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Circulaires 222

 

Br. Stratonique
31/12/1907 - Vol. XI, n. 6
Circular 222

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Réflexions. - Un mot sur les Visites d'établissements dans l'Amérique du Nord, en Australie, etc. - Exhortation au zèle pour le recrutement. - Quelques lignes sur le R. F. Théophane. - Remerciements et souhaits.- Revue rétrospective de l'année 1907. - Décès du R. F. Théophane. - Réunion du Chapitre général. - Election du Frère Supérieur Général. - Autres élections. - Affaires traitées par le Chapitre général. - Cause du V. P. Champagnat. - Clôture des exercices du second noviciat. - Nos maisons provinciales de France. -Visites épiscopales. -Visite de Frères Supérieurs généraux. - Vêtures et émissions de vœux. - Etablissements fondés en 1907. - Départs de Frères pour pays hors d'Europe. - Visites de provinces par délégation. - Une réception en Colombie. - Jubilé sacerdotal de S. S. Pie X. - Avis divers. - Défunts. - Compte rendu des travaux du 11° Chapitre général.

222

Circ. Sup. 07.4

  V. J. M. J.                                                                              Grugliasco, le 31 décembre 1907.

 

     Mes Très Chers Frères,

La divine Providence ordonne ou permet tous les, événements d'ici-bas; et sait en disposer toujours pour le plus grand bien de ses élus. Tel est, vous le savez, l'enseignement de notre foi.

Cette vérité, si propre à nous consoler, à nous réconforter, à nous procurer la paix au milieu de nos épreuves, j'ai tenu à vous la rappeler au début de la première circulaire que je vous adresse, alors que, depuis quelques semaines seulement, m'a été confiée la redoutable charge de Supérieur Général.

Voilà bientôt un siècle que le Vénérable Père Champagnat jeta les fondements de notre cher Institut, dans la modeste et pauvre maison de Lavalla. Que n'eut-il pas à souffrir pendant les vingt-trois années qui suivirent le jour où il mit la main à l'œuvre, jusqu'à sa bienheureuse mort! Que de contradictions à subir! que d'obstacles à surmonter ! Pour lui et pour son œuvre, il vit, presque sans répit, les difficultés succéder aux difficultés ; et c'est toujours avec une vive et profonde impression que nous en lisons le récit contenu dans les chapitres XI, XII, XIII, et XIV du 1ier volume de sa vie.

Mais le Vénérable Père, toujours plein de confiance en la divine Providence, et convaincu que Dieu voulait l'œuvre entreprise, ne cessa d'aller de l'avant, sans que rien pût ébranler son courage et sa constance.

Quelques jours avant sa mort, répondant à un Frère ancien qui était venu le voir, et qui se montrait inquiet sur l'avenir de la Congrégation si le bon Père venait à lui manquer, il lui dit ces paroles qui me semblent pleines d'actualité dans les circonstances où nous nous trouvons.

« Mon bon Frère, ne vous mettez pas en peine de cela. Est-ce qu'il manque des hommes à Dieu pour accomplir son œuvre ? Le Frère que vous avez choisi pour me remplacer fera mieux que moi. L'homme n'est qu'un instrument, ou plutôt il n'est rien : c'est Dieu qui fait tout. Vous devriez comprendre cette vérité, vous qui êtes des anciens et qui avez vu les commencements de l'Institut. La Providence n'a-t-elle pas toujours pris soin de nous ? Qui nous a fait triompher de tous les obstacles que nous avons rencontrés ? Qui nous a fourni les ressources pour bâtir cette maison ? Qui a béni nos écoles et les a fait prospérer ? N'est-ce pas la divine Providence qui, en un mot, a tout fait chez nous ? Or, si elle a pris soin de cet Institut jusqu'aujourd'hui, pourquoi n'en prendrait-elle pas soin à l'avenir ? Croyez-vous qu'elle cessera de protéger l'Institut parce qu'il y aura un homme de moins ? Détrompez-vous, je vous le répète : les hommes ne sont pour rien dans cette œuvre. Dieu la bénira, non à cause des hommes qui la dirigent mais à cause de son infinie bonté et des desseins de miséricorde qu'il a sur les enfants qui nous sont confiés. »

Quelle impression ne doivent pas faire sur nous ces pensées et ces sentiments quand nous considérons qu'ils sont d'un saint prêtre, d'un fondateur, d'un père, et d'un père qui va mourir ! Nous ne saurions trop nous en pénétrer pour y conformer, à son exemple, les actes de notre vie.

De nos jours, comme au temps du Vénérable Fondateur, ne pouvons-nous pas dire que, grâce à la maternelle et constante protection de la Très Sainte Vierge, la Providence s'est montrée admirable de bonté envers nous, pendant les quelque vingt-cinq ans qui viennent de s'écouler ? Voyons ensemble comment elle a tout disposé pour que, sans éprouver un dommage qui eût pu être mortel pour notre Institut, nous fussions pré parés à subir le terrible choc des lois de proscription édictées récemment contre les Congrégations religieuses.

Remontons à l'année 1883. C'est celle où le neuvième chapitre général de l'Institut, réuni à Saint-Genis-Laval, décida par acclamation que notre Congrégation serait consacrée d'une manière spéciale au divin Cœur de Jésus. Dès lors, voilà qu'une orientation nouvelle se produit dans nos fondations d'écoles: c'est dans toutes les parties du monde que les Petits Frères de Marie se répandent pour aller y exercer leur mission d'éducateurs religieux. Qui ne verrait en cela la main de la divine Providence, dirigeant les décisions du Régime 'vers ce moyen d'assurer la conservation de notre œuvre et de favoriser son accroissement dans l'avenir ?

Dans le long voyage que j'ai fait pendant le  cours de l'année dernière, en compagnie du Très Cher Frère John, Assistant général, et par ordre de notre vénéré et regretté Supérieur Général défunt, il nous a été donné de voir sur place cette heureuse extension de nos œuvres : en Arabie (Aden); dans les trois provinces d'Australie: South-Australia, Victoria et New-South-Wales; en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, aux îles Fidji, aux îles Samoa, aux Etats-Unis d'Amérique et au Canada. Et ce n'est là qu'une partie des pays hors de France OÙ notre Institut a pris les développements qui vous sont connus.

Ici, M. T. C. F., je suis heureux de faire connaître à toute la Congrégation qu'en général, l'œuvre de Dieu se fait bien, très bien même, dans tous les établissements que nous avons visités en ces immenses contrées : les Frères y sont pieux, réguliers, dévoués, et parmi eux règne le véritable esprit de famille.

Les autorités ecclésiastiques, archevêques, évêques, vicaires généraux, curés des paroisses, prêtres religieux de divers ordres - Jésuites, Maristes, Dominicains, Oblats de Marie, Rédemptoristes, Pères du Saint-Sacrement, etc., nous ont rendu de nos Frères et de leurs œuvres de très bons témoignages. On pourrait presque dire qu'il n'y a pas eu une seule voix discordante.

Combien nous devons nous réjouir et bénir le Seigneur du bien opéré par nos Frères, et de ce qu'ils le font à la satisfaction de l'épiscopat et du clergé ! Preuve qu'ils y voient pour eux le devoir de suivre les intentions de notre Vénérable Père, qui, nous le savons, avait grandement à Cœur de voir ses enfants se faire partout et toujours les auxiliaires dévoués et dociles du clergé. Puissent les Petits Frères de Marie ne s'écarter jamais de cette ligne de conduite ! Ils y trouveront un gage de la bénédiction de Dieu sur leur ministère. Je me plais à ajouter que les autorités civiles, gouverneurs, ministres, magistrats de toute hiérarchie, que nous avons pu voir, ne se montrent pas moins favorables à nos Frères et à leurs écoles. Aussi en avons-nous reçu de consolants témoignages.

Et comment le concours des Congrégations religieuses enseignantes ne serait-il pas apprécié, désiré, sollicité ? Nous avons vu des régions et des villes où, à défaut de maîtres catholiques, des milliers et des milliers d'enfants catholiques, sont privés du bienfait inappréciable de l'éducation chrétienne et qui, en grand nombre, perdent la foi de leur baptême. C'est pour remédier, autant que possible, à ce grand malheur, que tant de membres de l'épiscopat et du clergé ont fait auprès de nous les plus vives instances, soit pour l'augmentation du nombre de Frères là où il y en a déjà, soit pour des fondations d'écoles dans des localités qui en sont dépourvues. A toutes ces demandes nous n'avons pu répondre trop souvent, hélas! que par des refus motivés sur le manque de sujets.

Cependant, quel champ immense offert à notre zèle ! Quel bien à faire et combien facile ! pourrais-je dire : nous avons pu nous en rendre compte dans notre long voyage autour du monde. Il nous a été donné de constater, avec la plus grande satisfaction, que partout (sauf une petite exception dans une des îles du Pacifique), les œuvres catholiques d'évangélisation, d'enseignement et de charité jouissent d'une complète liberté ; et que, même dans les pays où le protestantisme domine, elles sont favorisées de la protection des pouvoirs publics.

Que conclure, M. T. C. F., de ce qui vient d'être dit ? La première conclusion pratique à en tirer pour nous, c'est que nous devons concevoir une estime de plus en plus grande de notre sainte vocation de religieux instituteurs, vocation qui nous donne part à la sublime mission confiée par le divin Maître à ses apôtres et à leurs successeurs : « Allez, enseignez toutes les nations... et apprenez-leur à garder mes commandements ».

La grande voix du Pontife suprême, Pie X, s'est fait entendre naguère pour nous dire aussi toute l'importance qu'il attache à l'enseignement du catéchisme, le considérant comme une des plus impérieuses nécessités de notre époque. C'est précisément ce que notre Vénérable Fondateur avait bien compris en faisant de cet enseignement le but le plus important de notre vocation, après celui de notre sanctification personnelle.

Le plus éminent éducateur catholique du siècle dernier, l'illustre évêque d'Orléans, Mgr Dupanloup, a écrit les paroles suivantes, vraiment remarquables et bien propres à nous inspirer une haute idée de notre mission, et à nous faire accepter et supporter courageusement tous les sacrifices qui y sont attachés.

Ces paroles, les voici : « Tant qu'il y aura sur la terre une de ces créatures dont Dieu a dit : Faisons l'homme à notre image et ressemblance, l'éducation de l'homme sera la plus grande des œuvres, une œuvre providentielle et sacrée, une tâche toute divine, un sacerdoce.»

Qui d'entre nous, étant convaincu d'une telle vérité, voudrait donner prise aux suggestions de Satan, du monde et de la chair qui le pousseraient à regretter les oignons d'Égypte, et à reprendre la voie large de la vie séculière ? Ne serait-ce pas tout à la fois manquer de sens religieux, de générosité de Cœur, et trahir la plus noble, la plus recommandable des causes ? Ah ! loin de nous tous la pensée de déserter le saint combat dans lequel sont engagés les intérêts de Dieu, notre Père, de l'Eglise, notre mère, des âmes rachetées par Jésus-Christ et notre propre salut. 

*      *

Notre seconde conclusion doit être qu'il faut, plus que jamais, redoubler de zèle, dans toutes nos provinces, pour le recrutement de bonnes vocations.

Grâce à Dieu, je sais que l'on a compris l'appel que nous adressait, à ce sujet, le R. F. Supérieur défunt, dans sa dernière circulaire. Le zèle pour cette œuvre de première importance a été excité et s'est manifesté par tout, quoique à divers degrés ; nous en voyons déjà les heureux effets et nous en bénissons le Seigneur. Mais on peut et on doit faire mieux encore.

C'est bien le cas de redire ici la parole du divin Maître : « La moisson est abondante, mais les ouvriers pour la cueillir sont en nombre trop insuffisant. » Prions donc beaucoup, prions avec ferveur, confiance et persévérance, pour obtenir du Maître de la moisson qu'il suscite de bons ouvriers. Nous n'aurons jamais trop de bons sujets, disait, avec le V. P. Champagnat, notre vénéré défunt.

Un prélat d'Amérique, l'évêque de l'important diocèse de Fort Wayne, écrivait l'année dernière, au commencement de l'Avent, dans une lettre pastorale principalement consacrée à la question des écoles : « La plus grande nécessité, dans les temps actuels, c'est de travailler au recrutement des congrégations religieuses de Frères enseignants et de Sœurs enseignantes ». Et il ajoutait : « Les vocations existent, elles doivent exister en proportion des besoins ; mais jusqu'à présent, on n'a pas fait ce qu'on aurait dû et pu pour les découvrir, les cultiver et les mener à bonne fin. »

Ce qu'écrivait cet excellent évêque pour son diocèse et pour l'ensemble des Etats-Unis, ne peut-on pas l'appliquer, en général et avec bonne raison, à la plupart des autres contrées du monde ?

Et si nous jetons un coup d’œil sur le zèle diabolique des ennemis de Dieu pour enrôler dans leurs rangs les enfants et les jeunes gens, la vue de ce prosélytisme pour le mal n'est-elle pas de nature à enflammer notre ardeur pour tout ce qui peut contribuer à l'extension du règne de Notre-Seigneur dans le monde ?

Vous aurez donc tous à Cœur, je n'en doute pas, M. T. C. F., de répondre de votre mieux à cet appel que je vous adresse au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Vous ferez tout ce qui sera en votre pouvoir pour découvrir et cultiver les bonnes vocations, parmi vos élèves d'abord, puis parmi les enfants de votre parenté et ceux d'autres bonnes familles chrétiennes de votre connaissance.

Plusieurs bons ouvrages ont été écrits sur cette importante question du recrutement des vocations. Je n'en citerai qu'un seul: « La Culture des Vocations », de M. l'abbé J. Guibert, prêtre de Saint-Sulpice. Librairie Ch. Poussielgue, rue Cassette, 15. Paris. Je recommande à tous les Frères Directeurs de se procurer ce livre, de le mettre à la disposition de leurs Frères et, si la communauté est nombreuse, d'en avoir même plusieurs exemplaires dans la bibliothèque. 

QUELQUES MOTS A LA MÉMOIRE
du R. F. Théophane défunt. 

Le 15 octobre 1906, en notre maison de Grugliasco, se passait dans l'intimité une petite scène familiale que je crois à propos de rapporter ici pour votre édification.

Deux Frères Assistants étaient au moment du départ pour un très long voyage, en délégation conformément aux articles 142 et 143 de nos Constitutions. Agenouillés aux pieds du Vénéré Supérieur pour lui demander sa bénédiction et recevoir ses derniers conseils, ils le virent se recueillir et lever les yeux au ciel, selon sa coutume en pareille circonstance, et ils entendirent de sa bouche ces paroles: « Oui, mes Frères, c'est de tout Cœur que je vous bénis, vous et tous les Frères que vous allez visiter dans ces lointaines contrées, où je vous envoie pour me représenter. Je bénis aussi tous nos postulants et nos juvénistes, ainsi que tous les enfants de nos écoles. Dites bien à tous les Frères que je les aime de tout mon Cœur et que je leur suis tout dévoué. Dites-leur aussi que je désire ardemment qu'ils soient de saints religieux, de vrais enfants du Vénérable Champagnat, de véritables serviteurs de Marie, et qu'ils soient toujours et partout fidèles à pratiquer les vertus caractéristiques de l'Institut : humilité, simplicité et modestie. »

Ces quelques paroles, qui témoignaient de la grande paternité du vénéré Supérieur pour nous et pour tous les membres de l'Institut, nous traçaient en même temps le programme succinct de la mission que nous allions remplir, comme ses représentants, auprès de nos Religieux.

Nous espérions, à notre retour, lui rendre compte de nos travaux et de tout ce que nous avions vu, et lui donner sur nos Frères et sur leurs œuvres, des témoignages qui auraient réjoui grandement son Cœur de père et de supérieur. Hélas ! la divine Providence en avait disposé autrement !... A notre arrivée à Montréal, le 23 avril, on nous présenta le câblogramme annonçant la nouvelle, aussi inattendue que douloureuse pour nous, de la mort qui venait de nous le ravir. Dieu l'avait jugé mûr pour le ciel. Notre devoir à tous était de nous soumettre à sa sainte volonté et d'adorer ses desseins.

Pour nous, M. T. C. F., à qui il est donné de lui survivre, rappelons-nous ses paroles rapportées plus haut. Qu'elles soient pour nous comme une partie de son testament spirituel. Méditons-les et conformons-y notre conduite.

Mais il ne nous exhorte pas seulement au bien par ses paroles : il nous laisse l'exemple d'une longue et sainte vie de soixante-deux ans de communauté, pendant laquelle il a pratiqué excellemment toutes les vertus d'un bon Petit Frère de Marie. Aussi était-il vraiment autorisé à nous recommander, comme il l'a fait dans sa dernière circulaire, de chercher les choses d'en haut, de vivre en saints ; aussi pourrait-il à bon droit, nous dire de l'autre monde, où nous aimons à le croire en possession du bonheur éternel: « Mes Frères, soyez mes imitateurs, comme je l'ai été moi-même du Vénérable Père Champagnat. »

Entrons dans quelques détails sur les vertus qui ont le plus brillé chez notre regretté défunt.

On peut dire qu'il a été à un haut degré un homme de règle.

Il m'a été donné d'être plus ou moins en contact avec le vénéré Frère Théophane pendant le cours de mes cinquante années de vie religieuse, surtout depuis 1883. Or, je me demande si je l'ai jamais vu une seule fois en dehors du chemin de la régularité.

Les Frères qui ont été témoins des détails journaliers de sa vie de novice, de Directeur, d'Assistant et de Supérieur, pourraient, je n'en doute pas, lui rendre le même témoignage.

Si le F. Jean-Baptiste était encore de ce monde ci qu'il eût à écrire là biographie de notre regretté défunt, il y mettrait sans doute pour titre :

Frère Théophane ou la « Règle vivante »; comme il a mis au livre des Biographies :

F. Louis ou « les divers attraits »

F. Chrysostome ou la « Solide Vertu »

F. Nivard ou « l'esprit sérieux »

Etc. ..., etc. ...

Non seulement le F. Théophane a été un homme de règle pour lui-même, mais il a été constamment, en tout et partout d'une rare fermeté pour exiger de ses subordonnés, selon le devoir de sa charge, l'accomplissement de tous les points de nos Règles.

Et, remarquons-le bien, il a eu à mener un genre de vie qui le mettait souvent aux prises avec bien des difficultés concernant la régularité. Mais, à moins d'impossibilité, il savait toujours tout faire plier devant la règle.

Un trait entre mille autres mettra en vive lumière le soin jaloux qu'il avait d'être toujours et malgré tout, exactement fidèle à toutes les prescriptions de nos Règles. Ce fait mérite d'autant plus d'être rapporté, qu'il s'est passé en Espagne, quelques jours seulement avant sa mort.

Il venait d'arriver à notre maison de San Andrès (Barcelone), juste à l'heure du souper de la communauté après avoir passé la journée et toute la nuit précédente en chemin de fer et en 3ième classe. Don Fernando, aumônier de la maison, l'engagea par charité, au lieu de se lever le lendemain matin à l'heure réglementaire, à prendre un repos supplémentaire dont il devait avoir bien besoin, après un si long et si pénible voyage. Pour lui en donner la facilité, il s'offrait à retarder la messe de communauté jusqu'à 7 heures. « Don Fernando, que me proposez-vous là ? répondit le Révérend Frère. Vous faites l'office de tentateur. Voilà plus de 60 ans que je me lève à 4 h. ½, sans y avoir manqué. Je suis trop vieux pour faire autrement. »

On a dit du Très Honoré Frère Philippe, qui fut pendant longtemps Supérieur Général des Frères des Ecoles chrétiennes: « Il serait plus facile de faire remonter la Seine vers sa source, que de l'empêcher de se rendre aux exercices de communauté, quand la cloche l'y appelle ». Ne pourrait-on pas dire de même de notre regretté Supérieur ?

Quels exemples pour nous tous, mes chers Frères ! Qui n'en serait puissamment encouragé à faire de généreux et constants efforts pour être en tout, et malgré tout, exact observateur de tous les points de nos Constitutions et de nos Règles ?

« Donnez-moi, disait le Pape Benoît XIV, un religieux dont on pourra me rendre le témoignage qu'il a été, pendant toute sa vie, un parfait observateur de toutes les Règles de son Ordre, et je le canoniserai tout de suite. » Ce religieux eût pu être, ce me semble, notre R. F. Théophane.

Je voudrais pouvoir vous dire encore que notre Révérend Frère a été de plus, à un haut degré, homme de loi, homme de prière, homme de mortification, homme de volonté forte et ferme. Nombreux et édifiants seraient les détails que l'on pourrait donner sur cep, quatre points. Ce sera l'objet d'une notice séparée qui est en préparation. A ce sujet, je prie tous les Frères qui auraient des témoignages ou des documents à fournir sur le cher défunt, de nous les envoyer sans retard, après avoir retranché, s'il s'agit de lettres, tout ce qui serait trop personnel. 

REMERCIEMENTS ET SOUHAITS.
 1

C'est pour mon Cœur un besoin de vous dire, M.T.C.F., combien j'ai été touché des sentiments si pleins d'esprit religieux, et accompagnés de si filiales protestations d'obéissance et de dévouement, que de toutes parts vous m'avez exprimés à l'occasion de la charge que m'a confiée le Chapitre général. J'en conserve un souvenir aussi doux que reconnaissant, et j'y trouve un puissant réconfort pour m'aider à porter le lourd fardeau qui m'est imposé, avec les redoutables responsabilités qui en dépendent.

Il m'eût été très agréable de répondre à toutes et à chacune de vos lettres ; mais avec les affaires dont j'avais à m'occuper, la tâche eût été trop considérable; vous l'aurez sans doute compris et vous aurez excusé mon silence. Loin d'être insensible à tant de belles et bonnes choses qui m'ont été dites, je me suis plu à y voir la preuve du bon esprit qui vous anime tous, et j'en ai béni le Seigneur. Le bon esprit, l'union dans une congrégation religieuse, quel gage de succès pour ses œuvres ! L'union lait la force, dit-on, et l'expérience le prouve. Heureusement cette union existe parmi nous, grâce à Dieu, et elle continuera d'exister, j'en ai la confiance ; et s'il y a unité parfaite de sentiments, de vues et d'action entre le Supérieur Général, les membres du Régime, les Frères Provinciaux, les divers officiers de l'Institut et tous ses autres membres, répandus dans toutes les parties du monde, quelle force, quelle puissance n'y trouverons-nous pas pour le bien ! Rappelons-nous, à ce sujet, la merveilleuse fécondité qui résulta de l'entente parfaite des TROIS UN dont parle si bien le Frère Jean-Baptiste, au chapitre XXXIII des Avis, Leçons, Sentences.

Au moment où j'écris ces lignes, voilà qu'une année finit et qu'une autre va commencer. Quelle matière à réflexions ! Combien plus encore nous donnent à réfléchir les années éternelles ! Pensons-Y au moment d'entrer dans l'année nouvelle. Cette année, pour qui d'entre nous sera-t-elle la dernière ici-bas ? Dieu le sait. Mais s'il la met à notre disposition, c'est, soyons-en bien convaincus, pour que nous en employions tous les instants à sa plus grande gloire et à notre propre sanctification, selon que le dit l'article 1ieret fondamental de nos Constitutions.

Mes souhaits, pour chacun de vous et pour l'Institut tout entier, je ne saurais mieux les formuler qu'en les empruntant au Testament spirituel de notre Vénérable Fondateur. « Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, vous dirai-je avec lui, l'amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit soient toujours avec vous ! Daigne Marie, notre bonne Mère du ciel, vous conserver, vous multiplier et vous sanctifier! »

Puissent ces vœux et souhaits se réaliser pour votre bonheur dans le temps et dans l'éternité! Demandons-le au bon Dieu par de ferventes prières. 

REVUE RÉTROSPECTIVE DE L'ANNÉE 1907 

1. - DÉCÈS du R. F. THEOPHANE. 

Le grand événement qui s'est accompli dans l’Institut, pendant l'année qui vient de s'écouler, a été la mort de son Supérieur Général, le R. F. Théophane, arrivée inopinément en notre maison de Mataró (Espagne), le 18 avril 1907. Chacun de nous a encore présente à l'esprit la douloureuse nouvelle. qui nous en est parvenue par ce laconique et foudroyant télégramme: Révérend décédé.

Dieu l'avait appelé à la récompense, mais nous restions orphelins. Tristes et désolés, nous l'avons accompagné dans l'autre monde de nos larmes et de nos prières. Ses qualités et ses vertus, le bien dont nous lui étions redevables, ses travaux et son dévouement de soixante-trois années au service de Dieu et des âmes, à l'accroissement et à la prospérité de notre Institut, tout nous disait combien il était digne de notre reconnaissance et de nos regrets.

Les personnes qui ont connu notre vénéré Supérieur reconnaissaient avec nous que nous avions fait une grande perte et, de même que nous, elles regardaient comme un insigne bienfait de Dieu de l'avoir donné à notre Institut pour en être le chef prudent et ferme, pendant les vingt-quatre années où la persécution a été la cause de tant de difficultés, d'inquiétudes, d'embarras et de ruine. Le concert de louanges qui a accompagné les sympathiques condoléances que nous avons reçues, a témoigné hautement de l'estime dont il jouissait.

Toutefois nous n'avons pas pleuré comme ceux qui n'ont pas d'espérance. Nous nous sommes consolés dans le ferme espoir de retrouver dans un monde meilleur le père qui venait de nous quitter, et nous avons attendu avec confiance le secours qui devait nous venir d'en haut. 

II. - RÉUNION DU CHAPITRE GÉNÉRAL. 

Le Chapitre général (le onzième depuis l'origine de l'Institut), composé ainsi qu'il avait été réglé par la Circulaire du 6 mai 1907, et comptant cinquante-deux membres, s'est réuni à Grugliasco (Italie), à la date fixée, 5 octobre 1907.

Le lendemain, 6, a commencé, sous la présidence du C. F. Gérald, 1ier Assistant et Vicaire général, la retraite de huit jours, annuelle pour la presque totalité des Frères capitulants, et pour tous préparatoire aux élections et aux travaux du Chapitre.

Cette retraite, prêchée par le R. P. Tixier, Assistant de la Société de Marie, a été suivie avec une piété, une ferveur et une édification que les circonstances semblaient rendre plus qu'ordinaires.

Le cinquième jour de la retraite, comme on approchait du jour de l'élection, le Cher Frère Vicaire adressa aux Capitulants une exhortation sur l'importance de faire un bon choix, de prier à cette fin, de se dépouiller de toute vue humaine, de tout esprit propre, de toute idée d'ambition, de n'avoir en vue que la gloire de Dieu, le bien des âmes, l'avantage de l'Institut.

« Si, dit-il, dans les guerres que les hommes se font entre eux, on ne manque pas de confier la conduite de l'armée au meilleur général, combien cette précaution est-elle plus nécessaire lorsqu'il s'agit de conduire des âmes qui combattent pour les intérêts de Dieu et de son peuple ! C'est pourquoi nous devons traiter avec Dieu de l'affaire dont il s'agit ; c'est pourquoi il faut prier. Il faut prier afin que le choix que nous avons à faire ne vienne pas de l'homme, ne soit pas dicté par des motifs humains, mais qu'il le soit principalement par la grâce du Saint-Esprit. Imitons les Apôtres qui, ayant à s'adjoindre un membre nouveau dans le Collège Apostolique, proposèrent au Seigneur deux candidats en lui disant : « Seigneur, vous qui savez ce qui se passe dans le Cœur des hommes, faites-nous connaître celui que vous avez choisi. »

« Ce devoir de consulter le Seigneur nous apprend donc que nous devons nous abstenir d'arrêter notre choix jusqu'à ce que soit venu le moment du vote...

« Conformément à l'article 530 de notre Directoire général, celui qui aura été élu, reconnaissant la volonté de Dieu dans la volonté et le choix du Chapitre général se fera un devoir de s'y soumettre pleinement et cordialement. Alors nous pourrons dire : Il nous est né un chef ; le Seigneur nous a donné un père. Réjouissons-nous donc dans celui qui nous l'a imposé comme pasteur, qui nous a choisis pour son peuple et son bercail, et comme des enfants nouveau-nés, renouvelons-nous dans l'esprit de notre Institut...

« Mes Chers Frères, nous ne saurions trop nous pénétrer de l'esprit d'humilité et de simplicité dont notre Vénérable Fondateur nous a donné l'exemple, et dont il a voulu faire le cachet de son Institut. Plus que jamais il importe que nous nous appliquions à conserver cet esprit; car nous ne pouvons nier qu'il y ait tendance à sien écarter. C'est malheureusement le sort des Instituts religieux de déchoir plus ou moins, avec le temps, de leur première ferveur, de leur esprit primitif. Les lieux, les circonstances, l'air qu'ils respirent, le monde qui les entoure et avec lequel ils sont plus ou moins en contact, tout contribue à faire pénétrer peu à peu chez eux l'esprit du monde au détriment de l'esprit religieux. Et c'est ainsi que les Congrégations en viennent à prendre petit à petit les pensées, le langage et les goûts du monde, et à rechercher le bien-être, le confortable, le superflu dans la nourriture, l'habillement, l'ameublement, le logement, etc., et à se créer par-là toutes sortes de besoins nouveaux...

« Pénétré de l'importance qu'il y a, pour les Frères, de rester dans la simplicité chrétienne, le R. F. Louis-Marie en a fortement recommandé la pratique dans plusieurs circulaires. - «Revenons, dit-il dans l'une de ces circulaires, à l'esprit primitif de notre Institut et de son Fondateur. - N'oublions jamais, écrit-il dans une autre, que le genre mariste est la simplicité. - Rentrons de plus en plus, ajoute-t-il dans une troisième, rentrons tous dans l'esprit d'humilité et de modestie qui constitue si heureusement l'esprit propre de notre Congrégation. - Et dans un autre endroit : C'est en nous établissant tous et pour toujours dans l'estime, dans l'amour et dans la pratique de l'humble et innocente simplicité chrétienne, que nous assurerons l'avenir de notre Congrégation. »

« Que devons-nous demander encore du Supérieur que nous avons à élire ? - Qu'il soit un homme de règle.

« L'importance des règles est telle, dit Saint-Jure, que toute la force et la durée d'un ordre religieux dépendent de l'observation des règles ; la seule infraction à ses règles peut le faire tomber en ruine, lors même qu'elles n'obligent pas sous peine de péché.

« Les règles sont les appuis qui soutiennent les ordres religieux ; ce sont les colonnes qui les portent, les nerfs qui leur donnent la vigueur et le mouvement. Si elles ne sont pas observées, l'ordre ne peut avoir de mouvement que pour le mal. L'expérience lamentable de tant de communautés religieuses ne le prouve que trop. Tant qu'elles ont mis tout leur soin à observer strictement toutes leurs règles, elles ont rendu à Dieu une grande gloire et aux hommes de signalés services; dès qu'elles sont tombées dans le relâchement, elles ont déshonoré Dieu, scandalisé l'Eglise, et se sont rendue& non seulement inutiles, mais même nuisibles aux autres.

Il en résulte qu'il y a pour tout supérieur (Supérieur Général, Assistant, Provincial, Directeur) obligation de faire observer les Constitutions et les règles...

« Il faut voir dans la supériorité, non l'élévation et l'honneur attachés à la dignité ; non les égards et la satisfaction naturelle ; mais la charge qui tend à l'utilité des inférieurs.

« Un supérieur qui n'a en vue que la gloire de Dieu, l'utilité du prochain, et qui, à l'exemple du divin Maître, est au milieu de ses frères comme celui qui sert, peut être assuré du secours de Dieu et trouver dans la supériorité d'autres avantages, comme la pratique de grandes vertus, telles que la charité, la patience, l'humilité...

« Il faut se résigner avec confiance à la supériorité car Dieu accorde au supérieur de puissants secours.

« Etre choisi de Dieu pour conduire à la perfection des âmes immortelles, rachetées au prix du sang de Jésus-Christ, et en qui l'Esprit-Saint a établi son séjour de délices ; porter le nom de père, de coadjuteur de Dieu, c'est une fonction sublime et surhumaine. Voilà pourquoi Dieu se doit à lui-même de proportionner les secours aux devoirs qu'il impose, d'assister de sa lumière et de sa force celui qui fait son œuvre, de verser dans son âme une double, une triple mesure de grâces, pourvu que le supérieur ne s'en rende pas indigne et qu'il soit fidèle.

« Etre chargé de l'œuvre de Dieu la plus sublime et constamment dévoué à la perfection de tant d'âmes d'élite, leur faire pratiquer toutes sortes de vertus, prévenir les fautes, s'associer à tout le bien produit par ses inférieurs, préparer, diriger ce bien, en être souvent la principale cause ; être dans l'heureuse nécessité de donner le bon exemple et de se sanctifier lui-même afin de sanctifier les autres : ce sont là pour le supérieur autant de moyens d'amasser de grands et nombreux mérites... » 

*      *

Le 13 octobre, date de la clôture de la retraite, a eu lieu une séance préparatoire à laquelle il a été donné communication à l'assemblée capitulaire :

1° De la Bénédiction apostolique de N. S. Père le Pape Pie X, écrite de sa main en langue italienne, et dont voici la traduction

« A nos très chers Fils qui vont se réunir pour le Chapitre général, et à tous leurs confrères de l'Institut, nous accordons de tout Cœur la Bénédiction apostolique ; et nous leur souhaitons que le Seigneur les dirige dans le choix des Supérieurs, et les récompense largement pour toutes leurs œuvres de religion et de charité.

« Le 3 octobre 1907.

« PIE X, P. P. » 

2° De la Bénédiction et des vœux de S. Em. le Card. Ferrata, notre Protecteur près du Saint-Siège. 

3° De la Bénédiction et des vœux de S. Em. le Cardinal Richelmy, Archevêque de Turin. 

4° D'une lettre de Son Eminence le Cardinal Coullié, Archevêque de Lyon. En voici les termes:

                        « MES BIEN CHERS FRÈRES,

« Je ne saurais me désintéresser d'un acte aussi important que la nomination d'un Supérieur Général, quand il s'agit d'une Congrégation si lyonnaise par son origine, par les services rendus et par l'affection que nous lui conservons.

« Oui, que le bon Dieu dirige vos votes pour placer à la tête de votre famille religieuse un vrai père, éclairé par les grâces surnaturelles, ferme dans la conservation de vos Constitutions et courageux dans la lutte.

« Je porterai au saint autel l'acte que vous allez accomplir, en appelant sur les Capitulants et sur toute la famille des Petits Frères de Marie les bénédictions les plus abondantes.

« Priez pour votre vieil Archevêque.

                « PIERRE, Cardinal COULLIE, 

           « Archevêque de Lyon et de Vienne. » 

A la suite de cette communication, il a été procédé en présence de l'assemblée à la vérification des pouvoirs des députés au Chapitre.

Les élections ayant été reconnues régulières, la séance s'est terminée par la nomination de deux scrutateurs et d'un secrétaire. 

ELECTION DU FRÈRE SUPERIEUR GÉNÉRAL. 

Le lundi 14 octobre, après la messe à laquelle ils avaient fait la sainte Communion, les membres du Chapitre se Sont rendus processionnellement à la salle capitulaire, où le R. P. Aumônier leur a donné la bénédiction avec la relique de la vraie croix.

Tout ce qui est prescrit par le Directoire général, à cette occasion, ayant été accompli, et le Chapitre se trouvant régulièrement constitué, il a été procédé, sous la présidence du C. F. Vicaire général, au scrutin secret et à la majorité des voix, à l'élection du Frère Supérieur Général en remplacement du R. F. Théophane décédé.

Vous avez appris, mes très chers Frères, par la circulaire du 24 octobre, quel a été le résultat de ce vote.

Faut-il vous dire que devant ce résultat, pour moi si inattendu, je fus comme stupéfait ? Il fallut cependant courber les épaules sous le joug : c'est ce que je fis, en voyant dans cette élection la volonté de Dieu et en mettant ma confiance dans son puissant secours et dans la maternelle protection de la Vierge Marie, de même que dans l'assistance de nos saints protecteurs du Ciel. Je dois ajouter que je fus aussi bien réconforté par une parole qui se fit entendre au sein du Chapitre, laquelle me promettait que, pour alléger ma croix, chacun des Frères capitulants remplirait à mon égard l'office du bon Cyrénéen. Et ici je me plais à dire encore que, depuis, beaucoup de Frères m'ont fait la même promesse. 

AUTRES ÉLECTIONS. 

La même circulaire du 24 octobre vous a fait savoir que le lendemain de mon élection, le Chapitre général a procédé, conformément aux Constitutions, à l'élection des Frères Assistants généraux, Econome général et Secrétaire général ; et elle vous en a fait connaître le résultat.

En conséquence, le Régime se trouve définitivement constitué, et les attributions des élus sont déterminées ainsi qu'il suit :

Le Très Révérend Frère STRATONIQUE, Supérieur Général.

Les Chers Frères Assistants, tout en concourant au gouvernement général de l'Institut, continueront, sous la dépendance du Frère Supérieur Général, de prendre soin en particulier, savoir :

F. GÉRALD, 1ierAssistant, des affaires dites du Contentieux ;

F. BÉRILLUS, 2ièmeAssistant, des provinces de Saint-Paul-Trois-Châteaux et d'Espagne, avec les vice-provinces de Colombie et du Mexique ;

F. CLIMAQUE, 3ièmeAssistant, de celle du. Nord, avec la vice-province méridionale du Brésil,

F. LIBOIRE, 4ièmeAssistant, de celle d'Aubenas, avec la vice-province septentrionale du Brésil.

F. AUGUSTALIS, 5ièmeAssistant, des provinces de Varennes-sur-Allier et de Notre-Dame de Lacabane, avec la vice-province centrale du Brésil et celle de Syrie ;

F. JOHN, 6ièmeAssistant, des provinces des Iles Britanniques, d'Australie et de l'Afrique du Sud;

F. PAULIN, 7ièmeAssistant, de celle de Saint-Genis-Laval, avec la vice-province de Chine et celle de Constantinople.

F. ANGÉLICUS, 8ième   Assistant, de la province de Notre-Dame de l'Hermitage et de celle du Canada et Etats-Unis.

Le C. F. PIERRE-JOSEPH remplira les fonctions d’Econome général, et le C. F. DALMACE, celles de Secrétaire général. 

AUTRES AFFAIRES TRAITÉES

                                            par le Chapitre général. 

Après les élections, le Chapitre général s'est occupé de divers points de discipline et autres concernant l'Institut. Dans douze séances, et sur les rapports de diverses Commissions nommées par lui, il a porté son attention et a délibéré sur ce qui a fait l'objet de cep, rapports, notamment en ce qui regarde le recrutement et la formation der, sujets, les anciens statuts capitulaires, divers articles du Directoire général, l'administration économique, les vœux et desiderata formulés par des Frères profès, des membres du Chapitre, etc.

Les décisions et les vœux du Chapitre général sur les matières soumises à son examen, ont été extraits des procès-verbaux capitulaires et recueillis en un fascicule joint à la présente circulaire. Nous ne perdrons pas de vue que nous avons tous le devoir de nous y conformer.

Maintenant, M. T. C. F., je me plais à ajouter qu'avec tous les membres du Régime, j'ai éprouvé les plus douces consolations à l'occasion de la réunion du Chapitre général, par suite de la manière dont tout s'y est passé. On se sentait vraiment porté à louer et à bénir le Seigneur à la vue de cette belle assemblée des représentants de l'Institut, venus de toutes les parties du monde, tous animés du meilleur esprit, du même désir du bien et de la gloire de Dieu, de l'amour de la paix et du parfait attachement à l'Institut ; enfin, tous unis par les liens de la charité de manière à ne faire qu'un Cœur et qu'une âme. Ce beau spectacle a dû réjouir les heureux habitants du ciel, et en particulier notre Vénérable Fondateur et les saints Frères qui, après avoir imité ses vertus et marché sur ses traces, ont présentement part à son bonheur.

Avec nous, M. T. C. F., vous remercierez le bon Dieu de tant de sujets de consolation et d'encouragement, et vous y verrez de justes motifs de confiance dans l'avenir de notre chère Congrégation, pourvu que, par nos vertus et la sainteté de notre vie, nous nous efforcions de nous rendre de plus en plus dignes des bénédictions du Ciel. 

CAUSE DE BÉATIFICATION 

du vénérable Champagnat. 

Dans la séance du 22 octobre, sur l'invitation du R. F. Supérieur, le C. F. Procureur Général près le Saint-Siège a entretenu le Chapitre de la procédure relative à la cause de béatification de notre Vénérable Fondateur, et il a donné les détails suivants :

Après l'introduction de la cause de notre Vénérable Fondateur, en 1896, Rome ordonna la confection du Procès apostolique, qui s'instruisit à Lyon et dont le dossier fut porté à la Sacrée Congrégation des Rites, en juillet 1899, par le C. F. Climaque, Assistant général. Le dépouillement de ce procès, à l'effet d'en reconnaître la validité, dura une année entière. Ensuite le même procès fut remis à l'avocat de la cause pour la composition du Sommaire.

Ainsi se passèrent 15 mois, au bout desquels le sommaire imprimé put être remis entre les mains du Promoteur de la Foi. Voilà deux ans que la cause qui nous est chère reste stationnaire. Pour la poursuivre, il nous faut attendre les animadversions du Promoteur de la Foi sur l'héroïcité des vertus. Ces animadversions devront ensuite être détruites par l'avocat de la cause, ce qui nécessitera une triple procédure ; car des discussions surgissent toujours de nouvelles animadversions demandant de nouvelles réponses. Avant la déclaration de l'héroïcité des vertus, il doit y avoir trois congrégations ou séances : l'antépréparatoire, la préparatoire et la générale. Après cette dernière, on peut croire qu'il n'existe plus aucune difficulté à soulever et on proclame l'héroïcité des vertus.

Les miracles présentés devront ensuite passer par la même procédure, et, si, après un triple examen, ils sont admis, le Saint-Père lui-même déclarera que l'on peut procéder à la béatification solennelle.

Quand arrivera-t-il, ce jour de la glorification de notre Vénérable Père ? Nous ne pouvons le prévoir encore ; mais nous l'appellerons de tous nos vœux.

Pour le hâter, je vous exhorte instamment, M.T.C.F.  :

1° A prier dans vos communautés et à faire prier les enfants de vos écoles ;

2° A propager le plus possible la brochure intitulée « Faveurs et grâces obtenues par l'intercession du Vénérable Marcellin Champagnat » afin d'exciter la confiance de ceux qui la liront et de provoquer ainsi des miracles. Dieu merci, les faveurs qu'on pourrait, ce semble, qualifier de miraculeuses, continuent à se multiplier. Cependant ne cessons pas d'en demander de nouvelles et des plus remarquables.

Je suis heureux d'en porter ici trois à votre connaissance. 

                                     Saint-Liguori (Canada), 18 mai 1907. 

     Révérend Frère Supérieur des Frères Maristes, 

Une de nos élèves, âgée de douze ans, Mlle Edouilda Piotte, souffrait depuis trois ans d'un mal survenu à la suite d'une chute sur une pierre. La chère enfant allait être obligée de retourner dans sa famille lorsque, ayant reçu des images-reliques du Révérend Père Champagnat, religieuses et élèves prirent le parti de s'adresser à ce bon Père pour obtenir la guérison de cette pauvre petite, qui ne pouvait presque plus marcher. Une neuvaine fut commencée avec grande ferveur. Dès les premiers jours, un mieux sensible fut constaté ; à la fin de la neuvaine, toute douleur avait disparu. Il y a de cela, plus de cinq mois, la jeune fille suit le règlement du pensionnat comme ses compagnes ; les escaliers qu'elle avait tant de mal à monter, ne sont plus rien pour elle.

Une autre guérison non moins appréciée est celle de Sœur Marie de Saint-Apollinaire, Sœur du Révérend Frère Pétrus-Emile. Cette chère Sœur se vit, en quelques semaines, les mains couvertes de boutons qui la faisaient beaucoup souffrir et la mettaient dans l'impossibilité de remplir sa tâche journalière. Après deux neuvaines, la Sœur s'est trouvée complètement guérie.

Révérend Frère, nous croyons pouvoir attribuer à votre Vénérable Père Fondateur ces guérisons qui nous paraissent tout à fait miraculeuses.

Votre humble servante en N. S.

                        Sœur Marie de Saint-Bernardin,

                                         Supérieure. 

                                                                                                  Saint-Liguori, 15 mai 1907.

     Monsieur le Supérieur des Frères de Marie,

Au mois d'avril dernier, je fus atteinte d'un érysipèle très grave. Alors je me rappelai que j'avais lu la vie du vénérable Père fondateur de votre Congrégation et admiré ses grandes vertus.

J'eus confiance en son intercession et je commençai une neuvaine à la fia de laquelle je me sentis complètement guérie.

Reconnaissance à ce vénéré protecteur.

                        Sœur Marie de Saint-Simon. 

                  Sainte-Martine (Canada), le 16 octobre 1907.

     Mon Très Révérend Frère Supérieur Général,

J'ai à vous faire part d'une guérison que l'on croit miraculeuse, et qui est attribuée au Vénérable Père Champagnat.

Un bon prêtre, M. Legault, curé aux Etats-Unis, était atteint d'une maladie de foie depuis 14 ans.

Les docteurs consultés n'avaient rien pu pour sa guérison. Au printemps dernier, il s'est décidé à aller se faire opérer à l'hôpital de Montréal, car son état empirait.

Les meilleurs médecins spécialistes de la ville ont voulu se rendre compte du siège de la maladie : car le corps du patient était jaune, couleur de citron, et très amaigri. On a donc commencé l'opération ; mais on s'est trouvé en présence d'un cancer ulcéré qui dévorait le foie. Après consultation et mûr examen, les docteurs ont décidé de recoudre la plaie sans oser toucher au siège du mal, car toute tentative paraissait mortelle. L'état du malade était donc plus critique après l'opération qu'avant. On lui donnait pour un mois de vie. Il était incapable de rien manger de solide et n'avait pas la force de sortir seul du lit.

Voyant qu'il ne fallait rien attendre des médecins, il s'est fait transporter chez ses vieux parents, qui habitent en face du Collège de Sainte-Martine. Nous sommes allés lui rendre visite et nous lui avons remis une image-relique du Vénérable Fondateur. C'était vers le 15 septembre. On a fait une neuvaine, et tout à coup, le jour de saint Michel, au matin, le Révérend M. Legault n'a plus ressenti de douleur au ventre. Depuis, il se lève, mange avec appétit et redevient assez fort pour marcher et venir au collège se peser à la bascule. Il est persuadé, lui, que le Vénérable Père Champagnat l'a guéri.

Veuillez, Très Révérend Frère Supérieur Général, me croire toujours votre très humble et très obéissant serviteur.

                                                   Signé : Frère Vindicien. 

CLÔTURE DES EXERCICES DU SECOND NOVICIAT. 

Le 2 février, fête de la Purification, en notre maison de Grugliasco, a eu lieu la clôture des exercices du second noviciat de six mois, auxquels avaient pris part les Frères dont les noms suivent.

FF. ADVENTEUR. AMABILIS. ANDRÉ-FRANÇOIS BÉNILDE. BONIFACE. CASIMIR-JOSEPH. CAMARINUS. CORNEILLE. CORONAT. DENIS-JOSEPH. ELIAS. EUSTÉRIUS. FLEURY. FRANÇOIS-EUBERT. FRANÇOIS. GABRIEL-MARIE.  GERMAIN. GILMER. HERIBERT.  JOSEPH-BONUS. JOSEPH-GAUDENCE. JOSEPH-ERMON. JEAN-LUCIEN. JEAN-CASIMIR.  JULES-ETIENNE. JOSEPH-AUSTREMOINE. KIÉRAN. LÉONAT. LOUIS-RAPHAEL. LOUIS-CAMILLE. MARIE-BASILIDE. MARIE-BÉATRIX. MARIE-CITINUS. MARIE-SYLVAIN. ONOBERT. ORESTE. ODUWALD. PIERRE-MICHEL. RUPERT. SAINTIN.

Ces pieux exercices ont eu lieu sous la direction du Révérend Père Trouche, aumônier de notre maison de Grugliasco, comme instructeur, et du Cher Frère Paul-Marie, ancien Provincial. Les Frères qui les ont suivis ont été un sujet d'édification et de consolation, par leur piété, leur bon esprit, et leur application à profiter des grâces et des moyens de perfection que la miséricordieuse Providence mettait si libéralement à leur disposition.

Venus de divers pays, et la plupart se voyant pour la première fois, ils ont passé ces six mois tout à fait en famille, dans la paix, dans la charité, fraternellement unis.

Le premier jour de l'an, ils nous ont causé l'agréable surprise de nous exprimer leurs souhaits en huit langues différentes : française, anglaise, portugaise, espagnole, allemande, italienne, turque, arabe. Un jeune Frère chinois, résidant en Italie depuis un an environ, est venu à son tour exprimer ses souhaits en la langue de son pays. Et nos Cœurs se répandaient en actions de grâces envers Dieu et la Vierge Marie, à la vue de ces enfants du Vénérable Père Champagnat, attestant par leur présence et par la diversité de leur origine et de leur langage, l'extension universelle de son œuvre.

Je me plais à ajouter que nos chers Frères du second noviciat ont, comme leurs devanciers, mérité des remerciements et des félicitations pour le zèle et le goût qu'ils ont mis à embellir et à solenniser nos fêtes religieuses par leurs chants harmonieux.

Ils se sont également rendus dignes d'un témoignage de satisfaction par le soin et l'application qu'ils ont apportés aux sujets divers qu'ils ont eu à traiter, notamment sur les vertus religieuses, sur l'amour de Jésus, la dévotion à la Sainte Vierge, les moyens de perfection, l'éducation, etc. En un mot, j'aime à 'croire  qu'il s'est fait dans ce second noviciat un bon travail, une œuvre de renouvellement qui produira d'heureux fruits. Je dois aussi faire mention d'un tableau synoptique, dressé par nos chers grands novices, des principaux faits et, événements qui se sont accomplis dans notre Institut depuis son origine jusqu'à nos jours, c'est-à-dire pendant 90 ans.

Le 2 février, jour de la clôture, en présence de la communauté réunie, l'un d'eux, se faisant l'interprète de ses confrères, a exprimé les sentiments de reconnaissance et autres qui étaient dans les Cœurs.

Après avoir comparé le second noviciat à une oasis, pour l'âme, il l'a montré surtout comme un Cénacle, d'où l'âme sort embrasée de la flamme de l'apostolat. 

« Apôtres, dit-il, nous avons la prétention de l'être, et Dieu aidant, nous le serons.

« L'apôtre agit ; mais avant d'agir, il se recueille et il prie. Nous avons prié, essayé surtout de bien prier ; prié pour réparer le passé, prié pour asseoir et consolider le présent, prié pour assurer l'avenir... Et, sachant que, dans les choses de ce monde, Dieu veut que l'homme s'adresse à lui comme si tout devait dépendre de son secours, mais qu'il agisse, de son côté, comme si le résultat tenait tout entier à ses propres efforts, nous nous sommes préparés à l'action, nous avons donné une nouvelle trempe à nos armes pour les bons combats.

« Nous nous sommes de plus remis sous les yeux les beaux exemples de zèle, de courage et d'abnégation de nos aînés, ces Frères qui sont l'honneur de la grande famille dont nous sommes les membres, et qui se sont appelés Frère Louis, Frère Laurent, Frère Bonaventure, Frère Jean-Baptiste, Frère François, Frère Louis-Marie ; et par dessus tout, ceux de notre Vénérable Fondateur, dont l'histoire a pour nous l'inappréciable avantage de nous montrer en lui le modèle du Petit Frère de Marie...

« Et l'avenir, que sera-t-il pour nous ? Quelles seront nos victoires sur tant d'ennemis que nous aurons à combattre ? Combien de victimes arracherons-nous à l'empire du mal et de l'erreur ? C'est le secret de Dieu. Tout ce que je puis dire, c'est que notre valeur, comme instruments de la Providence, sera en relation directe avec notre sainteté personnelle. Nous ne ferons le bien autour de nous, et nous ne servirons la belle et glorieuse cause qui est la nôtre, que dans la mesure de notre avancement spirituel et de nos vertus : aussi sommes-nous résolus à ne rien négliger pour atteindre ce but... » 

Nos MAISONS PROVINCIALES de FRANCE. 

Je crois répondre à votre désir, M. T. C. F., en vous disant un mot de nos anciennes maisons provinciales de France. Voici donc ce qu'elles sont devenues.

Toutes ont été vendues judiciairement, à l'exception de notre maison mère de Saint-Genis-Laval. La maison de Beaucamps, rendue aux héritiers de M. le Comte et de Mme la comtesse de la Grandville, sur leur revendication, puis vendue par eux à une société, est encore occupée présentement par nos Frères âgés et infirmes.

 Celles de Notre-Dame de l'Hermitage, de Varennes­-sur-Allier, d'Aubenas et de Saint-Paul-Trois-Châteaux, ont été acquises par des sociétés de catholiques, en vue de leur rendre ou conserver une destination pieuse ou charitable. Les acquéreurs des maisons de l'Hermitage et de Varennes y ont laissé, comme locataires, nos Frères obligés au repos en raison de leur âge ou de leurs infir­mités. Dans celles d'Aubenas, de Notre-Dame de Laca­bane et de Saint-Paul-Trois-Châteaux, ont été transférés, des grands et des petits séminaires, par suite d'expul­sions accomplies en vertu de la loi de séparation de l'Eglise et de l'État. A Aubenas se trouvent le grand et le petit séminaire de Viviers. Les Frères anciens et les invalides qui y étaient restés jusqu'au moment de l'adju­dication, sont allés habiter, comme locataires, une mai­son située à Ruoms (Ardèche), dont une communauté religieuse a été dépouillée. A Notre-Dame  de Lacabane est installé le petit séminaire du diocèse de Tulle. Les Frères retraités qui s'y trouvaient se sont dispersés et réfugiés dans diverses de nos maisons, tant en France qu'en Espagne.

Enfin, dans la maison de Saint-Paul-Trois-Châteaux., sont venus prendre logement le grand séminaire de Romans, le petit séminaire de Notre-Dame de Valence et celui de Crest, du diocèse de Valence. Les Frères anciens et invalides, qui se trouvaient nombreux dans la maison, ont généreusement cédé leur place et se sont dispersés pour aller, les uns à Ruoms, avec ceux d'Aubenas ; les autres à Saint-Genis-Laval ; une trentaine d'entre eux sont restés à Saint-Paul même, dans un bâtiment séparé du principal corps d'habitation. Ils sont loin d'y trouver tout l'espace et toutes les aises désirables ; néanmoins, ils sont contents, espérant y vivre tranquilles et n'avoir plus à déménager de nouveau.

Je me plais à ajouter que tous nos chers et bons anciens, dans ces divers changements d'habitation, ont donné des preuves consolantes et édifiantes de détachement, d'abnégation, de vertu en un mot. Ils ont d'ailleurs, comme leurs supérieurs, éprouvé une consolation en voyant que nos maisons provinciales, si justement regrettées, échappaient à la profanation et conservaient leur caractère religieux, soit comme servant d'asile à des vétérans de l'Institut, soit comme affectées à des institutions éminemment utiles à l'Eglise, tels que sont les séminaires.

A l'occasion du transfert des séminaires du diocèse de Valence à Saint-Paul-Trois-Châteaux, la Semaine Religieuse du diocèse, à la date du 16 mars, a publié un article dont voici un extrait. 

SAINT-PAUL-TROIS-CHATEAUX. 

Le douze décembre dernier, à Romans, à Valence, à Crest, l'ordre brutal d'évacuer les Séminaires arriva ; ils tombèrent, nos Séminaires, en pleine vie, fauchés au milieu d'une journée de travail, et c'était une fin digne, mais très douloureuse. - Larmes d'enfants, larmes de clercs et de prêtres, larmes d'évêque !... et l'agitation enfiévrée, inattendue, à la faible lueur des gaz ; les malles à faire, les ennuis des tout petits, pour tout transporter, tout empaqueter... - et toutes ces humbles sueurs d'innocents, pour assouvir la haine de quelques égarés!... -Quelle heure inoubliable pour ceux qui la vécurent, et féconde aussi !

Après trois mois, larmes et sueurs ont germé en consolation. C'était vendredi, 8 mars, l'heure du retour. Oh ! elle n'était point exempte de regrets : on ne revoyait plus la maison familière, et, j'en suis sûr, des âmes s'attardaient encore dans la chapelle des ordinations à Romans ou dans les murs aimés de Notre-Dame ; et, pour nous abriter sous ce nouveau toit, d'autres âmes avaient fait ce sacrifice d'abandonner, elles aussi, la chapelle, les cellules, où elles s'étaient sanctifiées à la longue. Regrets inévitables que Dieu mêle à nos joies terrestres pour les rendre méritoires, en leur donnant une saveur d'hostie. - Et cependant l'action de grâce montait de tous les Cœurs. Ce fut doux aux clercs, aux collégiens de Notre-Dame, d'envoyer, au pied du même autel, leur salut triomphant à Marie, le Magnificat; ceux qui seront prêtres demain, et ceux qui le seront plus tard, chantaient leur espérance invincible en Celui qui exalte les humbles et fait en eux de grandes choses. - L'action de grâce, Monseigneur l'exprima avec une émotion indicible : « Que Dieu est bon !» Il était heureux, le Père qui avait pleuré à la dispersion de ses bien-aimés fils, de pouvoir bénir le Seigneur en leur présence, de pouvoir leur dire et ses angoisses passées et ses sollicitudes et son attente...

- Nos Séminaires transformés sont de nouveau vivants ; Monseigneur put s'en convaincre vendredi, à lire sur les jeunes visages la spontanéité, la joie, le réconfort qu'apportait sa présence. Non, ses espérances. d'évêque et de père ne peuvent mentir. A Notre-Dame de Saint-Paul, sur un sol ensemencé de virilité romaine et fécondé longuement par le labeur des pontifes tricastins, se formeront les âmes que l'Eglise réclame. Et peut-être sera-ce le merci le meilleur et le plus attendu à ceux qui nous hospitalisèrent, que l'effort pour cette tâche sainte. Dieu aidant, la maison, qu'illuminèrent jadis le reflet des âmes limpides des juvénistes, et le calme souriant des Frères vieillis dans l'apostolat humble, pourra, si les bonnes volontés s'y prêtent, croire ses jours de ferveur revenus. 

VISITES ÉPISCOPALES A NOTRE MAISON DE GRUGLIASCO
EN 1907. 

                       1° - Mgr Drure. 

Le 2 février 1907, notre communauté a été honorée de la visite de S. G. Mgr Drure, archevêque de Bagdad, délégué apostolique de la Mésopotamie, de l'Ordre des Carmes, venu spécialement pour nous entretenir du collège de Bagdad, où deux de nos Frères prêtent leur concours aux Pères Carmes qui en ont la direction.

Dans les quelques mots qu'il a bien voulu adresser à la communauté, le vénéré Prélat s'est plu à nous dire qu'il était un ancien élève de nos Frères de Digoin, et en particulier du F. Jérôme, décédé en 1882, à l'âge de 40 ans. Il était visiblement ému, comme on l'est au souvenir d'un ami, d'un bienfaiteur et d'un saint, en nous parlant de lui et du bien qu'il avait fait à l'âme de ses élèves, par ses catéchismes, par ses bons conseils, son dévouement, sa bonté, sa piété et sa conduite toujours édifiante et digne. Preuve, entre tant d'autres, de l'heureuse et inoubliable impression que laisse dans l'âme de l'enfant l'action bienfaisante d'un Frère pieux et zélé. 

                          2° - MgrHudrisier. 

Peu de jours s'étaient écoulés depuis que la mort nous avait ravi notre Révérend et regretté Frère Supérieur Général, lorsque le 1ier mai, Mgr Hudrisier, évêque capucin de Port-Victoria (Iles Seychelles), est venu nous donner un consolant témoignage de son affectueuse sympathie. Il a aussi honoré de sa visite nos chers Frères de Santa Maria (San Mauro) et de San Maurizio. Ses sentiments à l'égard de notre Congrégation sont, nous pouvons le dire, ceux d'un véritable ami : c'est ce que peuvent attester, pour avoir éprouvé les effets de sa bonté, ceux de nos Frères qui dirigent, dans son diocèse, les écoles de Port-Victoria et d’Anse Royale. 

                       3° - Son Eminence le Cardinal Richelmy. 

Venu à Grugliasco pour y administrer le sacrement de Confirmation, Son Eminence le Cardinal Richelmy, Archevêque de Turin, voulut bien, à la date du 3 juin, favoriser et honorer notre communauté d'une visite toute de paternelle bienveillance.

Inutile de dire combien nous fûmes heureux de saluer la présence de l'éminent prélat au milieu de nous, et de lui offrir l'hommage de notre respectueuse gratitude pour la bonté avec laquelle il a daigné accueillir les Petits Frères de Marie dans son archidiocèse, et dont il n'a cessé de leur donner des preuves en toute occasion. Le vénérable Archevêque réunit d'ailleurs en sa personne tout ce qui peut gagner le% Cœurs et faire aimer la religion. Chacun de nous a pu admirer comment il sait joindre la plus aimable simplicité à sa haute dignité, et adopter le dialecte piémontais pour se mettre à la portée de ceux de son peuple, qui ignorent les délicatesses de la langue italienne. 

                       4° - Mgr Mérel. 

Le 27 juin, Mgr Mérel, évêque, Préfet Apostolique de Canton, a honoré de sa visite notre communauté, nous donnant ainsi un témoignage de bienveillante sympathie pour notre Institut. Comme preuve de son estime et de sa confiance envers nos Frères, il nous en a demandé plusieurs pour la direction d'un Collège à Canton, où quatre d'entre eux dirigent depuis six ans l'école Pichon. 

                    5° - Mgr Wittner. 

Un autre Evêque missionnaire de Chine, Mgr Wittner, évêque titulaire de Milet, coadjuteur de Mgr Césaire, Vicaire Apostolique du Chan-Tong oriental, est venu, à la date du 30 juillet, visiter et bénir notre communauté, C'est après avoir reçu la consécration épiscopale à Rome, que Mgr Wittner a bien voulu nous honorer de sa visite, et nous donner des nouvelles de nos Frères qui dirigent une école à Tché-Fou, dans son Vicariat apostolique. 

                           Visite du Révérend frère Abel. 

Le 29 janvier 1907, à notre maison de Grugliasco, nous avons eu la douce consolation de recevoir la visite tout amicale du Révérend Frère Abel, Supérieur Général des Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel.

Notre communauté a été tout heureuse de lui faire fête pendant les vingt-quatre heures qu'il a bien voulu rester auprès de nous. C'est qu'au milieu des tristesses du présent, c'est un réconfort et un sujet de joie pour des persécutés et des exilés de recevoir un ami persécuté et exilé comme eux, mais dont rien ne peut altérer la bonne humeur ; de se sentir en contact avec un Cœur sympathique, vaillant, généreux ; d'entendre une parole ardente qui encourage, donne confiance, enflamme et élève les Cœurs.

Il nous a été de plus très agréable de recevoir de la bouche du cher et vénéré Supérieur d'intéressants détails sur son Institut, sur la protection providentielle dont il a été l'objet, sur le zèle, la générosité et la fidélité de ses membres. De même, de son côté, il a témoigné un intérêt tout particulier à tout ce qui regarde notre Institut. Dans nos entretiens intimes, nos souvenirs se reportaient aux jours moins malheureux où, dans des réunions fraternelles et pleines de cordialité, huit supérieurs généraux de Congrégations enseignantes, ne faisant qu'un Cœur et qu'une âme, mettaient en commun leurs lumières et leur expérience, en vue de promouvoir le plus grand bien possible dans leur Institut respectif, et aussi d'aviser aux moyens de se défendre contre les lois de persécution. Aujourd'hui tous ont à gémir et à pleurer sur des ruines, et, en attendant des jours meilleurs, ils s'efforcent de sauver de leurs œuvres tout ce qui est en leur pouvoir.

De Grugliasco, le Révérend Frère Abel s'est rendu à Rome, pour s'y occuper de questions concernant sa Congrégation, notamment de la cause de béatification de son Fondateur, l'abbé Jean-Marie de La Mennais. 

                            Visite du Révérend Frère Albéric. 

Le 24 novembre, nous avons reçu une visite qui, de même que celle du R. F. Abel, nous a été très agréable.

Le Révérend Frère Albéric, Supérieur Général des Frères du Sacré-Cœur, se rendant à Rome, accompagné du Cher Frère Stanislas, l'un de ses Assistants généraux, a bien voulu s'arrêter à Grugliasco, et tous deux nous ont fait le plaisir de passer une journée auprès de nous.

Se revoir après  une -assez longue absence, renouer des relations cordiales qui datent de longtemps, s'entretenir amicalement du passé, du présent, et de l'avenir; se faire part mutuellement de ses épreuves, de ses espérances, des moyens de faire le bien sans se décourager, en dépit des difficultés et des obstacles, etc., c'est une des consolations que Dieu, dans sa bonté, accorde à ses serviteurs persécutés et exilés, et dont il faut le remercier. 

VÊTURES ET EMISSIONS DE VOEUX EN 1907. 

 Postulants admis à la vêture  ......................................... 156

 Frères admis à la 1ièreémission des vœux annuels. ........ 128

 Frères qui ont émis les vœux perpétuels  ....................... 140

 Frères qui ont émis le vœu de stabilité  ............................ 13

 

ETABLISSEMENTS FONDÉS EN 1907. 

Belgique. Hoesselt.

Canada. Montréal (Saint-Michel).

Colombie. - Manizales.

Écosse. - Glasgow (Saint Kentigern's Hostel, école normale).

Espagne. - Soria, Alicante, Sanz. Lugo (de la province d'Aubenas). Anzuola - (Noviciat de la province de Notre-Dame de Lacabane).

Grèce. - Athènes (collège léonin).

Italie. - Camogli.

Syrie. - Alexandrette.

Samoa. - Leone.

Total : 13. 

DÉPARTS DE FRÈRES EN 1907

                                               pour pays hors d'Europe. 

Mexique. - F. Deogracias, F. Archangelo ; F. Gioachino, F. Doroteo-Joseph, F. Romano, F. Sabiniano, F. Lanfranco, F. Eduardo, F. Patrizio, F. Valfroy, F. Horencio, F. Onofre, F. Faustino, F. Olegario, F. Fiel.

Colombie. - F. Elias, F. Julio-José.

Chine. - F. Jules-Alfred, F. André-Gabriel, F. Elie-Victor, F. François de Sales, F. Marie-Arthur, F. Pierre-Stanislas, F. Joseph-Théodéric, F. Louis-Kostka, F. Jules, F. André-Joseph, F. Joseph-Marcellin, F. Louis-Adorateur, F. Marie-Gonzalès.

Brésil méridional. - F. Arthur-François, F. Achille-Casimir, F. Diéron-Marius, F. Eugène-Victor, F. Elie-Ferdinand, F. François-Norbert, F. Joseph-Bénédict, F. Joseph-Adalbert, F. Marie-Stanislas, F. Paul-Laurent.

Brésil central. - F. Amandus, F. Henri-Antoine, F. José-Estanislao, F. Joseph-Austremoine, F. Joseph-Borgia, F. Joseph-Claude, F. Wilfridus.

Brésil septentrional. - F. Léon-Albert, F. Joseph-Berchmans, F. Baptiste, F. Marie-Firmin.

Canadaet Etats-Unis. - F. Alexis, F. Cérin, F. François-Régis, F. Joseph-Abrosime, F. Joseph-Léon, F. Julien-Emile, F. Marie-Adolphe, F. Marie-Clément, F. Pallade, F. Paul-Ferdinand, F. Adrien-Joseph, F. Adolphe-François, F. Charles-Honoré, F. Ignatius, F. Jean-Marc, F. Joseph-Humbert, F. Joseph-Fernand, F. Léon-Pétrus, F. Paul-Damien.

Syrie. - F. Louis-Camille.

Turquie(Europe et Asie). - F. François-Eubert, F. Auguste-Eugène, F. François-Arthur, F. JosephChristophe, F. Joseph-Fortunat, F. François-Laurent. 

VISITE DES PROVINCES

D' AUSTRALIE, DU CANADA ET ETATS-UNIS
ET DU DISTRICT DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE. 

Pendant le temps qui s'est écoulé à partir du 17 novembre 1906 jusqu'au 25 juin 1907, les Chers Frères Assistants généraux (F. Stratonique, maintenant Supérieur Général, et F. John), délégués conformément aux Constitutions, par le R. F. Théophane, Supérieur Général, ont procédé à la visite des établissements dont sont formées les Provinces d'Australie, du Canada et Etats-Unis, et ceux du District de la Nouvelle-Calédonie.

Le compte rendu de leur mission, qui comprend un rapport sur chacune des maisons visitées, formerait un gros volume qui ne manquerait pas d'intérêt ; mais en raison de son étendue, il ne serait pas possible de lui donner place ici, ni en son entier ni en abrégé. C'est pourquoi nous nous bornons à l'aperçu général qui a été donné précédemment, et au tableau qui va suivre. 

PROVINCE D'AUSTRALIE
ET DISTRICT DE LA NOUVELLE-CALEDONIE 

ÉTABLISSEMENTS

 

               Australie.                                                     a     bc           d       e   f  g   h 

Largs-Bay. . . .  .. ............................................................. 1904 4          34        29        6

Port-Adelaïde. . . ............................................................. 1898 3          146                  3

Norwood,  ........... ............................................................ 1902 3          103                  3

Bendigo  ............ ............................................................. 1893 6          336                  6

Kilmore  ............ .............................................................. 1893 4          42        17        6

St-Joseph's College. ...................................................... 1881 10                     190      24

    Juvénat  ......... ............................................................. 1878 2          2            26

    Villa Maria. . . .............................................................. 1883 2          64                     2

St Patrick's  ......... ........................................................... 1872 4          190                  5

St Benedict's  ......... ........................................................ 1874 6          308                  7

St Mary's High school. . . ............................................... 1887 6          165                  7

  St Mary's Parochial. . . ................................................. 1883 4          194                  5

  St Francis  ....... ............................................................. 1883 4          172                  4

  Sacred Heart  ..... ......................................................... 1883 4          220                  4

North Shore  .................................................................... 1888 4          182                  5

Parramatta  ......... ........................................................... 1874 3          150                  4

West Mead  ..................................................................... 1896 3                       84        5

West Maitland  ...... ......................................................... 1898 3          124                  3

Newcastle  .  .................................................................... 1898 3          115                  3

Mittagong  ....................................................................... 1906 1          12   4   3

 

          Nouvelle-Zélande.

Invercagill . .  .................................................................... 1897 3          89                     3

Timaru  ............. ............................................................... 1891 3          98                     3

Christchurch . . .  ............................................................. 1888 4          195                  4

Greymouth  .  ................................................................... 1892 3          112                  3

Wellington  .......... ............................................................ 1876 5          224                  5

Napier  .  .......................................................................... 1878 3          110                  3

Wanganui  .  .................................................................... 1894 3          76                     3

Auckland (Pitt St.). .......................................................... 1886 3          180                  4

Auckland (College). ........................................................ 1904 5          38        45        8

      

               Fidji.

Suva  ............... ................................................................ 1888 2          45        16        3

     Ecole Indienne. .  . . . ................................................. 1897 2          80                     2

Rewa  .  ............................................................................ 1891 3          45                     3

Cawaci . .  ....................................................................... 1894 3                       76        3

 

             Samoa.

Apia  ............... ................................................................ 1888 4          112                  4

Moamoa  ............ ............................................................ 1900 2                       80        4

Leone . .  .......................................................................... 1907 3          125                  3

 

                 Nouvelle-Calédonie.

Nouméa . .  ...................................................................... 1873 6          178                  9

Païta Orphelinat .............................................................. 1888 3          48                     9

     Pensionnat ................................................................. 1883 4          39        29        9

Pouébo  ............. ............................................................. 1885 2          45        45        2

Vao  ................. ............................................................... 1880 2          51        51        3

 

            Nouvelles- Hébrides.

Port-Vila  ......................................................................... 1904 1          8          4          2

 

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PROVINCE DU CANADA ET DES ETATS-UNIS 

ÉTABLISSEMENTS

 

               Canada.

             Maison provinc. ................................................. 1903                                        46

Iberville Pensionnat ........................................................ 1885 8          24        151      23

              Externat. . .......................................................... 1885 4          140                  4

Baie St-Paul  ................................................................... 1904 5          188                  6

Bagotville  ........................................................................ 1902 2          82                     3

 Beauceville...................................................................... 1894 5          66        56        11

 Charlesbourg . ............................................................... 1900 3          89                     4

Granby Pensionnat. ........................................................ 1890 7          165      47        13

           Externat. . ............................................................. 1890 4          188                  4

La Malbaie  ..................................................................... 1901 4          184                  5

Lévis  Ecole paroissiale. ............................................... 1888 6          340                  7

         Juvénat. . .  ... ......................................................... 1899                                        15         29

Montréal  ............. ............................................................ 1886 14        700                  18

 St Michael's  ....... ........................................................... 1907 3          175                  4

Québec  ............. ............................................................. 1899 8          407                  10

Roberval  ........... ............................................................. 1897 6          241                  8

Roxton-Falls. . .. . .  ......................................................... 1887 2          90                     3

St Hyacinthe  ................................................................... 1892                                    28 22 10 40

Ste Martine  ..................................................................... 1887 3          110                  4

St Romuald  .......... ......................................................... 1897 5          169                  6

St Vincent de P. Externat. ............................................. 1888 2          68                     2

                Pension. .......................................................... 1897 5          21        87       12

Upton . .  .......................................................................... 1887 4          78        40        8

Waterloo  ........... ............................................................. 1889 5          127                  5

Beloeil  ............... ............................................................. 1900 2          85                     3

St-Hilaire  ........................................................................ 1906 2          57                     3

Chicoutimi Ecole parois. ............................................... 1901 7          336                  8

             Séminaire  .......................................................... 1906 2          35                     2

 

              États-Unis.

               Académie,  ....................................................... 1892 10        129      104      21

 New-York : St. J.Bapt .................................................... 1892 5          356                  7

               St Vincent de P. ............................................... 1897 2          70                     2

               Ste Agnès. ....................................................... 1904 4          194                  4

Haverhill. .......................................................................... 1903 7          330                  9

Lawrence. . . . . . : ............................................................ 1892 9          550                  11

Manchester.... ................................................................. 1890 12        619                  13

Lowel. .............................................................................. 1892 16        981                  20

 Poughkeepsie  ......... .................................................... 1905                                        10         47

 

[a) date de la fondation ; b) nombre de classes, c) d’élèves externes, d)  d’élèves internes, e) de frères,  f) de novices, g) de postulants, h)  de juvénistes.]

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VISITE DE LA VICE-PROVINCE MÉRIDIONALE Du BRÉSIL. 

Du 25 novembre 1906, au 21 mars 1907, le Cher Frère Climaque, Assistant Général, délégué par le R. F. Théophane, Supérieur Général, a rempli la mission qui lui avait été confiée de visiter nos Frères et nos établisse­ments de la Vice-Province méridionale du Brésil.

Ce fut pour lui une tâche laborieuse, fatigante, mais aussi bien consolante. Voir 17 maisons disséminées dans un vaste pays, la plupart situées à de grandes distances les unes des autres ; traverser des plaines immenses dé­pourvues de routes, par une chaleur tropicale et quel­quefois à cheval, alors qu'on est entièrement neuf en fait d'équitation, ce n'est pas ce qu'on peut appeler un voyage d'agrément ; aussi le C. F. Climaque ne l'a-t-il pas fait en touriste, mais en missionnaire, persuadé qu'il répondait aux desseins de Dieu et que, tout en répan­dant la joie au milieu de ses Frères, il leur serait utile et leur ferait du bien.

Il n'a rien négligé, en effet, pour atteindre ce but. Outre les visites, entretiens particuliers, conseils, rè­glements divers, il a présidé deux retraites : l'une à Santa Maria, du 14 au 21 décembre 1906; l'autre à Bom Principio, du 3 au 10 janvier 1907. Dans ces deux re­traites, comme dans la visite des établissements, les con­férences et les entretiens du C. F. Assistant ont eu pour but de porter les Frères à se conduire en religieux résolus et convaincus, à vivre de la Règle, dans la Règle et par la Règle.

Le C. F. Climaque a rédigé de sa mission un rapport bien documenté et intéressant, mais que son étendue ne permet pas de reproduire ici. La conclusion qu'il tire de ce qu'il a vu et observé, est qu'il y a lieu de rendre grâce à Dieu des consolations que lui ont données les Frères par leur bon esprit, par leur attachement à leur vocation (nulle défection à déplorer parmi eux depuis leur arrivée au Brésil), par leur zèle dans l'accomplisse­ment de leurs devoirs d'état, par le bien qu'ils ont réalisé, depuis la fondation de la première école dans ce pays, en 1901, et par les espérances que donnent, pour l'avenir, les bénédictions de Dieu répandues jusqu'à ce jour sur cette Vice-Province. 

 

VICE-PROVINCE MÉRIDIONALE DU BRÉSIL

ÉTABLISSEMENTS

                                                                                          a     b          c         d        e

Alegrete  .................... ..................................................... 1905 4          112      60        4

Bom Principio  ......... ...................................................... 1903 4                                   9

Id. Ecole officielle. . . . .................................................... 1901 1          50        70        2

Conde d'Eu. . . . . . .......................................................... 1904 3                                   6

Id. Ecole officielle  .......................................................... 1904 2          120                  2

Cruz Alta  ......................................................................... 1904 3          80                     4

Passo Fundo  ................ ................................................ 1906 3          90                     4

Porto Alegre Anchieta . .  .............................................. 1903 4          140                  6

Id. N.-D. du Rosaire  ....... ............................................... 1903 3          115                  3

 Id. Ecole Allemande  .......                                      ........ 1902 5          180                  6

Santa Cruz  -  .................................................................. 1903 3          140                  4

Sào Gabriel  ................. .................................................. 1906 6          150      80        7

Sâo Leopoldo  ................ ............................................... 1902 3          100                  4

Santa Maria .................................................................... 1904  10        150                  18

 id. Sâo Luiz . .  ............................................................... 1904  2          120                  3

Taquara. .   ...................................................................... 1904 3          90        10        3

Uruguayana  .................. ................................................. 1904  5          100                  7

....................................................................................................   64        1737    220      92

A ajouter, d'après un récent départ. ......................................                            10

[ a) Date de la fondation ; b)nombre de classes ; c) d’élèves externes, d) d’élèves internes ; e) de frères.

UNE RÉCEPTION EN COLOMBIE. 

                                                                                         Pupiales, 15 janvier 1907. 

Lettre du Cher Frère Ermond-Joseph. 

Mon très Révérend Frère Supérieur,

Me voilà, avec mes, trois Frères, installé à Pupiales depuis cinq jours, et je suis encore sous l'impression que, nous a causée la magnifique et inoubliable réception qui nous a été faite par les braves Pupialénos, avec une entente, un entrain et une sympathie dont je n'aurais pu me faire une idée. Déjà je connaissais, par ouï-dire leur réputation de foi et de piété et leur attachement à la religion et à tout ce qui s'y rapporte ; mais jamais je n'aurais pu supposer qu'ils songeassent à recevoir de modestes petits Frères avec tant de pompe et d'enthousiasme.

Non seulement aucune famille, aucun habitant de Pupiales ne voulut rester étranger à cette manifestation, mais les gens des fermes voisines et autres des environs eurent aussi à cœur d'y prendre part. Quel contraste, me disais-je, entre ce que nous voyons ici et ce qui se passe en France! Là-bas, on chasse les Frères des écoles on les poursuit comme des malfaiteurs ; ici on les accueille comme des envoyés de Dieu, comme des sauveurs.

Nous sommes encore éloignés de Pupiales de la distance de deux heures de marche, et voilà qu'apparaissent déjà, comme éclaireurs ou avant-garde, les premiers cavaliers. Là aussi commence la série des nombreux arcs de triomphe dressés en notre honneur, témoignages simples et modestes, sans doute, mais bien touchants, du bon Cœur des habitants des maisonnettes qui bordent la route.

A mesure que nous avançons, nous rencontrons de nouveaux groupes de cavaliers et de piétons, et bientôt nous nous trouvons en présence d'un groupement nombreux qui nous attend, conformément au programme arrêté d'avance.

M. le Curé et un Père de Saint. Philippe de Néri, d'Ipiales, dirigeaient les manifestants. Au moment de la rencontre, nous nous arrêtons pour entendre le premier souhait de bienvenue, auquel je réponds par un mot du Cœur. Ensuite, entourés d'une nombreuse escorte, nous continuons notre marche; mais bientôt un nouvel arrêt s'impose devant une multitude composée de 3 à 4.000 personnes, et précédée de la musique du pays. Là, un nouveau discours est prononcé ; j'y réponds, et la foule s'ébranle pour se rendre en face de la maison qui nous est préparée, et que, de loin, on aperçoit ornée de drapeaux, de guirlandes, etc., et se présentant sous un aspect très agréable. Nous y arrivons enfin par une jolie avenue. Deux nouveaux discours nous sont adressés, dont un par le Père venu d'Ipiales, et une couronne m'est offerte. Alors ému de tant de démonstrations d'estime, de respect et d'affection, et saisi par l'enthousiasme général, je laisse parler mon cœur, je remercie tout ce monde de ces touchants témoignages de sympathie, de cet accueil si cordial et si encourageant ; j'exprime l'intérêt que mes Frères et moi nous portons à tous, les vœux que nous adressons à Dieu pour leur bonheur, et la disposition où nous sommes de nous dévouer pour eux, et de faire au milieu d'eux principalement à leurs enfants, tout le bien dont nous sommes capables avec l'aide de Dieu.

Mais l'estomac réclame autre chose que de l'enthousiasme. Heureusement on a eu la charitable pensée d'y pourvoir : quelques instants après notre arrivée, il nous fut servi un souper réconfortant, pendant lequel les musiciens exécutèrent en notre honneur quelques-uns de leurs plus beaux morceaux. Enfin vers dix heures et demie notre cour se trouva vide ; un moment s'écoula, encore pendant lequel nous nous communiquâmes nos impressions ; puis nous fîmes la prière du soir, et nous -allâmes prendre un repos dont nous avions bien besoin.

Telle est, Très Révérend Frère Supérieur, la réception remarquable qui a été faite à vos Petits Frères, à leur arrivée à Pupiales. Mais quelle obligation pour eux d'y faire un bien qui réponde aux desseins de Dieu !  Aidez-nous, s'il vous plaît, par vos prières.

Nous avons à ce jour 180 élèves, et les inscriptions continuent. 

JUBILÉ SACERDOTAL DE  S. S. PIE X.

Au mois de septembre prochain, commenceront les fêtes solennelles du Jubilé sacerdotal de N. S. Père le Pape Pie X. A cette occasion, les fidèles de l'univers catholique se préparent dès à présent, avec un zèle remarquable, à donner au Père commun de la chrétienté les plus éclatants témoignages de dévouement et d'amour filial qui soient capables de consoler son Cœur.

Notre Congrégation, dont un des caractères particuliers est un attachement filial et sans bornes à la personne du Vicaire de Jésus-Christ, ne saurait demeurer étrangère à cette grande et universelle manifestation. Je vous ferai connaître prochainement la manière pratique d'y prendre part avec nos élèves.

En attendant, je vous engage, M. T. C. F., à prier beaucoup et avec un redoublement de ferveur, pour la sainte Eglise et pour son Auguste Chef. 

AVIS DIVERS 
1. - INVOCATION AU VÉNÉRABLE PÈRE CHAMPAGNAT.

D'après une information reçue de Rome et une consultation de Mgr Verde, promoteur de la Foi, il ne nous est pas permis d'invoquer notre Vénérable en communauté, soit à la chapelle, soit à la salle commune ou ailleurs. On peut seulement prier Dieu, la Très Sainte Trinité, la Très Sainte Vierge de concéder la grâce que !'on désire par l'intercession du Vénérable ; on peut appliquer ses reliques, telles que morceaux d'habits, aux malades et engager ceux-ci à le prier en particulier.

L'avis reçu de Rome est dans l'intérêt même de la cause de béatification du Vénérable Père, et pour faire éviter ce qui pourrait ressembler à un acte du culte.

On retranchera donc l'invocation au Vénérable Marcellin Champagnat, de celles qui sont indiquées à la page 26 du Calendrier religieux de 1908.

 Il est bien entendu toutefois que nous pouvons continuer, en notre particulier, à faire usage de cette invocation, et de plus, la conseiller à d'autres. 

Il. - ERECTION CANONIQUE D'UN NOVICIAT
À SAINT-ANN's HERMITAGE - POUGHKEEPSIE. 

Très Saint Père, 

« Le Procureur Général de l'Institut des Petits Frères de Marie implore la faculté d'ériger canoniquement un noviciat à Poughkeepsie - Hermitage Sainte-Anne, au diocèse de New-York ». 

RESCRIT

« En vertu des facultés spéciales à elle concédées par le Souverain Pontife, la Sacrée Congrégation des Eminentissimes et Révérendissimes Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, préposée aux affaires et consultations des Evêques et Réguliers, accorde au Supérieur Général dudit Institut la faculté de procéder à l'érection canonique du noviciat dans le susdit lieu, de concert avec l’Ordinaire, et pourvu que se trouvent remplies les conditions requises par les SS. Canons et les Constitutions apostoliques. - Nonobstant toutes choses contraires.

                   « D. Card. FERRATA, Préfet.

                                         Rome, 14 décembre 1907. 

III. -TRANSLATION DU NOVICIAT D' OÑATE A ANZUOLA (Espagne). 

« Très Saint Père,

 « Le Procureur Général de l'Institut des Petits Frères de Marie, prosterné aux pieds de Votre Sainteté, implore très humblement la faculté de transférer le Noviciat d'Oñate à Anzuola, du diocèse de Vitoria, afin que, dans cette nouvelle résidence, propriété de l'Institut, il soit logé plus commodément et plus au large. » 

RESCRIT 

 « En vertu des facultés spéciales à elle concédées, la Sacrée Congrégation des Eminentissimes et Révérendis­simes Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine préposée aux affaires, et consultations des Evêques et Réguliers, attendu les motifs exposés, accorde bénignement au Supérieur Général la faculté de permettre  le transfert du susdit noviciat, pourvu que, dans la nouvelle mai­son, soient remplies les conditions requises par le droit.

Nonobstant toutes dispositions contraires.

                   « D. Card. FERRATA, Préfet.

             « P. L. GIUSTINI, Secrétaire. » 

IV. - ELECTION. 

A la date du 25 octobre 1907, le Conseil général a élu le cher Frère Zéphiriny comme Provincial du Canada. et des Etats-Unis, conformément aux articles 157 et 181 des Constitutions. 

V. - VISITES AU SAINT SACREMENT. 

Egalement pour me conformer aux Constitutions (art. 67) et à un vœu émis par le Chapitre général, dans sa séance du 20 octobre, je recommande fortement aux Frères Directeurs de toutes les maisons, pour eux et pour leurs Frères, la visite journalière au Saint Sacrement, partout où elle est possible. Cette sainte pratique était, nous le savons, particulièrement chère à notre Vénérable Fondateur. 

VI. - DÉLIBÉRATIONS DES CONSEILS PROVINCIAUX. 

Les délibérations prises par les Conseils provinciaux en conformité des articles 26, 27, 36, 40, 41 et 184 des Constitutions, doivent être envoyées en double exemplaire au Frère Supérieur Général, et porter la signature de tous les membres du Conseil.

S'il s'agit d'admission à la vêture, la délibération doit indiquer : 1° l'âge du postulant ; 2° la date de son entrée au postulat ; 3° les notes obtenues à l'examen préparatoire à la vêture (art. 189 du Directoire général). 

VII. - MAISONS D'ADANA ET DE MERSINE. 

Par mesure d'ordre administratif, le Conseil général, dans sa séance du 25 octobre 1907, a décidé le retour à la Vice-Province de Constantinople, des maisons d'Adana et de Mersine, en Cilicie, qui avaient été cédées à la Vice-Province de Syrie, en février 1906. En conséquence, les Frères de Syrie qui se trouvent actuellement dans ces deux maisons et ceux de Constantinople qui par suite de la cession, auraient passé dans des établissements dépendant de la Syrie, feront retour, dans le délai d'un an, à leur vice-province respective. 

VIII. - VIE Du R. F. LOUIS-MARIE. 

Cette Vie,, depuis longtemps désirée, vient de paraître en un volume in-8° de 300 pages. Elle se trouve à la librairie Vitte, Place Bellecour, 3, à Lyon.

Pour se la procurer, les Frères voudront bien s'adresser sans retard aux Frères Economes provinciaux, lesquels se la feront expédier en nombre proportionné aux demandes. 

IX. - OPUSCULE DES FAVEURS OBTENUES
PAR LE V. P. CHAMPAGNAT. 

Nous avons encore ici un stock assez considérable d'exemplaires de cet opuscule. Les Frères sont invités à se le procurer et à le répandre le plus possible dans les familles chrétiennes, soit par l'intermédiaire des enfants, soit autrement.

Il pourra être également mis à la disposition de ceux qui nous en feront la demande, des images auxquelles est fixée une petite relique du Vénérable Fondateur.

A propos de l'image de notre Vénérable, on s'occupe en ce moment d'en éditer une nouvelle, conformément à un vœu du dernier Chapitre général. On espère pouvoir la livrer sous peu.

 

Nos DÉFUNTS. 

F. COME, Stable, décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 7 décembre 1906.

F. ROBERT, Profès, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage (Loire), le 8 décembre 1906.

F. JOSEPH-THÉOPHILE, Profès, décédé à Londres (Angleterre), le 10 décembre 1906.

 F. BLASIUS, Profès, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage (Loire), le 11 décembre 1906.

 F. MARIE-ALMAQUE, VœuX temporaires, décédé à Luré (Loire), le 15 décembre 1906.

F. AQUILIN, Stable, décédé dans la Province de Varennes, le 19 décembre 1906.

F. PIERRE-FERDINAND, Profès, décédé à Pontos (Espagne), le 21 décembre 1906,

F. PARISIUS, Profès, décédé à Aubenas (Ardèche), le 24 décembre 1906.

F. DONATIEN, Profès, décédé à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), le 31 décembre 1906.

F. ALDEGONDE, Profès, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 2 janvier 1907.

F. COLOMB, Profès, décédé dans la Province de l'Hermitage, le 2 janvier 1907.

 F. RODOLPHE, Profès, décédé dans la Province d'Aubenas, le 5 janvier 1907.

F. PAUL-ERNEST, Vœux temporaires, décédé à Beaucamps (Nord), le 7 janvier 1907.

F. FORTUNATIEN, Profès, décédé dans la Province de l'Hermitage le 8 janvier 1907.

F. NICETO, VœuX temporaires, décédé à Villaldemiro (Burgos), le 8 janvier 1907.

F. LEONCE, Profès, décédé à, Saint-Genis-LavaL (Rhône), le 13 janvier 1907.

F. EUTIQUE, Profès, décédé dans la Province de 'Varennes, le 17 janvier 1907.

      AILLAUD Auguste, Juvéniste, décédé à Mondovi (Piémont), le 21 janvier 1907.

F. HENRI-STANISLAS, Vœux temporaires, décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 25 janvier 1907.

F. LIVINS, Profès, décédé dans la Province d'Aubenas, le 28 janvier 1907.

        ROGIALLI Duilio, Postulant, décédé à Mondovi (Piémont), le 29 janvier 1907.

F. CAMÉLIEN, Stable, décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 31 janvier 1907.

F. BONIFACIO, Vœux temporaires, décédé à Galdeano (Navarre), le 7 février 1907.

F. MARTINIEN, Profès, décédé à Varennes-sur-Allier(Allier), le 11 février 1907.

F. MARIE-FRANÇOIS, Stable, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 14 février 1907.

F. MELISSENE, Profès, décédé à Lesboeufs (Somme), le 17 février 1907.

      Jean EUGENE, Postulant, décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 20 février 1907.

     MARTI MARINO, Juvéniste, décédé à Vich (Barcelone), le 21 février 1907.

   AUSSELER José, Juvéniste, décédé à Vich (Barcelone), le 25 février 1907.

F. ORESTE, Profès, décédé à Turin (Piémont), le 2 mars 1907.

F. HORMISDAS, Profès, décédé à Genève (Suisse), le 4 mars 1907.

F. JOSEPH-BERNARD, Profès, décédé à Varennes-sur-Allier (Allier), le 10 mars 1907.

F. HILDEBERT, Profès, décédé à Beaucamps (Nord), le 11 mars 1907.

F. MARY-FRANCIS, VœuX temporaires, décédé à Swinford (Irlande), le 18 mars 1907.

F. JOSEPH-WILLIBRORD, Vœux temporaires, décédé à Unter-Eisenbach (Grand Duché de Luxembourg), le 19 mars 1907.

F. NILAMON, Profès, décédé à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), le 21 mars 1907.

F. MARIE-EUCAIRE, Vœux temporaires, décédé à Autel-Bas (Luxembourg belge), le 28 mars 1907.

F. EUSPICE, Profès, décédé à Manresa (Barcelone), le 3 avril 1907.

F. PAPIUS, Profès, décédé à San Andrès de Palomar (Barcelone), le 16 avril 1907.

F. CALLINICUS, Profès, décédé à Beaucamps (Nord), le 17 avril 1907.

R. F. THÉOPHANE, Supérieur Général, décédé à Mataró-Valldemia (Barcelone), le 18 avril 1907.

F. ELIAS-JOSEPH, Profès, décédé à San Andrès de Palomar (Barcelone), le 25 avril 1907.

F. PAUL-ETIENNE, Profès, décédé à Suva (Fidji), le 30 avril 1907.

F. LIBANIUS, Profès, décédé à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), le 3 mai 1907.

F. MARIE-ADALBERT, Profès, décédé à Beaucamps (Nord), le 12 mai 1907.

F. JEAN-SÉBASTIEN, Profès, décédé dans la Province de Varennes, le 12 mai 1907.

F. MATRONIEN, Profès, décédé dans la Province de l'Hermitage, le 14 mai 1907.

F. AQUILEO, Vœux temporaires, décédé à San Andrès de Palomar (Barcelone), le 16 juin 1907.

F. LOUIS-VALENTIN, Profès, décédé à Lyon (Rhône), le 25 juin 1907.

F. CIPRIANO, Profès, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 30 juin 1907.

F. MARIEN, Profès, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 27 juillet 1907.

F. GERASIMO, Profès, décédéà Valdepeñas (Ciudad Real), le 2 août1907.

F. LOUIS-GASTON, Profès, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 3 août 1907.

F. LOUIS-ALBERT, Vœux temporaires, décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 6 août 1907.

F. AZARIAS, Novice, décédé à Saint-Hyacinthe (Canada), le 10 août 1907.

F. RAOUL, Profès, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage (Loire), le 10 août 1907.

F. PIONE, Profès, décédé à Ailhon (Ardèche), le 11 août 1907.

F. PIO, Vœux temporaires, décédé à Azpeitia (Guipuzcoa), le 12 août 1907.

F. CLAIR, Stable, décédé dans la Province d'Aubenas, le 12 août 1907.

F. DE KOSTKA, Stable, décédé dans la Province d'Aubenas, le 16 août 1907.

F. FRANÇOIS-NOEL, Profès, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 19 août 1907.

F. SOCRATE, Vœux temporaires, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 21 août 1907.

        GIFREU José, Juvéniste, décédé à Pontos (Gerona), le 22 août 1907.

F. GERMANO, Vœux temporaires, décédé à Lezaun (Navarre), le 26 août 1907.

F. LUDOLPHE, Profès, décédé dans la Province d'Aubenas, le 5 septembre 1907.

F. ELIE-FRANÇOIS, Vœux temporaires, décédé à Kingan (Chine) le Il septembre 1907.

F. BONIFACIO, Novice, décédé à San Andrès de Palomar (Barcelone), le 13 septembre 1907.

F. GRÉGOIRE DE NYSSE, Profès, décédé dans la Province de Beaucamps, le 23 octobre 1907.

F. PIERRE-IGNACE, Profès, décédé à Lyon (Rhône), le 24 octobre 1907.

F. JOSEPH-CYRILLE, Profès, décédé à Lyon (Rhône), le Il novembre 1907,

 F. LIBANOS, Profès, décédé dans la Province de l'Hermitage, le 29 novembre 1907.

F. JOSEPH-RÉGIS, Vœux temporaires, décédé à Notre-Dame de l'Hermitage (Loire), le 3 décembre 1907.

F. JOSEPH-DAMIEN, Vœux temporaires, décédé à Beaucamps (Nord), le 3 décembre 1907.

F. SEVERIEN, Vœux temporaires, décédé à Coucouron (Ardèche), le Il décembre 1907.

F. FABIEN, Profès, décédé à Saint-Genis-Laval (Rhône), le 15 décembre 1907.

F. NAZARIO, Vœux temporaires, décédé à San Andrès de Palomar (Barcelone), le 30 décembre 1907.

F. AURELIANO, Vœux temporaires, décédé à Modubar de San Ciprian (Burgos), le 31 décembre 1907.

 

Comme vous pourrez le remarquer, M. T. C. F., ils sont bien nombreux nos décès enregistrés depuis un an ; mais, pour notre consolation, regardons-en le relevé moins comme un tableau mortuaire que comme une liste de prédestinés et d'élus. En effet, ces chers défunts, vieux et jeunes, ont été fidèles à leur vocation ; et, selon la parole de Notre-Seigneur, ceux-là seront sauvés qui auront persévéré jusqu'à la fin.

Néanmoins, eussions-nous la pleine certitude de leur salut éternel, ne les oublions pas dans nos prières : il faut être si pur pour entrer au ciel ! Acquittons fidèlement à leur égard, comme pour nos autres Frères, nos parents et nos bienfaiteurs défunts, les suffrages prescrits par nos Constitutions.

La présente circulaire sera lue en communauté à l'heure ordinaire de la lecture spirituelle. Dans les maisons de noviciat, et dans celles qui ont un personnel nombreux, il en sera donné une seconde lecture au réfectoire.

 

Recevez l'assurance de la religieuse affection avec laquelle je suis,

Mes Très Chers Frères, en Jésus, Marie, Joseph,  Votre tout dévoué Frère et serviteur,

     F. STRATONIQUE. 

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COMPTE RENDU DES TRAVAUX

 du onzième Chapitre Général. 

COMPOSITION DU CHAPITRE 
1. - MEMBRES DE DROIT.

F. GÉRALD, Vicaire Général ;

F. BÉRILLUS, Assistant général

F. STRATONIQUE, Assistant Général

F. CLIMAQUE, Assistant Général

F. LIBOIRE, Assistant Général;

F. AUGUSTALIS, Assistant Général;

F. JOHN, Assistant Général ;

F. PAULIN, Assistant Général;

F. PIERRE-JOSEPH, Econome Général;

F. CANDIDUS, Procureur Général près le Saint-Siège

F. FRONT, Provincial de l'Ouest;

F. BÉNÉDICT, Provincial des Iles Britanniques;

F. FLAMIEN, Provincial d'Aubenas;

F. LOUIS-ARMAND, Provincial de Saint-Genis-Laval;

F. ANGÉLICUS, Provincial du Canada et E.-U. ;

F. AUGUSTIN-JOSEPH, Provincial du Bourbonnais;

F. PRISCILLIEN, Provincial de Notre-Dame de l'Hermitage ;

F. CONSTANCIEN, Provincial de Saint-Paul-Trois-Châteaux ;

F. VICTOR, Provincial d'Australie

F. DIOGÈNE, Provincial du Nord ; F. HIPPOLYTUS, Provincial d'Espagne. 

2. - DÉPUTÉS DES PROVINCES. 

F. CECILIANUS, Député de Saint-Genis;

 F. ELIE-MARIE, Député de Saint-Genis

F. MARIE-JUNIEN, Député de Notre-Dame de l'Hermitage ;

F. MARIE-ABRAHAM, Député de Notre-Dame de l'Hermitage (suppléant) ;

F. HONORATUS, Député de Saint-Paul-Trois-Châteaux ;

F. SÉRAPION, Député de Saint-Paul-Trois-Châteaux ;

F. GABRIEL, Député du Nord

F. CLERUS, Député du Nord ;

F. JAMES, Député des Iles Britanniques;

F. WINOC, Député des Iles Britanniques;

F. RICHARD, Député d'Aubenas;

F. ONIAS, Député d'Aubenas;

F. ANTIDIUS, Député du Bourbonnais;

F. MARIE-VICTORIC, Député du Bourbonnais;

F. PASCAL, Député de l'Ouest ;

 F. PIERRE-THOMAS, Député de l'Ouest

F. FLORIBERT, Député d'Espagne ;

F. PAUL-MARIE, Député d'Espagne;

F. CESIDIUS, Député du Canada et E.U.;

F. PTOLEMEUS, Député du Canada et E.-U.

F. MARY-STANISLAUS, Député d'Australie

F. CLÉMENT, Député d'Australie. 

3. - DÉPUTÉS DES VICE-PROVINCES. 

F. THÉODORE- JOSEPH, Député de Colombie

F. ADORATOR, Député du Brésil Central;

F. MICHAELIS, Député du Mexique

F. DAMIEN, Député du Brésil Septentrional;

F. GERAUD, Député du Brésil Méridional;

F. ACYNDINUS, Député de Constantinople;

F. RODRIGUEZ, Député de Syrie;

 F. FREDERICUS, Député de l'Afrique du Sud;

F. LOUIS-MICHEL, Député de la Chine. 

Ce Chapitre général a été visiblement béni du bon Dieu. Les cinquante-deux Petits Frères de Marie qui le composaient ont été unanimes à reconnaître qu'il régnait parmi eux un excellent esprit.

Cette assemblée, composée de Frères venus de toutes les parties du monde et n'ayant tous qu'un cœur et qu'une âme, présentait un spectacle vraiment beau et réconfortant. C'était une manifestation frappante de la vitalité que conserve notre cher Institut, en dépit de la persécution. C'était aussi, on peut le dire, comme la réalisation partielle de la vision, qu'on pourrait appeler prophétique, du vénérable Fondateur, lorsqu'il écrivait à l'évêque de Grenoble, en 1837. « Tous les diocèses du monde entrent dans nos vues ».

Combien il est consolant et encourageant pour nous de voir notre Institut acquérir une part de plus en plus grande à la catholicité de notre mère la sainte Eglise. 

*      *

Le Chapitre général, après avoir procédé aux élections qui ont été portées à votre connaissance par la circulaire des Capitulants, en date du 24 octobre dernier, a eu à s'occuper de diverses autres questions qui intéressent la bonne marche de l’Institut et de ses oeuvres; et cela conformément aux articles 136, 137, 138, 139 et 140 des Constitutions.

Des Commissions spéciales furent élues à cet effet. Leurs travaux, étudiés avec le plus grand soin, furent ensuite soumis au Chapitre, qui les examina et les discuta en séances plénières.

Avant d'entrer ici dans le détail des décisions capitulaires, je crois devoir vous donner quelques explications sur le livre que nous appelons Directoire général

DIRECTOIRE GÉNÉRAL. 

Comme vous le savez, M. T. C. F., notre Directoire général est la reproduction de nos anciennes Règles communes et des Constitutions et Règles du Gouvernement, mises en accord avec nos Constitutions confirmées définitivement par le Saint-Siège, en 1903.

Le Conseil général de l’Institut, sous la présidence du R. F. Théophane, a employé un temps considérable à tout coordonner. Le travail terminé fut l'objet d'un examen sérieux de la part de deux Consulteurs qui avaient été spécialement chargés par la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, de suivre nos « Constitutions » lors de leur approbation définitive. Ce même travail fut ensuite soumis aux Censeurs officiels du Saint-Siège, le R. P. Albertus Lepidi, O. P., Maître du Sacré Palais, et S. G. Mgr Joseph Ceppetelli, archevêque de Myren et vice-gérant de Rome. Ce sont eux qui ont donné l'Imprimatur.

C'est vous dire, M. T. C. F., combien nous avons pris à tâche de donner à l'Institut le Directoire général dans les meilleures conditions, et avec la plus haute approbation qui se puisse obtenir.

Il importe de vous faire remarquer que le contenu de ce livre diffère peu des Règles et des Constitutions, dont le deuxième Chapitre général eut à s'occuper en 1852. Les membres de ce Chapitre, en les présentant aux Frères, à cette époque, leur disaient : « Les Règles et les Constitutions de l'Institut, au moins pour le fond et quant aux principes, ne sont pas de nous, niais de notre bien-aimé Père. C'est lui qui a prescrit les exercices de piété que nous imposent les Règles ; c'est de lui que nous viennent les pratiques de vertu, les vœux et les autres moyens de sanctification que nous trouvons dans notre saint état. C'est lui qui a réglé les rapports des Frères entre eux, avec le public et avec les enfants, et la manière dont ils doivent se conduire en communauté pour être de bons religieux ; avec les enfants, pour être de sages et pieux instituteurs ; avec le publie pour l'édifier et être partout la bonne odeur de Jésus-Christ. C'est lui qui a donné à l'Institut son esprit, son caractère, son but, et qui a déterminé sa forme extérieure, c'est-à-dire le costume des Frères, leur nourriture et le régime de vie qui leur est propre, le logement, l'ameublement, etc. ».

M. T. C. F., ces paroles sont aussi vraies maintenant qu'en 1852, alors qu'elles furent adressées aux Frères, pour la première fois. Le temps et l'expérience n'ont fait qu'en confirmer la valeur et la force.

Toutefois les livres dits des « Règles » et des « Constitutions », tels qu'ils parurent en 1852, n'eussent pu être présentés pour être approuvés et confirmés par l'Eglise ; car, dans sa sagesse prévoyante, l'Eglise ne juge pas à propos d'approuver définitivement un livre embrassant une foule de détails qui, d'un moment à l'autre, pourraient être sujets à des changements. Elle laisse ainsi aux Chapitres généraux successifs la faculté de modifier, quand l'utilité ou la nécessité s'en présente, les détails qui ne font pas partie essentielle des Constitutions, approuvées.

Comme on a pu le voir, les articles de nos Constitutions approuvées par le Saint-Siège sont, en grande partie, tirées de nos anciennes Règles communes et Règles du gouvernement. C'est pourquoi le Conseil général dans son travail de révision, a jugé inutile de les répéter dans le Directoire général, excepté là où, pour plus de clarté, il paraissait à propos de le faire.

Nous avons donc, M. T. C. F., dans l'Institut, deux livres principaux qui règlent notre conduite personnelle et notre administration générale : les Constitutions et le Directoire général.

Les Constitutions ne peuvent en rien être modifiées, ni par le Conseil général, ni même par le Chapitre général. La faculté d'y apporter des modifications est réservée exclusivement à la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers. Aussi ce volume n'entre guère dans les détails ; il se limite, en général, aux principes qui conviennent à tous les temps et à tous les lieux. C'est notre code, notre livre par excellence ; il trace l'esprit et la vie de l'Institut dans les grandes lignes et détermine le genre d'administration qui le régit.

Le Directoire général entre en de plus amples détails. Il donne une direction et des conseils sûrs et plus minutieux à tous les principaux officiers de l’Institut. Je ne saurais trop en recommander la lecture et l'étude à tous les Frères, et spécialement à ceux d'entre eux qui sont constitués en autorité à quelque degré que ce soit.

Ce livre, comme il vient d'être dit, n'a pas reçu et ne doit pas recevoir la confirmation du Saint-Siège ; mais il est sujet à confirmation temporaire et à modifications par les Chapitres généraux quand le besoin s'en présente. Il en est de même des statuts capitulaires qui n'y seraient pas contenus (Constitutions, art. 139).

C'est pourquoi le dernier Chapitre général, mû par le seul désir de la perfection des Frères et du bien de l'Institut, a chargé une Commission, élue parmi ses membres, de revoir le Directoire général, de même que les statuts des précédents Chapitres généraux qu'il y aurait lieu de maintenir en vigueur ou de modifier.

Sur le rapport de la Commission, nous avons examiné et discuté, en plusieurs séances plénières du Chapitre, ce qui en faisait l'objet ; et finalement, le Chapitre a confirmé le Directoire général, avec quelques légères modifications.

Nous avons fait de même pour les statuts des Chapitres généraux antérieurs, de manière à conserver le caractère obligatoire à ceux qui seraient maintenus, jusqu'au prochain Chapitre général, conformément à l'article 139 des Constitutions.

 Les quelques articles modifiés du Directoire général et les statuts confirmés par le Chapitre, de même que les nouveaux statuts, seront imprimés dans un fascicule séparé que l'on pourra ajouter en appendice au Direc­toire général qui est dé jà dans nos maisons. 

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ONZIÈME CHAPITRE GÉNÉRAL 

                                                    Octobre 1907. 

I 

ARTICLES DU DIRECTOIRE GÉNÉRAL MODIFIÉS. 

Le Chapitre général, dans sa séance du 20 octobre 1907 a approuvé et confirmé le Directoire général dans son ensemble et dans tous ses articles, selon le texte de l'édition de 1905, imprimée à Rome, sauf les quelques articles ci-après, qu'il a décidé de modifier comme il suit:

ART. 21. - En ce qui regarde la réception de la sainte Communion, les Frères se feront un bonheur de se conformer au décret Sacra Tridentina de S. S. Pie X, sur la Communion fréquente et quotidienne.

ART. 25. - Les dimanches et les jours de congé, les Frères, s'ils n'en sont pas empêchés par le soin des élèves pensionnaires, donneront plus de temps à la prière qu'aux jours ordinaires ; ils liront quelques ouvrages ascétiques propres à les former à la vertu et à les maintenir dans l'esprit de leur vocation, et ils auront soin- de visiter le Saint Sacrement, surtout s'ils sont près de l'église.

ART. 81. - A huit heures et demie, l'examen particulier et la prière du soir, suivie du Miserere mei, de la lecture abrégée du sujet de méditation pour le lendemain, et de celle du calendrier religieux.

ART. 100. - Au commencement de chaque mois, on choisira un saint patron. Les Frères tâcheront d'en faire entrer l'histoire dans le catéchisme de la classe suivante; et l'on invoquera ce saint tout le mois, comme il est marqué dans le Guide des Écoles. Le mois de mai et le mois d'août étant spécialement consacrés à la Sainte Vierge, on la prendra pour patronne particulière pendant ces deux mois. De même, on prendra saint Joseph pour patron pendant le mois de mars, et saint Louis de Gonzague pendant le mois de juin.

ART. 109. - Les principales fêtes de l'année seront pour les Frères des époques de renouvellement dans les saintes dispositions de la retraite et dans l'amour de Notre-Seigneur. A cette fin, ils auront soin : 1° de se préparer à ces fêtes par une neuvaine ou par quelque autre pratique de piété et de vertu ; 2° de prendre pour sujet d'oraison, les jours qui précèdent la fête ou pendant l'octave, les mystères et les vérités que la solennité offre à leurs méditations ; 3° de redoubler de vigilance sur eux-mêmes afin d'éviter les moindres fautes ; 4° de s'efforcer de mieux faire leurs exercices de piété, et d'apporter plus de soins à la préparation de leurs Communions et à l'action de grâces, pendant l'octave de ces fêtes ; 5° de demander à Dieu quelques grâces ou quelques vertus particulières à l'occasion de ces solennités ; 6° d'instruire solidement les enfants du mystère et des vérités que la fête leur rappelle, de les préparer à sanctifier ces saints jours par la réception des sacrements et par l'assistance aux offices de l'Eglise.

ART. 139. -Les Frères pourront encore avoir à leur usage, outre un exemplaire des Constitutions : une croix en cuivre, un chapelet, un Nouveau Testament avec l'Imitation de Jésus-Christ, un Manuel de piété, un Paroissien romain, en reliure ordinaire, un canif, un portefeuille, un rasoir et un sac de voyage. Ces objets et leurs habillements sont les seuls qu'ils puissent « emporter quand ils quittent «une maison pour aller dans une autre.

ART. 224. - Ils ne parleront jamais patois entre eux , ni avec les enfants sans nécessité ; ils ne tutoieront personne, et, en se dénommant, ils feront toujours précéder le nom de religion du mot Frère.

ART. 314. - L'école s'ouvrira, le matin, à l'heure approuvée par le Frère Provincial, et les enfants devront tous être arrivés pour assister à la sainte Messe ou pour faire la prière s'il n'y a pas de Messe.

ART. 315. - Le soir, l'école s'ouvrira également à l'heure approuvée, et les enfants devront tous être rendus pour la récitation du chapelet.

 ART. 523. -S'il arrivait que quelques députés vins­sent à mourir avant la tenue du Chapitre, ou qu'ils ne pussent se rendre pour quelque empêchement légitime ils seraient remplacés par les Frères suppléants de leur province. On procédera à une élection particulière pour chacun des délégués et pour chacun des suppléants. Le suppléant qui, après les députés, aura été élu le premier, sera le premier suppléant et ainsi de suite.

ART. 561. - On aura soin d'avertir les Frères des défauts qui seraient un obstacle à la rénovation de leurs vœux, afin qu'ils puissent s'en corriger avant l'époque où le Conseil provincial sera appelé à se prononcer sur leur admission.

ART. 612. - Ils auront des rabats blancs, longs de 12 à 13 centimètres, larges de 11 à 12 et fendus au milieu, par le bas, sur une longueur d'environ 4 centimètres.

ART. 613. - Les chemises des Frères seront en toile de fil ou de coton ; le collet n'aura pas plus de 5 centimètres de largeur, et les manches seront d'une longueur convenable.

ART. 616. - Dans les pays où il sera reconnu nécessaire de porter au dehors un costume différent de celui que prescrivent les Constitutions, la forme devra être partout selon le modèle approuvé par le Conseil général.

ART. 629. - Les Frères se feront couper les cheveux au moins tous les deux mois. Le Frère Directeur veillera à ce qu'ils soient faits à tous également, et selon la modestie qui convient à notre état.

ART. 665. - Dans les maisons provinciales ou de noviciat et de pensionnat considérable, il y aura un coffre-fort à trois clefs, dont une sera entre les mains du Frère Directeur, la seconde entre les mains du Frère Sous-Directeur, et la troisième entre les mains du Frère Econome. Le Frère Econome aura seulement à sa disposition l'argent nécessaire pour les dépenses courantes du mois. Le reste sera enfermé dans le coffre-fort.

ART. 680. - Le Frère Econome général sera chargé, sous la dépendance du Frère Supérieur général, de l'administration du temporel de tout l'Institut, de la tenue des écritures de toute la comptabilité, de placer et de faire valoir les deniers de la caisse commune.

ART. 681. - Les livres de comptes de toutes les maisons de l'Institut seront visés deux fois par an : la première fois, par le Frère Provincial à l'époque de sa visite ; et la seconde, par le Frère Econome général ou, à son défaut, par le Frère Provincial. A cet effet, les Frères Directeurs apporteront le susdit livre de comptes de leur maison respective, en se rendant à la retraite annuelle ; et, dans le cas où ils ne pourraient pas y assister, le Frère Sous-Directeur, ou tout autre, sera chargé par le Frère Directeur de l'apporter et de le faire viser.

ART. 1020. - Un bon jugement et un sens droit lui sont indispensables, soit pour se conduire avec sagesse, prudence et discrétion en toutes choses, soit pour connaître le caractère, les défauts, les bonnes dispositions des novices, et pour rendre compte de leur conduite au Maître des Novices, soit pour former, pour développer les facultés de leur âme, particulièrement leur jugement, chose si nécessaire à des religieux chargés de l'éducation des enfants, et obligés par leur état à traiter avec toutes sortes de personnes. 

II

STATUTS CAPITULAIRES CONFIRMÉS. 

1° L'usage du tabac n'est point autorisé parmi Ies Frères ; le besoin et l'habitude d'en prendre sont un cas de non-admission à la profession.

2° On doit se montrer difficile pour accorder aux Frères la permission de visiter leurs parents, surtout .avant la profession perpétuelle. Les seules raisons qui peuvent faire accorder ces visites sont les arrangements de famille ou l'avantage de l'Institut.

3° Aucun Frère ne se permettra de délivrer des lettres ou certificats de recommandation aux marchands ou passants quelconques, ni de signer des livrets qui leur seraient présentés à, cette fin.

4° Les cartes de visite entre Frères sont interdites; on doit les restreindre avec les étrangers et autant que possible ne pas les faire imprimer ni les écrire au nom personnel.

5° On ne fera usage de cannes que dans le cas d'infirmité.

6° Dans les pensionnats, on ne gardera pas d'élèves pendant les vacances à moins d'une autorisation spéciale du Conseil général lequel est invité à ne J'accorder que pour de graves motifs, à cause des inconvénients et des dangers qui peuvent en résulter pour les Frères et pour les enfants eux-mêmes.

7° Les Frères qui, dans les pensionnats, sont employés à la surveillance des dortoirs doivent venir à tour de rôle avec la communauté pour les exercices de piété du matin. L'après-midi, à l'heure désignée par le Frère Directeur, les Frères surveillants et les autres qui ne peuvent pas se trouver avec la communauté réciteront ensemble le chapelet et J'office ; ils feront de même la lecture spirituelle et l'étude religieuse.

8° Les Frères Directeurs se feront un devoir d'être assidus à présider eux-mêmes l'étude religieuse, se souvenant que c'est le moyen le plus efficace de la rendre effective et profitable.

9° Aucune modification n'est apportée aux objets qui composent le trousseau ; toutefois le Frère Provincial pourra autoriser la chemise de flanelle pour ceux à qui il la jugera nécessaire. Elle sera personnelle.

10° Dans les pensionnats, on ne fera pas veiller les élèves sans une permission expresse des Supérieurs.

11° En vue de conserver nos anciens élèves dans les bons principes, on favorisera les patronages dans les paroisses où ils pourront être établis. Il est à souhaiter que les Frères Directeurs redoublent de zèle pour l'extension et la bonne marche de ces oeuvres importantes, particulièrement des Sociétés amicales d'Anciens Elèves.

12° La' fête du glorieux saint Joseph sera chômée et célébrée dans les maisons provinciales et les maisons de formation comme les principales fêtes de la sainte Vierge. Dans les autres maisons, les Frères tâcheront de lui donner le plus de solennité possible.

13° On devra se montrer très difficile pour permettre aux Frères d'aller aux eaux, attendu qu'ils peuvent courir de grands dangers pour la vertu et l'esprit religieux pendant leur séjour aux stations balnéaires.

14° Dans le but d'attirer de plus en plus les bénédictions de Dieu sur l'Institut et particulièrement sur nos jeunes Frères, le Chapitre général recommande à tous : 1° de cultiver de leur mieux et sans sortir de la Règle les trois degrés de l'Apostolat de la prière[1]; 2° de donner une attention particulière au catéchisme du samedi sur la dévotion à la sainte Vierge ; 3° en outre, il prescrit que la fête du Sacré Cœur soit chômée dans les maisons provinciales et les maisons de formation, et que, dans tous les autres établissements de l'Institut, elle soit célébrée avec le plus de solennité possible.

15° Les Frères ne peuvent étudier et enseigner le latin qu'après en avoir obtenu la permission du Conseil général, lequel ne l'accordera que sur la demande suffisamment motivée du Conseil provincial.

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III

NOUVEAUX STATUTS CAPITULAIRES.

1° Immédiatement avant la prière du matin, à la suite du Salve Regina et der, invocations ordinaires, on récitera l'acte d'offrande de l'Apostolat de la prière : Divin Cœur de Jésus, je vous offre par le Cœur immaculé de Marie les prières, les oeuvres et les souffrances de cette journée en réparation de nos offenses, et à toutes les intentions pour lesquelles vous vous immolez continuellement sur l'autel. Je vous les offre, en particulier, aux intentions de l’Apostolat de la prière et de l'Institut.

2° Le diplôme d'affiliation à l'Apostolat de la prière sera exposé dans chacune des maisons de l'Institut. Les CC. FF. Provinciaux sont chargés de veiller à ce que cette décision soit au plus tôt mise à exécution.

3° Les invocations récitées après la Salve Regina et la prière du soir sont les suivantes et dans cet ordre

Cœur sacré de Jésus, ayez pitié de nous ;

Cœur immaculé de Marie, priez pour nous

Saint Joseph, priez pour nous;

Saint Michel et tous les saints anges, priez pour nous ;

Saints et saintes de Dieu, intercédez pour nous

Que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix par la miséricorde de Dieu.

4° Le Sub tuum, aux prières de la communauté se dira toujours en latin. Le soir, après le Miserere mei, il sera suivi des versets : Dignare me laudare te, Virgo sacrata. Da mihi virtutem contra hostes tuos. Benedictus Deus in sanctis suis. Amen.

5° Dorénavant, dans la formule de rénovation que les Frères profès de vœux perpétuels et les Frères stables prononcent à la fin des retraites, on supprimera l'expression « au Supérieur de la société des Petits Frères de Marie », disant simplement : En présence de la Très Sainte Trinité et de toute la cour céleste, je renouvelle mes vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance (et de stabilité). Vierge sainte, ma tendre Mère, faites que j'y sois fidèle jusqu'à la mort.

6° Les Frères Directeurs sont invités à choisir chaque semaine, pour leur communauté, un sujet de méditation sur les grandes vérités, au jour qui leur paraîtra le plus convenable.

7° Les récollections mensuelles sont recommandées, et les Frères Provinciaux sont invités à les organiser dans la mesure du possible dans leur province respective. Chacun sait que ce moyen de sanctification était en usage dans l'Institut au temps du vénérable Fondateur.

8° Le Chapitre exprime le vœu qu'il soit créé un Bulletin périodique propre à la Congrégation, et invite le Régime à étudier les moyens de le réaliser le plus tôt possible. 

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[1]Il est important qu'on n'oublie jamais ceci : l'Apostolat de la prière n'est ni une Congrégation, ni une Confrérie proprement dite. Ce n'est pas même une Archiconfrérie ayant sa constitution propre et s'affiliant des confréries locales -, c'est une ligue de prière et de zèle, la Ligue du Cœur de Jésus, accessible à tous les chrétiens, mais à laquelle sont principalement conviées, sans changer en rien leur organisation et sans compliquer leurs pratiques, toutes les communautés religieuses et toutes les personnes zélées qui, dans le monde, s'occupent de diverses bonnes oeuvres, soit de piété, soit de charité.

Quand donc on désire faire entrer dans l'Apostolat cette classe de personnes, qui en sont incontestablement les membres les plus utiles, il faut avoir soin de leur faire bien saisir ce caractère tout spécial de l’Œuvre.

Il n'est sûrement pas de règle si étroite qui puisse interdire à des âmes religieuses d'entrer dans une grande Ligue de prière en faveur de l'Eglise, et de s'engager à unir tous les jours leurs œuvres aux intentions du Cœur de Jésus. Il n'y a, en effet, pour ces âmes, en entrant dans l'Apostolat, absolument aucune charge à subir : il n'y a que de nouvelles grâces à gagner. Aussi, des communautés très attachées à leurs règles, comme celle de la Visitation, du Carmel et la double famille de saint Vincent de Paul, qui avaient pu d'abord être arrêtées par la crainte dont nous venons de parler, n'ont pas plus tôt connu la vraie nature de l'Apostolat qu'elles se sont empressées de l'adopter. Il en est de même de toutes les communautés auxquelles on réussit à faire bien comprendre les précautions qui ont été prises, dès le début, pour que l'Apostolat pût s'adapter à toutes les conditions et embrasser, dans la largeur de ses cadres, toutes les âmes de bonne volonté.

Du reste le décret apostolique qui approuvait nos premiers Statuts a fait disparaître toute ombre de doute sur ce point, en confirmant avec une suprême autorité, l'article 4 de ces Statuts conçu en ces termes: « Les communautés religieuses, qui méritent « le premier rang dans la Ligue de prière, sont spécialement invitées à s'y agréger; et celles-là même pourront y être admises dont les règles s'opposent à ce qu'elles acceptent aucune charge nouvelle; car on ne saurait regarder comme une charge l'union de nos intentions avec les intentions du très saint Cœur de Jésus. » Les nouveaux Statuts expriment en un seul mot la même pensée, lorsqu'ils établissent que tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe peuvent s'enrôler dans cette milice.

                                            Manuel de l'Apostolat de la prière (1886).

 

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