que nous prenions partout les meilleurs moyens pour fortifier cette sainte crainte de Dieu dans l'Institut et particulièrement dans nos maisons de formation : juvénats, noviciats, scolasticats. Les Frères qui sont employés dans ces maisons se souviendront qu'on ne donne pas ce qu'on n'a pas. Ils s'appliqueront donc à acquérir à un haut degré ce qu'ils ont à donner à leurs disciples.

Quant à nos Frères employés dans l'enseignement, je les exhorte instamment à attacher une très grande importance à cette partie de la formation chrétienne de leurs élèves. Ils devraient tous avoir grandement à cœur qu'aucun ne quitte leur école sans emporter, à un degré -suffisant, la somme de sainte crainte de Dieu et d'horreur pour le péché, qui sera un facteur si puissant pour le maintenir dans la bonne voie ou pour l'y ramener au cas où il se serait momentanément égaré.

Nous aurons soin de ne pas oublier le Nisi Dominus, et pour rendre nos efforts efficaces, nous prierons partout avec ferveur et confiance pour obtenir que Dieu lasse croître sa sainte crainte en chacun de nous et dans les âmes de tous ceux dont nous avons la charge. 

IV

FONDATIONS NOUVELLES.

 C'est malheureusement une exception rare, lorsque nous pouvons faire accueil à quelqu'une des nombreuses et souvent si intéressantes demandes de fondation, qui nous arrivent des pays où nous n'étions pas encore établis. Nous considérons, en effet, comme un de nos devoirs de ne pas abandonner, à moins d'impossibilité, les positions déjà occupées, - leur maintien nous demandât-il de réels sacrifices, - et c'est à peine si notre contingent actuel nous permet de combler les vides faits par la mort ou la maladie, ou créés par le développement inespéré de quelques-unes de nos maisons existantes.

Cependant, parmi ces appels qui nous viennent de contrées demeurées jusqu'ici en dehors de notre sphère d'action, il en est de si pressants et si éloquemment motivés qu'on ne saurait les rejeter sans un véritable serrement de cœur ; et c'est -pourquoi,' en comptant sur la Providence, qui semble nous y encourager en bénissant d'une manière visible la plupart de nos maisons de formation, nous avons cru devoir accepter, au cours de cette année, quatre établissements nouveaux situés dans des pays où nous n'en avions pas encore : un à Santa Rosa de los Andes, dans le Chili ; un à Batticaloa, dans l'île de Ceylan ; un à Stanleyville, dans le Congo belge et un quatrième à Bétafo dans l'île de Madagascar.

A. Santa Rosa de los Andes, nous avons été appelés par Monseigneur l'Archevêque de Santiago, capitale du Chili. Les Frères y sont arrivés à la mi-mars, après un heureux voyage, et ont trouvé auprès des RR. Pères Assomptionnistes, aux soins desquels est confiée la paroisse, le plus paternel accueil. L'école qu'ils y ont ouverte, semble répondre pleinement aux vœux de la population catholique, dont nous espérons qu'elle ne tardera pas à gagner la confiance.

A Batticaloa, nos Frères sont les auxiliaires des RR. PP. Jésuites, qui y dirigent un collège florissant. Ils ont été reçus avec les plus affectueux témoignages de la charité chrétienne et religieuse par les Révérends Pères, qui n'ont rien oublié pour adoucir, dans toute la mesure du possible, ce que pouvait avoir d'un peu pénible, dans les premiers jours, leur adaptation au climat et à la manière de vivre du pays. Ils sont jeunes, mais pleins d'ardeur et de bonne volonté ; c'est pourquoi nous aimons à croire qu'ils rempliront les espérances des vénérables religieux, qui leur ont fait l'honneur de les associer à leur mission rédemptrice.

Sur l'initiative des Pères du Saint-Esprit, apôtres de la région, l'établissement de Stanleyville, situé dans la partie nord-orientale de l'Etat du Congo, nous a été demandé par le gouvernement belge, qui se charge d'en faire les frais. C'est un vaste champ ouvert au zèle de nos Frères de Belgique, et aussi, nous l'espérons, une belle moisson de jeunes âmes que Dieu prépare aux nombreuses et bonnes vocations qu'il fait affluer avec une providentielle abondance dans les maisons de noviciat et de juvénat de cette Province.

Enfin à Bétafo, ce sont les RR. Pères de la Salette qui nous ont appelés dans ce canton de la grande île africaine confié à leurs soins par la sainte Eglise, afin que nous les aidions dans la modeste mesure de notre possible, à attirer et à maintenir dans le bercail du divin Pasteur les pauvres âmes que le démon en tient encore éloignées. Là aussi, nous aimons à croire que, moyennant la grâce de Dieu, et la maternelle bénédiction de N.-D. de la Salette, nos Frères pourront faire beaucoup de bien.

Dans chacun de ces mêmes centres, plusieurs autres établissements seraient à fonder dès aujourd'hui. On nous les demande avec instance ; malheureusement, comme au temps de l'Evangile, ce sont les ouvriers qui font défaut. Prions donc le Seigneur et la Très Sainte Vierge d'amener dans nos centres de formation des vocations de plus en plus nombreuses et plus ferventes, et surtout de faire croître de plus en plus, dans celles qui y sont déjà, l'esprit de notre Vénérable Fondateur, avec le zèle, le dévouement, l'esprit de sacrifice et les autres vertus qui sont la condition première de tout succès dans l'accomplissement de l’œuvre de Dieu.

Toutefois, bien que le nombre de nos sujets formés soit très insuffisant pour répondre aux nombreuses demandes qui nous arrivent de toutes les parties du monde, je suis heureux de rendre hommage au zèle croissant pour le bon recrutement dans toutes nos Provinces. Grâce à Dieu, ce zèle n'est pas stérile. Nos juvénats sont, en général, peuplés d'une bonne jeunesse qui promet beaucoup pour l'avenir. Nous avons surtout à nous réjouir et à bénir le Seigneur de constater que la proportion des vocations recrutées parmi les élèves de nos écoles est en croissance. Maintenant que la communion fréquente se généralise de plus en plus parmi les élèves de nos pensionnats et aussi dans nos externats, nous pouvons espérer que les vocations y germeront de plus en plus nombreuses. Continuons à répandre de plus en plus le Bref de Sa Sainteté Pie X sur le recrutement, la petite Vie illustrée du Vénérable, etc.

 CRÉATION D'UNE NOUVELLE MAISON DE RECRUTEMENT

ET DE FORMATION A TURIN.

 Grâce à la bienveillante intervention de Son Eminence le Cardinal Richelmy, archevêque de Turin, une vaste maison située dans un des faubourgs de la ville, et qui avait servi de séminaire, nous a été louée en vue d'y établir une maison de recrutement pour notre Institut.

Bien que cette maison fasse partie de la province de N.-D. de l'Hermitage, il a été réglé, en Conseil Général,

qu'on y admettrait des sujets qui appartiendraient à d'autres provinces et de préférence à celles où le recrutement sur place se fait le plus difficilement.

Il a été entendu aussi que ces provinces supporteront les frais d'entretien et de formation des sujets qui leur seront destinés.

 V

 AVIS DIVERS

LE LIVRE D'OR DU DÉVOUEMENT POUR LE CENTENAIRE.

 Je crois utile de transcrire ici ce que je vous écrivais à ce sujet le 6 juin 1908.

« Depuis la fondation de l'Institut en 1817, jusqu'aujourd'hui, il s'est accompli certainement parmi nos Frères d'innombrables actes de dévouement. Peut-être même serait-il permis de dire que beaucoup de vies de nos religieux n'ont été qu'une suite ininterrompue d'actes d'un dévouement héroïque. C'est ce que l'on sait déjà, en partie, par le Livre des Biographies de quelques Frères, et par les notices biographiques publiées dans les Circulaires et le Bulletin  de l'Institut ; mais il serait bon, ce semble, de grouper tous ces faits en un seul ouvrage, que nous éditerions à l'époque du centenaire. Cet ouvrage pourrait avoir pour titre : La pratique du dévouement dans l'institut des Petits Frères de Marie pendant le premier siècle de son existence.

« C'est dans ce but que je fais appel à la bonne volonté de tous et de chacun pour qu'on m'envoie le plus tôt possible les documents, les notes écrites, les relations des faits relatifs à des actes de dévoue ment dignes d'être transmis à nos successeurs.

 « Un grand nombre d'entre vous, je l'espère, se feront un bonheur d'apporter leur pierre à cet édifice, à ce monument de famille. Si minimes que puissent  paraître parfois certains faits, il sera bon de les noter.  De plus, on fera en sorte que toutes les relations indiquent suffisamment les lieux, les dates, les noms des Frères, etc. Les documents dont il s'agit pourront m'être adressés directement ou par l'intermédiaire des Frères Provinciaux. »

Je suis heureux d'avoir à féliciter un certain nombre de Frères qui ont très bien compris cet appel, et m'ont fait parvenir des relations qui ne pourront manquer de faire beaucoup de bien parmi nous quand elles seront publiées.

Mais on peut faire beaucoup plus. Je réitère donc l'appel de 1908 et je le recommande au zèle et à la sollicitude de nos Frères Provinciaux. Ils voudront bien profiter des prochaines retraites pour le rappeler aux Frères et leur donner des instructions et explications en vue de faciliter le travail.

 COMPTABILITÉ.

 Voici une note que me remet le T. C. Frère Augustalis, président de la Commission du Régime chargée de faire au Conseil Général un rapport sur la comptabilité de l'Economat Général et de toutes les maisons de l'Institut conformément aux articles 163 et 168 des Constitutions :

« La circulaire du 2 février dernier rappelait aux Frères Provinciaux, aux Frères Directeurs, aux Frères Economes le devoir d'envoyer à la Maison-Mère les arrêtés de comptes semestriels et de fin d'année aux époques déterminées. J'ai la satisfaction de vous dire que ce rappel a été entendu. Les derniers  arrêtés ont été envoyés plus exactement, et, en général, avec un progrès bien marqué dans la bonne  disposition de ces comptes et dans leur exactitude. »

CONTRIBUTIONS POUR LA FUTURE CHAPELLE DE ROME.

 Dans la plupart de nos provinces, on a montré beaucoup d'empressement pour se conformer à l'invitation formulée dans la circulaire du 2 février dernier concernant la contribution pour notre future chapelle de Rome. Je suis heureux d'en témoigner ici ma satisfaction et ma reconnaissance au nom de l'Institut.

Les membres du Régime ont été particulièrement touchés et édifiés lorsque j'ai porté à leur connaissance que, dans certains établissements, les Frères avaient accepté généreusement de faire des sacrifices, de s'imposer des privations en vue de contribuer à l’œuvre.

J'invite les maisons qui n'ont pas encore versé leur contribution à nous l'envoyer aussitôt que cela leur sera possible.

 DOCUMENT DE ROME

DÉCRET

           au sujet des religieux astreints au service militaire.

  Parmi les autres difficultés dont souffre à notre époque l'Eglise du Christ, il faut aussi compter la loi qui oblige au service militaire même les jeunes gens qui se consacrent dans les familles religieuses au service de Dieu.

Personne ne peut méconnaître quel dommage cette funeste loi peut apporter, soit aux jeunes gens, soit aux sociétés religieuses elles-mêmes. En effet, tandis que les jeunes novices sont à la caserne, ils peuvent facilement se laisser souiller par les vices ; et dans cette condition, ou bien négligeant de penser aux vœux qu'ils avaient émis, ils sien iront dans le siècle, ou bien, ce qui est beaucoup plus fâcheux, ils rejoindront leur maison religieuse, avec le danger de contaminer les autres.

C'est donc afin d'éviter ces maux que la Sacrée Congrégation proposée aux Affaires des Religieux, dans une assemblée plénière des Em. Pères les Cardinaux, réunis le 26 août 1910 au palais du Vatican, a décrété les points suivants :

I. - Quand dans les Ordres réguliers à vœux solennels il ne ressort pas sûrement que les jeunes religieux sont libérés du service militaire actif, c'est-à-dire de ce service qu'ils doivent accomplir pendant un an ou deux après avoir été appelés une première fois. sous les drapeaux, ces mêmes jeunes gens ne peuvent être admis aux. saints Ordres ou à la profession solennelle, tant qu'ils n'auront pas achevé leur service militaire et que, cette tâche accomplie, ils ne seront pas restés au moins pendant un an, comme on va le dire, dans l'observation des vœux simples, en se conformant, pour les Frères lais, au décret SacrosanctaDei Ecclesia, publié ce jour même.

Il. - Dans les Instituts à vœux simples, les jeunes gens dont il est question dans l'article précédent pourront seulement être admis à des vœux temporaires jusqu'au moment de leur service militaire ; et ils ne pourront pas, pendant leur service actif, renouveler leur profession ; lorsqu'ils auront été congédiés du service, ils feront de nouveau profession, au moins pour un an, avant de se lier par la profession perpétuelle.

III. - Les jeunes gens faisant leur service prendront garde de ne pas perdre le don de leur sainte vocation, mais de vivre toujours avec cette modestie et cette réserve qui sied à des religieux. C'est pourquoi ils éviteront avec horreur les réunions et les lieux suspects, les théâtres, les danses et autres spectacles publics ; ils éviteront aussi la fréquentation des mauvaises personnes, les conversations dangereuses, les choses irréligieuses, les hommes professant des doctrines suspectes, les lectures contraires à la foi ou aux mœurs et offensant les enseignements du Saint-Siège, et toutes les autres occasions de pécher ; ils n'omettront pas de fréquenter les sacrements, autant que cela leur sera permis, et d'aller aux cercles ou réunions catholiques pour distraire et cultiver leur esprit.

IV. - Partout où sera établie leur garnison, s'il se trouve dans la localité une maison de leur Ordre ou de leur Institut, qu'ils aient soin de s'y rendre souvent et d'être sous la vigilance immédiate de leur Supérieur. Mais si cette maison ne s'y trouve pas ou s'ils ne peuvent pas y aller commodément, qu'ils aillent trouver un prêtre désigné par l'évêque à cet effet, qu'ils se servent de ses conseils et soient en fréquentes relations avec lui, en sorte que, lorsqu'ils devront abandonner cette même garnison, ils puissent recevoir de lui un témoignage écrit attestant comme quoi ils ont observé toutes les prescriptions de l'article précédent. S'il n'y a pas de prêtre qui soit désigné par l'évêque, ils choisiront eux-mêmes un prêtre prudent, et ils feront connaître tout de suite ce choix à leurs Supérieurs : ceux-ci s'informeront auprès de l'Ordinaire, des mœurs, de la science et de la prudence de ce même prêtre. De plus, ils établiront et entretiendront avec soin, autant que faire se pourra, une correspondance active et fidèle avec leur Supérieur respectif ou avec un autre religieux ou Frère de leur Institut, désigné pour cela : ils lui feront connaître leur genre de vie et leur situation ; ils le tiendront au courant de leurs changements de garnison, et surtout du nom et du domicile du prêtre avec lequel ils sont en relation, et dont ils suivent les directions, comme il a été prescrit plus haut.

V. - Les Supérieurs Généraux ou Provinciaux même locaux, suivant la coutume leur propre institut, sont absolument tenus, soit par eux-mêmes, soit par un religieux délégué à cet effet (et revêtu du sacerdoce dans les Instituts de clercs), de s'enquérir de la vie, des mœurs et de la conduite générale de leurs sujets durant le service militaire. ils le feront surtout par l’intermédiaire du prêtre ou des prêtres dont il a été parlé, en se servant, s'il le faut, des lettres secrètes afin de S'assurer qu'ils ne se sont pas écartés de la voie droite de la foi et des mœurs, qu'ils ont observé les garanties prescrites plus haut, et qu'ils se sont montrés fidèles à la vocation divine ; sur ce point, la conscience des supérieurs demeure gravement chargée,

VI. - Lorsqu'ils auront définitivement été congédiés du service actif, ils devront chacun se rendre directement à leurs maisons religieuses, et là, Si J'on est assuré de leur bonne conduite passée, comme il a été dit dans l'article précédent, ceux qui font partie des Instituts à vœux simples Seront admis, après quelques jours d'une sainte retraite, à renouveler leurs vœux temporaires; dans les Ordres réguliers, au contraire, ils seront placés parmi les jeunes clercs ou profès, ou. tout au moins dans une maison où l'observance régulière est parfaite, Sous la vigilance spéciale et la direction d'un religieux recommandable par sa piété et sa prudence ; dans les Instituts de clercs, ce religieux devra être prêtre. Dans cet état, ils devront passer tout le temps qui doit précéder les vœux solennels ou perpétuels, conformément aux prescriptions apostoliques et aux constitutions de leur famille religieuse (ce temps ne peut être moins d'un an, suivant ce qui a été dit aux articles 1 et 11) ; de telle façon cependant que l'on lasse entrer en ligne de compte le temps passé dans les vœux Simples ou temporaires depuis la première émission des vœux jusqu'au départ de la maison religieuse pour le service militaire, mais non pas le temps qui a été passé au service.

VII. - Pendant ce temps-là ils devront s'appliquer aux études et à l'observance régulière ; les supérieurs immédiats et les religieux préposés à la direction des plus jeunes devront les examiner avec le plus grand soin, étudier leurs habitudes, leur ferveur, leurs goûts, leurs opinions, leur zèle à persévérer, afin de pouvoir, avant la dernière profession, rendre compte à leur sujet aux Supérieurs majeurs, sous la foi du serment.

VIII. - S'il en est qui, pendant ou après leur service militaire, mais avant leur admission à la profession solennelle ou perpétuelle, ont fait concevoir des doutes sur leur persévérance, ou ne se sont pas soumis aux précautions prescrites pendant le temps du service ou n'ont point gardé intègre la pureté de foi ou de mœurs, ils seront congédiés par leur Supérieur général, du consentement des membres de son Conseil ou de ses définiteurs, et leurs vœux seront considérés comme annulés par l'acte même du licenciement. Que si les jeunes gens eux-mêmes désirent être déliés de leurs vœux, ou en font la demande, le pouvoir est donné aux dits supérieurs, comme délégués du Saint-Siège, de les délier de leurs vœux, s'il s'agit d'Instituts de clercs ; mais s'il s'agit d'Instituts de laïques, les vœux seront regardés comme déliés par les lettres des Supérieurs leur permettant de retourner dans le siècle.

IX. - A ces prescriptions sont tenues même les Sociétés d'ecclésiastiques qui, sans avoir de vœux, soit simples, soit solennels, font cependant de simples promesses par lesquelles ils s'obligent envers lesdites Sociétés.

X. - Dans le cas où quelque point nouveau non prévu dans ce décret serait soulevé, où également quelque doute s'élèverait dans la manière d'entendre ce même décret, on aura recours pour chaque cas à cette Sacrée Congrégation.

Notre Très Saint Père le Pape Pie X, sur le rapport du sous-secrétaire, a daigné approuver et confirmer toutes ces décisions, nonobstant toutes choses contraires.

Donné à Rome, à la Secrétairerie de la S. Congrégation des Religieux, le 1ier janvier 1911.

                        Fr. J.-C. card. Vivés, préfet.

                                         DONAT, archevêque d'Ephèse, secrétaire.

  FAVEURS

 ATTRIBUÉES À L'INTERCESSION DU V. CHAMPAGNAT.

 I

 Depuis de longues années M. X., de Tenomaxtlan, était l'esclave de l'ivrognerie et il en était arrivé à tel point, qu'on craignait, d'une manière fondée, une mort prochaine par suite de ce vice. Son épouse, très digne personne et une fervente chrétienne, mère de plusieurs enfants en bas âge, était désolée. Ayant ouï parler de faveurs extraordinaires, obtenues par l'intercession du Vénérable Champagnat, elle s'adressa à lui avec confiance.

Une neuvaine est commencée en famille et elle n'était pas terminée que le père, ému et touché, prend une résolution énergique de ne plus prendre de liqueur ni d'aucune boisson enivrante. Voilà déjà un an que, fidèle à sa résolution, ce Monsieur n'a pris aucune espèce de boisson alcoolique, malgré les instances de ses amis et les circonstances engageantes dans lesquelles il s'est maintes fois trouvé.

M. le curé et toute la famille attribuent à l'intercession du Vénérable Champagnat cette insigne grâce.

                        (Extrait d'une lettre du C. F. Pierre-Damien.)

 II

 M. Zefirino Vizeaino, habitant de Chiquilistan, dans l'Etat de Jalisco, est un bon ancien du village, usé par une longue maladie qui l'a privé d'une jambe. Un violent point de côté lui était resté et il en souffrait tellement, depuis huit ans, que le sommeil lui était impossible et même toute nourriture solide lui augmentait considérablement la douleur. C'est tout au plus s'il pouvait jouir de trois ou quatre heures d'accalmie dans les 24 heures. Il avait consulté un bon nombre de médecins et eu recours à beaucoup de remèdes; mais sans aucun résultat sérieux

Etant passé chez lui, je lui conseillai, ainsi qu'à son épouse, de commencer une neuvaine au Vénérable M. Champagnat et à cet effet, je leur remis une relique du Vénérable. La neuvaine lut faite et grâce à Dieu, elle se termine par une guérison complète.

Maintenant ce Monsieur dort bien et mange bien, et c'est tout au plus, si de loin en loin, il sent une très légère réminiscence de son mal ancien, comme pour lui rappeler la faveur dont il a été l'objet. Voilà plus d'un an que cette guérison a été obtenue et elle se maintient.

         (Extrait d'une lettre du C. F. Pierre-Damien.)

 III

        Un de nos Frères du Canada nous transmet la relation suivante :

 Mon Très Révérend Frère Supérieur,

Je suis heureuse de vous envoyer la relation d'une faveur signalée obtenue par l'intercession de votre Vénérable Fondateur et dont un de mes enfants a été l'objet.

Ma petite Marie-Louise avait, depuis deux ans, un mal d'oreille étrange, reste d'une fièvre scarlatine compliquée d'une forte grippe, qu'elle avait eue à l'âge de six mois.

Tout d'abord j'y portai peu d'attention, croyant que c'était une douleur passagère qui ne tarderait pas à disparaître. Mais quels ne furent pas mon étonnement et mes craintes, lorsque je constatai que le mal, au lieu de disparaître, s'aggravait de jour en jour. Bientôt l'oreille se mit à suppurer et à saigner abondamment. Ne sachant trop que faire, je recommandai la malade à sainte Anne, priant cette grande sainte de guérir mon enfant. Je fis une ou deux neuvaines à cette intention, mais sans succès, le mal ne fit que s'accroître.

Sans perdre confiance, je fis d'autres neuvaines, et cette fois à Notre-Dame du Saint-Rosaire, à saint Antoine, etc., et toujours sans plus de succès. Voyant que le mal empirait d'une part et que de l'autre le ciel restait sourd à mes supplications, je résolus de recourir au médecin, ce que je n'avais encore osé faire, craignant que ma petite ne devînt sourde, par suite des opérations que peut-être on lui ferait subir.

Je portai donc ma petite chez un spécialiste renommé pour maladies d'oreilles. Après un sérieux examen le médecin trouva le cas si grave qu'il jugea l'opération urgente. Il la fit le soir du même jour.

Sur son ordonnance, je revins chez lui, trois jours après, afin qu'il pût compléter l'opération. Je fis voyage nul. L'oreille suppurait et saignait tellement que le docteur crut prudent de ne pas aller plus loin. Il m'avait remis une espèce d'eau gazeuse avec laquelle je devais lui laver l'oreille plusieurs fois le jour, jusqu'à ce que tout écoulement eût cessé.

Les premiers jours, cette eau sembla donner quelque soulagement à l'enfant, mais bientôt la douleur reprit plus vive qu'auparavant et les écoulements, devenus plus fréquents, firent un trou jusqu'aux os, en arrière de l'oreille. Je cessai de la laver avec cette eau gazeuse, car ce traitement la faisait horriblement souffrir et ce n'était qu'en la faisant tenir par d'autres que je pouvais procéder à cette douloureuse opération. L'enfant dépérissait à vue d’œil. La douleur lui faisait verser des larmes, une grande partie de ses nuits. Je ne savais trop que faire, lorsque sur ces entrefaites une de mes sœurs, qui était venue demeurer avec moi, écrivit à notre frère religieux de votre Communauté, l'informant de la maladie de sa petite-nièce.

Dans sa réponse, mon frère nous invitait à faire une neuvaine au Vénérable Père Champagnat, tandis que lui-même en ferait faire une par ses petits élèves. A la lettre était jointe une image relique de votre saint Fondateur.

En recevant l'image, je n'eus rien de plus pressé que de la remettre à l'enfant, lui disant que c'était son oncle « le Frère » qui lui envoyait cette image pour la guérir. Je lui recommandai aussi de la baiser et d'appliquer la sainte relique sur son oreille malade, ce que l'enfant fit immédiatement et avec une grande piété.

La nuit venue, je plaçai l'image aux rideaux de son petit lit, pour qu'elle l'aperçût à son réveil. Le lendemain, je fus fort étonnée de voir la petite se mettre elle-même à genoux sur son lit, les mains jointes et priant avec une ferveur angélique devant l'image du Vénérable demandant sa guérison. Puis, à ma grande surprise, cette chère enfant vient se jeter dans mes bras en disant : « Maman, je suis guérie ». Et de fait, l'enfant était radicalement guérie.

A partir de ce moment les écoulements cessèrent, le trou qui s'était formé derrière l'oreille disparut, et pour comble de bonheur la dureté d'oreille qui résultait de la maladie disparut aussi comme par enchantement.

La neuvaine promise qui devait commencer ce jour-là même fut faite, mais en action de grâces de cette insigne faveur.

Je ne crains donc pas d'affirmer, Mon Révérend Frère Supérieur, que mon enfant doit sa guérison et par suite la vie à votre Vénérable Père, car tous ceux qui la voyaient la disaient perdue et le docteur lui-même avait déclaré qu'elle mourrait d'empoisonnement du sang.

Gloire à Dieu et honneur au Père Champagnat auquel je serai à jamais reconnaissante d'une aussi grande faveur.

Je suis avec un profond respect, Mon Révérend Frère Supérieur,

Votre très humble servante, 

                      Véronique FORTIN,

                  Dame Philippe VEILLEUX.

 DÉCLARATION DU MEDECIN.

 Je déclare avoir traité, en septembre et octobre 1908, l'enfant de M. Philippe Veilleux, de Saint-Victor-Tring (Marie-Louise Veilleux, âgée de 3 ans). La maladie a débuté après une scarlatine très maligne, me dit-on.

Le traitement a été sans succès à ce temps-là.

J'ai revu l'enfant en février 1909 et après examen sérieux de l’oreille, je ne retrouvai plus aucune lésion inflammatoire quelconque de la partie.

La maladie n'a pas repris depuis cette dernière date.

                                                                                                        Signé: J. H. Desrochers.

     Beauceville  8 juillet 1909.

 Nos DÉFUNT

 F. CAMILLE-EDOUARD, Profès temp., décédé à Apia (Samoa), le 30 décembre 1910.

F. MEINARD, Profès perp., décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 26 janvier 1911.

F. ACHILLEE, Profès perp., décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 26 janvier 1911.

F. THEOTON, Profès perp., décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 29 janvier 1911.

F. JEAN-HONORE Profès perp., décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 30 janvier 1911.

F. ZEPHIRIN, Profès perp., décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 7 février 1911.

F. PHILADELPHE, Profès perp., décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 10 février 1911.

F. SPERAT, Profès perp., décédé à Anzuola (Espagne), le 12 février 1911.

F. EMETERIO-JOSÉ, Profès temp., décédé à Lerida (Espagne), le 12 février 1911.

F. RESTITUT, Profès perp., décédé à Mataró, Valldemia (Espagne), le 15 février 191.1.

F. LUDWIN, Profès perp., décédé à Beaucamps (Nord), le 16 février 1911.

F. HERVIEN, Profès perp., décédé dans la Province d'Aubenas-, le 20 février 1911.

F. MARY-THADDEUS, Profès perp., décédé à Ennis (Irlande), le 20 février 1911.

F. CEREAL, Profès perp., décédé à Varennes-sur-Allier (Allier), le 21 février 1911.

F. ENNODE, Profès perp., décédé dans la Province de Saint-Paul, le 26 février 1911.

F. ATTILAN, Profès perp., décédé à Ruoms (Ardèche), le 28 février 1911.

F. LÉANDRE, Profès perp., décédé à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), le 3 mars 1911.

F. GERVASIO, Novice, décédé à Las Avellanas (Espagne), le 6 mars 1911.

F. GIBRIEN, Profès perp., décédé à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), le 8 mars 1911.

F. CORBINIEN, Profès perp., décédé à Beaucamps (Nord), le 9 mars 1911.

F. HIGINIO, Profès perp., décédé à Las Avellanas (Espagne), le 12 mars 1911.

F. PAUL-ALFRED, Profès temp., décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 12 mars 1911.

F. JOSÉ-MIGUEL, Profès temp., décédé à Las Avellanas (Espagne), le 13 mars 1911.

F. MARiE-LAMBERT, Stable, décédé à -Saint-Maurice (Italie) le, 17 mars 1911.

F. GAMALIELE, Novice, décédé à Vintimille (Italie), le 17 mars 1911.

F. ANDREW-MARY, Profès temp., décédé à Uitenhage (Afrique du Sud), le 19 mars 1911.

F. FRANÇOIS-XAVIER, Profès perp., décédé dans la Province d'Aubenas, le 28 mars 1911.

F. LOUIS-ANTONIN, Profès perp., décédé à Ruoms (Ardèche), le 30 mars 1911.

F. KILIEN, Profès perp., décédé à Beaucamps (Nord), le 2 avril 1911.

F. JEAN-NÉPOMUCPNE, Stable, décédé à Beaucamps (Nord), le 6 avril 1911.

F. SYNESIUS, Profès perp. , décédé à Pommerœul (Belgique), le 7 avril 1911.

F. CHRYSOGONE, Profès perp., décédé à Ruoms (Ardèche), le 8 avril 1911.

F. LEONISSA, Stable, décédé à Ruoms (Ardèche), le 16 avril 1911.

F. JEAN-DAMASCÈNE, Profès perp., décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 23 avril 1911.

F. DIOCLES, Profès perp., décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 29 avril 1911.

    HANLEY JOSEPH, Postulant, décédé à Poughkeepsie (Etats-Unis), le 1iermai 1911.

 « Mourir en se disant qu'on n'a jamais étendu d'un pouce l'empire du mal sur la terre, mais qu'on a étendu, au contraire, les limites sacrées de l'empire du bien ; qu'on a dépensé son esprit, ses années, sa fortune et ses forces à soutenir le règne de la vérité et de la justice, quelle joie, quelle consolation, quelle ferme assurance au milieu des ombres du dernier moment ! quel bonheur devant les hommes, quelle protection devant Dieu ! »

(Revue de l'Archiconfrérie du Cœur  Eucharistique de Jésus, décembre 1910.)

La présente circulaire se lira en Communauté à l'heure ordinaire de la lecture spirituelle. On pourra la lire une seconde fois comme lecture de table.

Recevez, M. T. C. F., la nouvelle assurance de mes meilleurs sentiments de religieux attachement et d'entier dévouement en Notre-Seigneur.

                              Frère STRATONIQUE.

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